La République Dominicaine – première partie

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Un voyage commence toujours à l’aéroport ! Que ce soit de Montréal Trudeau ou d’ailleurs, il faut se conformer aux consignes et aux horaires. Le choix de la compagnie aérienne et le prix que vous voulez payer sont importants. Attention aux surplus monétaires cachés lors de votre réservation (bagages en soute, repas, boisson et film dans l’avion) ainsi que les petits à côtés, couverture, écouteurs, repose pieds et coussin pour votre dos ou votre tête, inexistants sur certains vols !

Assurez-vous aussi de ne mettre aucun liquide au dessus de 100 millilitres dans votre valise cabine et si vous avez une correspondance aux États-Unis, demandez que vos achats en duty free soient scellés, sinon la douane américaine vous les saisira !

Bonnes vacances.

Par Corinne Bénichou

Puerto Plata

La vieille ville 

Avant d’arriver au centre-ville, vous constaterez que la plupart des petites boutiques installées le long de la route n’ont pas de porte ni de fenêtre, une simple grille.

photo A place victoriaLa place centrale (Central Park) est également appelée place Victoria en l’honneur de la reine du même nom qui a longtemps séjourné dans la ville. Au milieu, un kiosque à musique et en face l’hôtel de ville(1).

photo B les deux herosAutour, des bâtisses de style victorien, dont les toits sont en zinc, arborent des couleurs claires (beige, blanc). Pour la majorité, les couleurs des maisons sont chaudes comme le jaune, l’orange, le bleu… En biais à la maison de la culture, deux statues illustrent le père de la patrie Juan Paolo Duarte et le héros national, le général Gregorio Luperon(2). Tous deux ont vécu au 18e siècle.

D’ailleurs, la maison de Luperon est devenue un musée. À noter que les Dominicains ont le privilège de vivre dans ces demeures victoriennes.

photo C motocyclettesDans la province de Puerto Plata, les motocyclettes (Yamaha, Susuki, vespa) sont le moyen de transport le plus utilisé. Vous pourrez voir régulièrement deux ou trois adultes mais aussi des enfants sur une même moto tenant entre leurs mains leurs sacs d’épicerie(3) ou leur bombonne de gaz. 80% n’ont pas de casque et roulent à vive allure ! L’essence coûte entre 193 et 195 pesos le litre selon la station (Esso, Propa, Texaco, Shell, Rilix…)

Dans la région, beaucoup de maisons et de terrains sont à vendre. Certaines sont très jolies, bien entretenues, d’autres sont délabrées et il y a même des constructions inachevées, abandonnées.

Le musée de l’ambre

photo D  ambreCette pierre, au départ, provenait de la sève d’un arbre disparu depuis longtemps. Elle est extraite maintenant des mines situées dans différents endroits du pays et travaillée en usines pour la rendre semi précieuse. Il y a photo E pierresdeux types d’ambre, celle qui contient un insecte ou un végétal à l’intérieur et celle qui n’en possède pas. La première est la plus dispendieuse (certificat d’authenticité), elle va du jaune clair au brun en passant par l’orange. Il y a aussi de l’ambre de couleur photo F ambre bleubleu ciel, c’est la plus onéreuse de toutes les pierres. Les bijoux confectionnés peuvent contenir les deux couleurs comme le pile et le face d’une pièce.

Le mont Isabel de Torres

Puerto Plata a dans sa manche une beauté naturelle, sa montagne. Pour y parvenir, il faudra prendre le téléphérique. La montée impressionnante prend huit minutes ! L’engin, qui peut contenir photo G télépheriquejusqu’à dix-huit personnes, se déplace sur trois câbles(4), il parcourt entre 5,74 et 5,90 mètres à la seconde sur une distance 793 mètres. C’est le plus sécuritaire au monde de par sa technologie avancée. Au sommet, vous serez devant le logo floral de la ville qui fait référence au passage de Christophe Colomb en terre dominicaine. Le F pour Fernando, roi d’Espagne, le I pour la reine Isabelle de Castille, au milieu la montagne, en dessous, les vagues de l’océan En vous retournant, vous apercevrez, outre l’océan, San Marcos, Costambar, San Felipe, Puerto Plata et Playa Dorada.

Non loin, Jésus les bras ouverts vous accueillera. Cette réplique faite en bronze (l’original à Rio de Janeiro est en ciment) est le résultat du partenariat entre les deux villes.

photo H jésus bras ouvertsLa statue a été construite en 1970 sur une coupole qui était, en fait, la forteresse militaire destinée à protéger les habitants d’invasions étrangères (aériennes et terrestres), stratégie de défense instaurée par Rafael Trujillo. En 1971, la première route de graviers a été édifiée et en 1972 le président Joaquin Balaguer donnait son accord à l’architecte, Christian Martinez, d’installer le système pour accéder facilement sur les lieux car la montagne était un potentiel touristique évident. En 1973, Benjamin Paiewinsky a converti le paysage existant en jardin botanique, un an plus tard, un architecte italien installait les blocs reliant les deux extrêmes. Le 19 juillet 1975, après six mois d’essais, l’inauguration du téléphérique a eu lieu ainsi que l’ouverture au public.  

Dès votre entrée dans le jardin de sept hectares, vous observerez une baisse de température de six à sept degrés. Le climat étant à la fois tropical et venteux (ce qui allège un peu la chaleur humide), cette fraîcheur est bien apprécié. « Six cent sortes de plantes et arbres, dont la fougère (lecho macho), se partagent le territoire ainsi qu’une quinzaine d’espèces d’oiseaux, entre autres, des aigles aux ailes brunes et noires et des pics bois, de nombreux papillons, des petits serpents inoffensifs, des souris grises et des champignons non comestibles » dixit Andrea Attus, puis il ajoute « Pour étoffer le bois, le président a fait implanter des pins parmi les palmiers, ce qui a changé radicalement son aspect. Il est, aujourd’hui, fortement question de remplacer cette pinède par des arbres originaires du pays.» Sur le chemin, vous découvrirez une grotte creusée de façon naturelle par les pluies et les sources souterraines. Il faut savoir que toutes les rivières de la province descendent de la montagne.

photo I chaines montagnesBeaucoup de Dominicains se recueillent et bénéficient de la vue qu’offre ce lieu. En effet, à cet endroit précis, vous pourrez voir les trois chaînes montagneuses (Cordillère Septentrionale) qui délimitent la région de Puerto Plata.

Entre quarante-cinq et cinquante personnes sont employées à l’année afin de préserver et d’entretenir cette réserve naturelle. Le seul gros problème se situe au niveau des pylônes (réseau cellulaires* et tv câblées) qui détériorent le paysage et émettent des radiations. Le gouvernement essaie de trouver une solution le plus rapidement possible. Pas facile de concilier modernisme et nature ! 

Juste avant de redescendre, vous passerez devant l’emblème national, la Rosa Baya Hide.

La fabrique de rhum

brugal logoChangement de décor avec la fabrique de rhum Brugal. Au cours de la deuxième moitié du 19e siècle, Andrés Brugal Montaner, un ressortissant espagnol a quitté sa Catalogne natale pour Cuba, où il a acquis une expérience dans la fabrication de rhum (ron), puis en 1888, il s’établit à Puerto Plata et fonde Brugal & Co. Il marquera le début d’une longue tradition familiale. Sans le savoir cet homme allait devenir un entrepreneur majeur dans la société dominicaine. En 1920, les premiers entrepôts de son entreprise sont construits pour le vieillissement du rhum en fûts de chêne.

Un esprit entrepreneur, une expertise et un savoir-faire transmis de génération en génération une affaire familiale depuis plus de cent vingt ans. En 1976, le segment du rhum de qualité supérieure est développé.

photo J le plus vieux rhumLe plus vieux vaut 80 USD et a trente-huit ans d’âge. Les autres ont entre huit et douze ans de vieillissement. Le goût (de léger à corsé) diffère selon la composition et la teneur en alcool. Sa couleur va du jaune au brun à l’exception du rhum blanc qui est transparent.

Au départ, la canne à sucre, est coupée au ras du sol, celle-ci repoussera en un an pour donner une nouvelle tige de deux à quatre mètres. Le même plant se renouvellera pendant sept ans.

photo K brugal tonneauxLa préparation se fait dans un pressoir qui broie la canne à sucre et en extrait le jus (vesou) puis il est filtré et pompé jusqu’aux cuves de fermentation. Les fibres restantes (bagasse) servent de combustible pour alimenter les fours qui chauffent l’eau des chaudières et la transforment en vapeur.

Lors de la fermentation, sous l’action des levures, le sucre, présent dans le jus de canne, est transformé en alcool. Au bout de vingt-quatre heures, il est obtenu un vin de canne.

photo L brugal blancIntroduit par le haut de la colonne, le jus descend de plateau en plateau, en chauffant au contact de la vapeur introduite par le bas de la colonne. Les vapeurs d’alcool sont alors récupérées en tête de colonne, puis refroidies. À la sortie, le rhum est cristallin. La distillation est effectuée dans l’usine de San Pedro de Marcolis situé près de la capitale Saint-Domingue.

photo M  brugal ambréUne partie sera mise en vieillissement pour donner du rhum ambré. Ce dernier doit séjourner dans des fûts de chêne minimum trois ans voire six à huit ans pour récolter un Vieux ou une Millésimé. C’est du tanin du bois qu’il acquerra sa chaude coloration tandis que son goût se transformera au fil du temps.

C’est la troisième manufacture au monde. Elle produit 24 000 caisses (75 000 litres) par jour. Elle a une présence internationale dans plusieurs îles des Caraïbes mais aussi dans plus de trente pays où le taux autorisé est de 35%, dont les États Unis, le Canada et l’Europe, l’Espagne et l’Italie sont les plus grands consommateurs. Au total, cinq à dix millions de caisses sont réservées à l’exportation.

photo N usine brugal70% de la production est réservée aux Dominicains et 30% à l’étranger. Une visite intérieure vous sera proposée. Elle vous impressionnera par son rendement et sa technologie ultra moderne.

La terrasse d’Ocean World

Le soir, les habitués comme les visiteurs s’y retrouvent(5) pour écouter les artistes dominicains, espagnols, cubains, internationaux et américains qui passent sur grand écran en sirotant la bière Presidente ou du rhum Brugal. Les vedettes locales se nomment Juan Luis Guerra et Yiyo Sarante.

Sosua

Elle est définie en trois parties.

La maison des arts

photo N bis casa de arte sosuaLe projet touristique et culturel attire autant les touristes que les citoyens. Sa galerie est la plus importante de la province. « Il y a environ une dizaine d’expositions par année en dessin, photographie, sculpture, illustration et peinture. Il y a aussi un service d’information et de location pour la Classe des Arts du second étage dans laquelle vous pouvez danser, jouer de la musique, interpréter une pièce de théâtre et/ou peindre. Cent quatre-vingt étudiants viennent chaque année. C’est une opportunité formidable de valoriser la population locale et nationale de huit à vingt et un ans. Des bourses peuvent être attribuées » confirme Adolfo Faringthon.

L’objectif principal étant de créer un espace actif à travers l’art et la culture pour devenir le point de rencontre des municipalités, la plateforme attractive, compétitive et identitaire, incontournable de la côte atlantique.

NB : Adolfo Faringthon parle uniquement espagnol

La communauté juive

photo O communaute juive sosuaEn 1940, quatre cents rescapés de la barbarie nazie arrivaient en terre dominicaine. En février de la même année, un décret, signé par le Consul Alphonso Bauer, Joseph A. Rosen et photo O ter synagogeJames N. Rosenberg, confirmait qu’ils avaient les mêmes droits que les natifs. Entre 1941 et 1947, la première génération d’enfants a vu le jour à Sosua.

photo P musée sosuaDepuis, beaucoup sont morts ou partis vers les États-Unis. Les autres, qui se sont mariés, ont intégré la communauté dominicaine. Aujourd’hui, il ne reste que cinq familles, un musée, une synagogue et une congrégation.

photo Q bis plaque museeAvec les célébrations du 75e anniversaire (du vendredi 8 au dimanche 10 mai 2015), la mairesse, Ilana Neuman de Azar (son père est rabbin) garantit la diffusion et la promotion de ce destin historique. De nombreuses personnalités seront présentes durant les trois journées officielles.

Cabarete

Elle fait partie de Sosua.

La plage

photo R plage cabareteCe lieu de prédilection pour les planchistes tient sa renommée grâce au vent qui offre aux adeptes une qualité exceptionnelle de vagues. De sept heures à midi le climat est idéal pour la planche. En après-midi, c’est trois kilomètres plus loin que les sportifs vont pour s’adonner au kite (planche avec parachute). Ils viennent de partout à travers le monde, à commencer par les Dominicains, pour s’entraîner et pour participer à la compétition internationale se déroulant cette année du 23 au 28 février 2015.

L’émigration

De nombreux Haïtiens vivent en République Dominicaine et beaucoup sont en situation précaire. Vous les retrouverez souvent sur les plages à vous proposer des bijoux (souvent contrefaits), des noix de coco, des friandises ou à l’aide de leur catalogue de coiffure les femmes offriront de vous faire des tresses. Il faut savoir que la photo S haitiennes plagedurée de leur carte d’identité va de six mois à deux ans selon le cas et qu’elle doit être toujours visible. La plupart du temps, ils la porte autour du cou. Pour les Dominicains, cette même carte d’identité est renouvelable aux six ans.

Les grottes

photo T grotte grenouilleSituées dans le parc national El Choco, entre Sosua et Cabarete, une association de guides s’occupe de les maintenir en état et de les faire connaître aux visiteurs. La grotte de la grenouille photo U grotte araigneeporte bien son nom, le croassement du batracien fluorescent, vivant dans la noirceur, est aussi puissant et disproportionné que sa minuscule taille de trois centimètres !  Au cours de votre visite, vous verrez aussi une araignée bien particulière.

photo V grotte eau cabareteJuste avant, vous passerez par une étendue d’eau claire de vingt-trois degrés, d’une profondeur de trois à six mètres sur trois kilomètres de long, dans laquelle vous pourriez vous baigner avec délice si l’envie vous prenait !!! Quelques groupes de plongeurs y sont régulièrement à la recherche de fossiles.

L’ensemble des stalagmites et stalactites constitue les grottes de Crystal.

photo W grotte crystalSur la terre ferme, vingt-quatre personnes prennent en charge la végétation et les différents arbres comme le plantain, les bananiers, les cacaoyers, les manguiers et les caféiers qui peuvent atteindre dix mètres de hauteur. Le respect de la nature est primordial.

Une balade à cheval, en forêt, peut agréablement terminer votre journée. Faites-en la demande auprès du guide.

Les congés

Le 21 janvier c’est le jour de La Vierge d’Altagracia (Virgen de la Altagracia). Celle-ci est considérée par les catholiques comme la mère protectrice et spirituelle du pays. Pour l’occasion, de nombreux fidèles se rendent à son temple situé à Higüey. D’autres préfèrent aller à la plage, jouer aux dominos, manger en famille et se baigner dans l’océan.

La population

photo X plat poisson filetCertes, il y a de la pauvreté, mais également une classe moyenne qui régulièrement se permet des petits privilèges comme un restaurant (entre trois cents et six cents pesos pour un plat de poisson, le délicieux Mérou (en photo Y merou entierfilet ou entier), de la pieuvre, des crevettes ou du poulet, toujours accompagnés de légumes, de salade, de riz et de pommes de terre) ainsi qu’une chaise longue à cent pesos la demie journée.

Fin de la première partie…

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Retrouvez les vidéos de ce voyage sur  www.facebook.com/Sur-la-route-1727800047463188/ 
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(1) La République Dominicaine est une démocratie avec un président à la tête d’un conseil des ministres, une assemblée nationale et un sénat.
(2) L’aéroport porte le nom du général, héros national.
(3) Les commerces sont fermés le lundi.
(4) Le gros câble entouré de caoutchouc (changé chaque année) est fixe, le moyen est mobile et le petit sert de sécurité.
*    Le réseau français Orange en a le monopole
(5) La place est ouverte en semaine jusqu’à minuit et les fins de semaines jusqu’à deux heures du matin.

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