Avec Kresimir Mikic, Niksa Butijer, Drazen Kühn, Marija Skaricic, Jadranka Djokic, Goran Bogdan, Stjepan Peric et Ana Begic.
Le jeune père Fabijan (K. Mikic) arrive dans une petite île croate pour reprendre les rênes de la paroisse. Préoccupé par le taux de natalité médiocre, il met tout en œuvre pour inverser la tendance en complicité avec le propriétaire du kiosque local, Petar (N. Butijer), très religieux, il se met à percer tous les préservatifs vendus par ce dernier. À son plan s’associe le pharmacien Marin (D. Kühn), qui remplace les pilules contraceptives par des vitamines. Très vite, mariages et naissances se multiplient, un phénomène qui amène vite sur l’île une foule de visiteurs étrangers qui n’arrivent pas à concevoir
Durée : 1h33
Distribution : K-Films Amérique
En salles depuis le 25 septembre 2015
Par Corinne Bénichou
Cette comédie grinçante (adaptation cinématographique de la pièce du même nom de Mate Matisic) a bénéficié d’un partenariat avec Charlie Hebdo lors de sa sortie en France. Des caricatures ont même été produites avant la tragédie du 7 janvier. Estimant le ton en parfait accord avec l’esprit du journal, les survivants ont décidé d’aller de l’avant.
Cette coproduction serbo-croate est la première du réalisateur (Comment la guerre a commencé dans mon île) à sortir du pays.
Son inspiration (la baisse significative des naissances) vient d’un problème préoccupant en Croatie. Sur cette base, l’histoire aborde, sous forme comique, une manipulation locale dont le thème, lui, est très sérieux. Dans ce sens, les conséquences donnent une conclusion plutôt mitigée.
Tous les personnages sont à la limite de la caricature et identifie plus ou moins les mentalités de cette partie d’Europe de l’Est. Celui de Marin, tout en voulant réconcilier Chrétiens et Musulmans, est particulièrement xénophobe. Il représente, malheureusement, la majorité de la population. Les tensions interreligieuses sont également représentées par le couple Petar et Marta.
Quant au père Fabian, il est naïf, sans charme, nul en chant et en sport. De plus, il jalouse son supérieur, plus populaire. Incarnant l’aile dure de l’Église, il désire sincèrement faire le bien et est persuadé qu’en agissant ainsi, il sert Dieu en rendant un immense service à la communauté, mais il n’a aucune expérience de la vie et ignore qu’il est train de commettre de très mauvaises actions.
Ici, personne n’est épargné, politiciens, citoyens, religieux. Si les systèmes et les frontières évoluent, la nature humaine, elle, reste la même.
Ce long métrage engagé est traité avec un bon sens de la dérision, tant dans les dialogues que dans les situations. De cette façon, il désamorce le côté pathétique du sujet.