Création Orange Noyée
Coproduction entre le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et le Festival Trans Amériques
Soutien de la Fondation Cole
Jusqu’au 17 octobre 2014 à 19 heures
Le troisième opus (incluant les spectacles Un et Deux) accueille en scène quarante trois comédiens. Ils sont de toute nationalité, de toute origine, de toute culture, de tout âge. À la demande de l’auteur, chacun a écrit quelques mots sur ses souhaits, ses désirs et sa génération. Le résultat se retrouve dans l’écriture à plusieurs mains que le créateur/acteur offre maintenant au public.
Par Corinne Bénichou
Ce monologue autobiographique (Un) devenu duo d’amis (Soleymanlou/Schwartz pour Deux) puis parole collective (Trois*) commence par la chanson culte We Are The World, originale façon de représenter la diversité culturelle, puis le silence… Chacun raconte une partie de son histoire personnelle avec certains clichés tenaces comme celle du Français, sa gouaille et sa grande gueule !
Belges, Tunisiens, Haïtiens mais aussi Québécois prennent la parole pour évoquer des souvenirs, des anecdotes et même des fantasmes. Leur double identité jongle entre racines et quotidien au sein de la société où ils vivent, ce qui procure quelques tableaux inusités, comme la problématique de choisir un prénom, parfois ludiques, l’idée de monter du Molière, sans oublier la question qui paraphrase l’adage du Québec « Te souviens-tu ? »
Malgré des mots forts et des pensées pas toujours politiquement correctes, le dernier volet de cette trilogie basée sur la quête identitaire est dans l’ensemble moins construite, plus confuse. Le Je qui devient Il ou Elle, souvent au singulier, parfois au pluriel, dilue le sentiment d’appartenance et est perçu plus revendicatif qu’interrogatif.
Un extrait de Thriller de Michaël Jackson et Imagine de John Lennon, chanté a capella, frissons garantis, agrémentent les quatre heures du spectacle ponctuées par deux entractes.
La dernière intervention est celle d’un Innu qui porte une réflexion profonde sur la situation des Premières Nations.
* L’idée d’inviter Boucar Diouf à être le troisième protagoniste était une brillante pensée qui aurait mérité une concrétisation !