Florence Foster Jenkins de Stephen Frears

Avec  Meryl Streep, Hugh Grant, Simon Helberg, Rebecca Ferguson, Nina Arianda et John Kavanagh.

fosterLa célèbre héritière new-yorkaise (M. Streep) rêvait de devenir une grande chanteuse d’opéra, mais sa voix n’était pas aussi juste qu’elle le croyait. En 1944, elle décide de donner un concert à Carnegie Hall, son  mari et gérant, l’acteur et aristocrate anglais St Clair Bayfield (H. Grant) devra faire preuve d’imagination pour lui épargner la vérité et surtout le ridicule !

Durée : 1h52
Distribution : Films Séville
En salles depuis le 12 août 2016

Par Corinne Bénichou

Le réalisateur (My Beautiful Laundrette, Chéri, Sa Majesté la Reine, Les Liaisons dangereuses, Philomena) pose un regard tendre sur la dame, qui a certainement été plus d’une fois ridicule dans sa vie.

Le scénario de Nicholas Martin se promène entre dérision et sérieux mais évite la caricature.

Le traitement visuel est conventionnel avec une très belle photographie, les compostions d’Alexandre Desplat sont séduisantes et la reconstitution de l’époque et de son atmosphère particulier est vraiment adéquate.

Hugh Grant offre une bonne performance, il joue sobrement un compagnon dévoué, aimant et cultivé. Simon Helberg, dans la peau du pianiste Cosme McMoon, est irrésistible. Ses réactions faciales sont savoureuses.

Que dire de la performance de Meryl Streep sinon qu’elle est magnifique en madame Jenkins et que son talent tient dans sa capacité à chanter aussi mal que la piètre cantatrice, car l’actrice, il faut le signaler, a une très jolie voix et chante juste.

De plus, Frears a un don pour encenser des comédiennes d’expérience. Après Helen Mirren et Judi Dench, il porte son attention sur Meryl Streep avec succès. Il offre, ici, un portrait réaliste de la relation platonique mais extrêmement sincère et touchante du couple tout comme la réalisation d’un rêve.

Basé sur un fait vécu, le tout est très bien rendu parce que le cinéaste met en scène de belles personnes dans une simplicité dénuée de cynisme. Vous ne retrouvez cet aspect de l’existence que dans l’enfance, moment où le jugement est inexistant, période entièrement immergée dans la passion. Ce qui apporte une certaine tendresse, un divertissement charmant qui vous fera passer un bon moment.

Une rumeur circule que la dame aurait inspiré le dessinateur Hergé pour son personnage de la Castafiore !

Cette histoire véridique sur fond de Seconde Guerre Mondiale n’est pas qu’une comédie, c’est aussi un drame biographique sur le courage, la persévérance, l’amitié et l’amour non seulement de l’art mais également de l’être humain. Difficile d’y résister.

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