Une histoire d’amour et de ténèbres (A Tale of Love and Darkness) de Natalie Portman

Avec Natalie Portman, Makram Khoury, Gilad Kahana, Shira Haas, Ohad Knoller,Makram Khoury et Amir Tessler.

histoire-amour-tenebresInspiré des mémoires d’Amos Oz (A. Tessler), racontant son enfance à Jérusalem avant l’institution d’Israël, entouré de ses parents, Arieh (M. Khoury) et Fania (N. Portman), l’un intellectuel et l’autre rêveuse.

Durée : 1h39
Distribution : Films Seville
En salles depuis le 2 septembre 2016

Par Corinne Bénichou

Ce drame historique est l’adaptation du roman du même nom, de l’écrivain israélien, Amos Oz, publié en 2004. Il s’agit de sa vie et en particulier de ses rapports privilégiés qu’il entretenait enfant avec sa mère.

Outre la réalisation, la scénarisation (avec l’auteur) Natalie Portman endosse avec conviction le rôle de Fania, hantée par de multiples démons. Ce personnage complexe est interprété avec brio. De plus, les différentes attitudes des protagonistes entourant l’actrice sont importantes et plus particulièrement celles de la belle-mère et de la mère de la jeune femme.

Le film met en images le destin de cette famille (un trio attachant) entre la fin de la Seconde guerre mondiale et la proclamation de l’indépendance d’Israël, moment fort de ce long métrage. Il montre aussi un passé européen douloureux, d’où les retours en arrière en Pologne, la vie d’un peuple sous l’occupation anglaise et le fossé déjà palpable avec les Arabes.

Les sentiments familiaux, amoureux et amicaux, sans oublier la souffrance et la mort, s’affichent tout au long du récit. Belle direction artistique. L’excellente reconstitution des lieux, les tons sépia et les couleurs froides, en majorité gris et brun, accompagnent ces émotions. La scène sous la pluie est magnifique et la musique au clavecin, émouvante.

La question de la légitimité, la sensation de persécution, le fait d’être voué à ne pas pouvoir atteindre le bonheur sont également évoqués ! Le parallèle avec la terre/mère, Israël, est évident. Le kibboutz, représentant la vie, arbore des couleurs dans le vert et les images sont claires.

Le film, très inspirée par le cinéma de Terrence Malick, tourné en hébreu, marque l’appartenance identitaire.

Cette œuvre, à la fois belle, forte et triste, mérite d’être vue !

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