Cinemania, les films…

Nous sommes les autres de Jean-François Asselin
Avec Émile Proulx-Cloutier, Pascale Bussières, Jean-Michel Anctil, James Hyndman et Valérie Blais.

nous les autresUn homme disparaît subitement. La nature ayant horreur du vide, Frédéric Venne (É. Proulx-Cloutier), Myriam (P. Bussières) et Robert Laplante (J-M. Anctil), voudront transformer leur vie pour remplir cette place vacante. Est-ce pour combler le vide de leur propre existence ?

Durée : 1h50
Distribution : Films Séville
En salles depuis le 10 novembre 2017

Par Corinne Bénichou

Une disparition, une enquête, des rencontres, un jeu de miroirs, un homme sans tête, des vies et des personnages qui s’entrechoquent ainsi que l’opéra en complément pour un film énigmatique, basé sur l’humain et son aptitude à changer, à se transformer dans le bon comme dans le mauvais sens. Ce dernier est tout aussi équivoque que l’environnement dans lequel il évolue !

Une mention pour Jean-Michel Anctiil. Loin de l’humoriste, son rôle à contre emploi, tout en émotion et en retenue, aborde, avec talent, les affres d’un ancien alcoolique ! La discorde père-fils, entre Émile et Raymond Cloutier, en forme de clin d’œil, symbolise les divergences entre les générations.

Cette fable demande, en fait, jusqu’où doit-on modifier son existence pour satisfaire le regard des autres ?

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Barbara de Mathieu Amalric
Avec Jeanne Balibar et Mathieu Amalric.

barbaraUne actrice (J. Balibar) va jouer Barbara, le tournage commence bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l’envahit même. Le réalisateur (M. Amalric) aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle…

Durée : 1h37
Distribution : MK2 |Mile End
En salles depuis le 10 novembre 2017

Par Corinne bénichou

Mathieu Amalric se retrouve, pour l’occasion, devant et derrière la caméra dans cette mise en abyme poétique de la vie de la célèbre chanteuse française disparue il y a vingt ans. Elle a pour objectif de saisir l’histoire et les traits de caractère de celle que l’on surnomme couramment la dame en noir.

Il s’est inspiré de l’ouvrage Barbaraou les parenthèses de Jacques Tournier publié en 1968 et du documentaire Barbara ou ma plus belle histoire d’amour réalisé en 1972 par Gérard Vergez

Une narration hors champ, Jeanne Balibar, magistrale dans son mimétisme, une attitude, un regard, une voix, les vrais souvenirs, les faux partenaires (Rolland Romanelli, Charley Marouani), les rapports familiaux, les Grands de cette époque là (Brassens, Brel), les coulisses, les répétitions, les images d’archives, la maison de Précy sur Marne (décor naturel) et bien sûr les chansons* et les spectacles de cette artiste inoubliable, née le 9 juin 1930, de mère russe et de père alsacien, décédée le 24 novembre 1997.

Le réalisateur/acteur (Tournée, La chambre bleue) offre, ici, un film dans un film avec pour seul objectif de faire de vous le témoin discret d’une partie de la vie de Monique Andrée Serf alias Barbara de l’Écluse (1954) à Mogador (1990) en passant par le Châtelet (1987).

* Nantes, Perlimpinpin, L’aigle noir, Gottingen, Une petite cantate, Au bois de Saint-Amand et Chapeau bas

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Le Fidèle de Michaël R. Roskam
Avec Matthias Schoenaerts, Adèle Exarchopoulos, Jean-Benoît Ugeux, Kerem Can et Éric De Staercke et Thomas Coumans.

le fidèleLorsque Gino (M. Schoenaerts) rencontre Bénédicte (A. Exarchopoulos), c’est la passion totale, incandescente, mais cet homme a un secret, de ceux qui mettent votre vie et votre entourage en danger. Alors les deux vont devoir se battre envers et contre tous, contre la raison et contre leurs propres failles pour pouvoir rester fidèles à leur amour.

Durée : 2h10
Distribution : Métropole Films
En salles depuis le 17 novembre 2017

À la mémoire de Dominique Viche

Par Corinne Bénichou

Le réalisateur (Bullhead, Quand vient la nuit) de ce drame met en scène un homme, issu d’un milieu défavorisé, dont le passé lui colle à la peau et une jeune femme de famille aisée, tissée serrée, pilote de course automobile. Leur encontre va bouleverser les deux vies !

Sur fond d’institut disciplinaire pour garçons, de copains d’enfance, de mauvais souvenirs, de secret dévoilé sous forme de blague, de cicatrices physiques et morales à l’âge adulte, le film se partage en deux châpitres, l’un sur Gino alias Gigi, l’autre sur Bénédicte dit Bibi et mêle le monde des affaires au monde criminel, ce qui engendre du chantage, de la prison et beaucoup de trouble pour les deux protagoniste

Une première partie intéressante et rythmée versus une seconde plus ennuyeuse et prévisible sans réel développement.

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Crise R.H. (Corporate) de Nicolas Silhol
Avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt et Violaine Fumeau.

crise r hÉmilie Tesson-Hansen (C. Sallette) est une jeune et brillante responsable des ressources humaines, une killeuse. Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne, doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle, bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ?

Durée : 1h35
Distribution : AZ Films
En salles depuis le 17 novembre 2017

Par Corinne Bénichou

Dès le départ, c’est la question de la responsabilité des personnes qui acceptent de faire, proprement, le sale boulot qui a intéressé le réalisateur du court métrage L’Anour-propre.

Pour son premier film, il s’attaque à un sujet qu’il connaît bien puisque son père a été directeur des ressources humaines. C’est la complexité de cet enjeu juridique et éthique qui lui a donné le goût d’écrire cette histoire.

Corporate (être dévoué à la compagnie) décrit une mentalité spécifique au sein des grandes firmes françaises. Cette technique de terreur, qui pousse les employés concernés à quitter sans indemnité, est plutôt pratiquée dans les pays anglo-saxons et aux États-Unis.

Globalement, le long métrage évoque le suicide en entreprise avec une photographie du système social actuel en France. Il montre des êtres agressifs ou dépressifs, selon le cas et le caractère de chacun, allant jusqu’à l’irréparable et découlant directement des méthodes douteuses de ce monde cruel formé par les supérieurs hiérarchiques et les manipulations dénuées d’état d’âme des dirigeants faussement empathiques.

La distribution est impeccable à commencer par Céline Sallette qui joue, de belle façon, sur la gamme des émotions. La conclusion rétablit une part d’humanité et de justice !

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L’Amant double de François Ozon
Avec Marine Vacth, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset et Myriam Boyer.

amant doubleChloé (M. Vacth), une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul (J. Renier).Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.

Durée : 1h47
Distribution : MK2│Mile End
En salles depuis le 24 novembre 2017

Par Corinne Bénichou

Pour son dix-septième long métrage, inspiré du roman Lives of the twins de Joyce Carol Oates, le réalisateur revient au thriller érotique, genre dans lequel il s’était déjà illustré pour Swimming Pool, Jeune et Jolie et Les Amants criminels.

Le film, dans lequel sexe et pouvoir se côtoient allègrement,comporte beaucoup de nudité, de scènes explicites, peu de vrais dialogues entre les personnages tout en contraste, dans deux lieux spécifiques.

Ce secret appelé miroir vous fera découvrir une nouvelle façon de voir la gémellité.

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Tadoussac de Martin Laroche
Avec Isabelle Blais, Camille Mongeau et Juliette Gosselin.

tadoussacChloé (C. Mongeau), dix-huit ans, s’enfuit de son appartement de Montréal. En plein hiver, elle fait du pouce jusqu’à Tadoussac, petit village touristique du Québec. En échange d’une chambre, elle travaille à l’auberge de jeunesse de l’endroit, comme beaucoup d’autres jeunes voyageurs. Mais la jeune fille cherche aussi secrètement à rencontrer quelqu’un.

Durée : 1h30
Distribution : K Films Amérique
En salles dès le 1er décembre 2017

Par Corinne Bénichou

Après Les manèges humains, le réalisateur poursuit sa quète d’identité avec son nouveau drame.

Cete affaire de famille et de maternité, les retrouvailles, les aveux parfois choquants dans le décor naturel de Tadoussac (d’où le titre), se révèlent à travers la vie ordinaire des habitants de cette ville.

Le passé n’étant jamais loin (bateau à son nom), le moment d’égarement qui a fait basculer plus d’une vie reste le point centrale de a relation entre les deux protagonistes. Celle-ci se fait en crescendo pour atteindre le point culminant et émotif qui dénouera toute cette histoire, la scène entre mère et fille au téléphone.

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Au revoir là-haut d’Albert Dupontel
Avec Nahuel Pérez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup, Émilie Dequenne, Mélanie Thierry et Héloïse Balster.

au revoir la hautDeux survivants de la Première Guerre mondiale (N. Pérez Biscayart/A. Dupontel), se lancent dans une entreprise machiavélique pour survivre à une époque où l’on glorifie les morts aux combats et où l’on oublie les survivants.

Durée : 1h57
Distribution : AZ Films
En salles dès le 22 décembre 2017

Dédié à Alain Degreff

Par Corinne Bénichou

Un film d’époque est toujours compliqué et risqué, tout comme la manière de raconter une histoire, son évolution jusqu’à sa conclusion et l’art de construite les personnages. Le pari est réussi sur tous les plans.

L’Argentin d’origine, Nahuel Pérez Biscayart, interprète un Édouard Péricourt, gueule cassée au regard perçant, avec une sensibilité, une rage et une douleur à fendre l’âme. À ses côtés, le réalisateur/acteur (Bernie, Le Vilain, 9 mois ferme), qui a adapté le roman du même nom, prix Goncourt 2013 avec l’auteur Pierre Lemaitre, ne démérite pas, bien au contraire. Il apporte un contrepoids salutaire, sans oublier, le sale type, brillamment assumé par Laurent Lafittte.

Naviguant entre burlesque et tragique, (marque de commerce efficace de Dupontel), le cinéaste montre des scènes de combat difficiles mais nécessaires, des lendemains souvent pénibles pour les protagonistes mais aussi des lueurs d’espoir, une volonté de vivre malgré tout.

Il offre, avec ce long métrage, une vision personnelle, remplie d’humanité, sur cette période tragique.

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