Room : Le monde de Jack de Lenny Abrahamson

Avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Sean Bridgers, Joan Allen, Megan Park et William H. Macy.

roomJoy (B.Larson), une jeune femme kidnappée dans son adolescence et gardée en captivité pendant des années dans une toute petite pièce vit avec son fils Jack (J. Tremblay) âgé de cinq ans.

Durée : 1h58
Distribution : Remstar
En salles depuis le 13 novembre 2015

Par Corinne Bénichou

Adapté du roman à succès d’Emma Donoghue (elle a d’ailleurs écrit le scénario), le réalisateur (Garage, Frank) offre, ici, un drame touchant tiré de trois faits divers.

Elisabeth Fitzl et son premier garçon, Félix. La jeune fille a été non seulement séquestrée, mais aussi violée régulièrement par son père Josef pendant les vingt quatre ans de sa détention. Durant cette longue période, elle a donné naissance à sept enfants.

Jaycee Lee Dugard. La jeune femme a été enlevée sous les yeux de son beau-père en 1991 et a été séquestrée par un couple, Philipp et Nancy Garrido, pendant dix-huit ans. Elle a été maintenue captive derrière leur maison dans un cabanon de jardin dans lequel son ravisseur l’a violée. À quatorze ans, elle a donné naissance à une petite fille et à une deuxième à dix sept ans.

Natascha Kampusch, séquestrée pendant huit ans.

Le déroulement de cette histoire se passe en deux temps. Au début, le spectateur se posera plusieurs questions : Qui sont ces deux personnes ? Que font-ils dans cette pièce ? Pourquoi sont-ils là ? Au fur et à mesure, il comprendra que ces deux êtres sont obligés de vivre dans cet espace restreint ! S’en suivra alors leur quotidien jusqu’à la scène qui déclenchera l’espoir d’une autre vie et la bouffée d’air salvatrice.

L’excellent Jacob Tremblay, dans le rôle d’un enfant inconscient de la cruauté dont sa mère est victime, offre un jeu  spontané. N’ayant rien connu d’autre que ces quatre murs, il trouve sa vie acceptable et même quelquefois magique, à l’exception des visites masculines.

À ses côtés, Brie Larson joue à merveille sur deux registres, l’amour qu’elle porte à son fils en le protégeant au maximum et la soumission mêlée à la peur qu’elle a envers son tortionnaire/agresseur (syno).

Ce cinéma d’auteur vraiment accessible doté d’un scénario bien construit, d’une direction d’acteurs efficace procurant une gamme d’émotions fortes, d’une psychologie définie et d’une qualité d’interprètes impeccable  donne une crédibilité à la méfiance incontrôlable des protagonistes lors de leur libération et de leur retour au sein de la famille.

Un très beau film à voir.

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