Tout ce qu’il me reste de la révolution de Judith Davis

Avec Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas, Mélanie Bestel, Nadir Legrand, Simon Bakhouche et la participation de Mireille Perrier.

tout ce qui me reste...Angèle (J. Davis) avait huit ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération, celle d’être née trop tard, à l‘heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère (M.Perrier) a abandonné, du jour au lendemain, son combat politique pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur (M. Bestel) a choisi le monde de l’entreprise. Seul son père (S. Bakhouche), ancien maoïste, chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.

Durée : 1h28
Distribution : AZ Films
En salles le 24 mai 2019

Par Corinne Bénichou

Avant de se lancer dans le cinéma comme réalisatrice, l’actrice (Je te mangerais, À une heure incertaine, Virage Nord…) collabore au théâtre avec Tiago Rodrigues et Mani Soleymanlou.

Après avoir créé la compagnie théâtrale L’Avantage du doute, elle offre son premier spectacle Tout ce qu’il nous reste de la Révolution, c’est Simon, dont les thématiques, le mélange des genres et la forte complicité des acteurs du collectif deviennent rapidement l’inspiration principale du film.*

Entre héritage, tant intime que politique, des années 68-70 et les dilemmes d’aujourd’hui, la cinéaste raconte avec passion et humour la quête utopique de son personnage. Son long métrage à la première personne, est écrit sur mesure pour une troupe, dans laquelle, histoire personnelle et engagements collégiaux se font écho en invitant, l’air de rien, le spectateur à croire de nouveau en son époque.

Sous les traits de cette urbaniste idéaliste (souvent en forte réaction contre la société alliénante et ceux qui prônent son système) qui rêve d’avoir des idées pour améliorer le quotidien des gens, afin de mettre l’humain au cœur de la ville et de pouvoir les appliquer concrètement dans la réalité, Judith Davis offre une performance à la fois remarquable dans son intégrité mais également agaçante dans sa bulle idéologique trop souvent restreinte à la colère et à la confrontation.

Tourné à Paris et à Pourchères (Ardèche), cette comédie réactive prouve que rire et réflechir vont très bien ensemble.

*Prix du Jury au Festival du Film Francophone d’Angoulême en 2018.

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