Chorus de François Delisle

Avec Sébastien Ricard, Fanny Mallette, Geneviève Bujold, Luc Senay et Pierre Curzi.

chorusUn couple séparé (S. Ricard/F. Mallette) replonge dans l’horreur de la mort de leur fils, plusieurs années après le drame, alors qu’un prisonnier (L. Senay) avoue le crime et le lieu où le cadavre peut être retrouvé.

Durée : 1h37
Distribution : FunFilm
En salles depuis le 6 mars 2015

Par Corinne Bénichou

Dans ce drame psychologique, tourné en noir et blanc (un choix évident qui s’intègre parfaitement à la réalité du propos), les premières images donnent le ton.

Le réalisateur (Le météore), qui a également écrit et monté cette histoire, pose des questions essentielles : « Que signifie exactement survivre ? Quelle part de la vie de l’autre s’immisce dans votre propre vie ? »

La qualité des portraits qu’il a créés sont portés par deux acteurs incarnés, dont l’osmose est palpable. Ricard porte toute la détresse de la situation et Malette n’est pas en reste dans sa représentation des sentiments. Ils sont  soutenus par deux rôles secondaires (Curzi et Bujold) empathiques et compréhensifs. Un quatuor parfait.

La direction artistique (voix hors champs relatant les pensées) signée Geneviève Lizotte et la direction de la photographie de François Delisle (gros plans sur les personnages), très bien maîtrisées, renforcent les émotions dans des scènes simples et touchantes qui expriment bien l’impact de l’absence sur les parents de la jeune victime.

La nudité comme métaphore, le chant pour échappatoire, le chaos extérieur versus le chaos intérieur ne sont que des symboles (évocations) de cette insoutenable situation.

Le cinéaste québécois offre ici plus qu’un film, c’est une expérience de vie qu’il propose aux spectateurs. Cette histoire aborde, avec beaucoup de dignité, le souvenir, le remords, la souffrance, l’espoir et le combat de vivre face à la mort qui peut survenir à tout moment et briser l’harmonie. Le temps n’a rien atténué, la douleur est toujours aussi vive après dix ans. Pourtant la possibilité d’une réconciliation apparait dans les adieux du couple. La dernière scène instaure une belle dose d’espoir

Un film esthétiquement et humainement réussi à voir absolument.

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