La femme de mon frère de Monia Chokri

Avec Anne-Élisabeth Bossé, Patrick Hivon, Évelyne Brochu, Micheline Bernard, Magalie Lépine-Blondeau, Mani Soleymanlou et Sasson Gabai.

LFDMF_FINALE_27x39_7maiSophia (A-É. Bossé), jeune et brillante diplômée sans emploi, vit chez son frère Karim (P. Hivon). Leur relation fusionnelle est mise à l’épreuve lorsque ce dernier, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d’Éloïse. Brochu), la gynécologue de Sophia

Durée :1h57
Distribution : Films Seville
En salle s depuis le 7 juin 2019

Par Corinne Bénichou

Le premier long métrage de l’actrice s’est retrouvé, en mai passé, en sélection officielle au festival de Cannes dans la section Un Certain Regard et a reçu un très bel accueil. De quoi donner des ailes !

Cette histoire commence avec une joute verbale divertissante et une musique enlevante qui donne le ton du film dont le sujet sur la fratrie est rarement exploité.

Ici, la complicité flagrante frère/sœur (découlant certainement d’une bonne entente entre les deux acteurs) permet au duo (elle, verbomotrice à la langue bien pendue. lui, séducteur-né, sûr de lui-même) d’évoluer dans un univers propice à aborder plusieurs thèmes comme, entre autres, le monde de la maternité et de l’argent versus la pauvreté et le célibat.

Il est à souligner les magnifiques prestations d’Anne-Élisabeth Bossé et Patrick Hivon, soutenus de très belle façon par Mani Soleymanlou et Evelyne Brochu sans oublier, parmi les nombreux personnages secondaires, Magalie Lépine-Blondeau et Niels Schneider.

Ces enfants issus d’un mariage mixte dont les parents sont d’anciens gauchistes militants, interprétés par les excellents Micheline Bernard et Sasson Gabai* est, sans aucun doute, puisé dans le cocon familial et permet à la réalisatrice d’intégrer des situations aussi drôles que tendres, enrichies de dialogues savoureux, de quelques chansons ‘up la vie’ et de musiques classiques.

Le jeu de caméras en hauteur, à travers les vitres, les lunettes et autres effets ingénieux ainsi qu’un montage rythmé servent bien le récit et confirme le cachet inusité de la cinéaste. Mention à Josée Deshaies (direction photo) et à Éric Barbeau (direction artistique). De même, pour les images de la métropole et de la société qui la compose.

Après le crescendo dévoilant la détresse sororale fort bien transmise par l’actrice principale puis sa rencontre avec l’amour, la scène des barques est un beau clin d’oeil de sérénité retrouvée.

Bien sûr, ce premier film, à la fois léger et profond, contient les défauts de ses qualités et inversement. Néanmoins il mérite, sans conteste, ce coup de cœur cannois.

* La Visite de la fanfare d’Eran Kolirin et Le Cochon de Gaza de Sylvain Estibal.

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