Du 3 au 13 novembre 2016, la diversité francophone est à l’honneur avec cinquante films, quarante Premières, seize invités et plusieurs événements professionnels.
Par Corinne Bénichou
Maidy Teitelbaum et Guilhem Caillard ont été heureux, il y a quelques jours, de lever le voile sur la sélection qu’ils préparaient depuis de nombreux mois. Pendant onze jours, un florilège de longs métrages, dont des Premières québécoises, canadiennes et nord-américaines, sera offert aux spectateurs. Cette année, la sélection a cherché à explorer la création francophone à travers toutes ses déclinaisons culturelles et géographiques !
Jeudi 3 novembre, soirée d’ouverture avec l’invitée d’honneur Nicole Garcia et Mal de pierres qui met en scène une Marion Cotillard lumineuse, celui d’une femme libre et insatisfaite en quête de passion. Ce film romanesque, intense, qualifié de Bovarien, marque le retour de la réalisatrice. À ses côtés, son scénariste Jacques Fieschi. Le festival profite de la venue de cette artiste
incontournable pour lui dédier un cycle hommage inédit. Huit films célèbreront aussi bien la comédienne que la cinéaste : Place Vendôme, L’adversaire, Péril en la demeure, Les mots pour le dire, Garçon ! Mon oncle d’Amérique, Le cavaleur, Betty Fisher et autres histoires.
C’est l’occasion unique de voir les grands films de l’année s’étant distingués dans les festivals internationaux. Mal de pierres de Nicole Garcia, Elle de Paul Verhoeven (représentant la France aux Oscar 2017), Ma Loute de Bruno Dumont, La fille inconnue
de Jean-Pierre et Luc Dardenne, Personal Shopper d’Olivier Assayas, Rester vertical d’Alain Guiraudie et Chouf de Karim Dridi. Ces titres faisaient partie de la sélection officielle cannoise ! À ce palmarès
impressionnant, s’ajoutent Victoria de Justine Triet et L’économie du couple de Joachim Lafosse (le premier en ouverture, le second en sélection à la Semaine de la critique),
Mercenaire de Sacha Wolff (Quinzaine des réalisateurs), sans oublier les deux œuvres, La danseuse de Stéphanie Di Giusto et Voir du pays de Delphine et Muriel Coulin, ayant secoué la section Un Certain Regard.
Le film de clôture, Victoria, porté avec brio par la comédienne franco-belge Virginie Efira, célèbrera le talent d’une autre femme, Justine Triet qui réinvente la comédie française avec finesse et énergie. Pour l’occasion, un Focus spécial sera dédié à l’actrice.
Monia Chokri accompagnera la première québécoise de 
Réparer les vivants de Katell Quillévéré, coup de cœur de l’équipe. Anne Dorval fait également partie de la distribution. Thomas Lilti présentera le second coup de cœur, Médecin de campagne avec l’excellent François Cluzet.
Le dernier né de Bertrand Bonello, Nocturama, et le plus récent du grand cinéaste André Téchiné, Quand on a 17 ans (compétition officielle de la Berlinale 2016) sont aussi très attendus. La talentueuse
Isabelle Huppert, actrice la plus prolifique du cinéma français en 2016, sera, en plus du thriller haletant Elle, à l’affiche de Souvenir de Bavo Defurne et de L’avenir de Mia Hansen-Løve (compétition officielle de la Berlinale 2016).
Le festival fera la part belle aux longs métrages historiques. Parmi eux, Une vie de Stéphane Brizé, adapté du roman éponyme de Guy de Maupassant, Cézanne et moi de
Danièle Thompson avec Guillaume Gallienne et Guillaume Canet sur l’amitié entre le peintre Paul Cézanne et l’écrivain Émile Zola, Chocolat de Roschdy
Zem avec Omar Sy, Fleur de tonnerre de Stéphanie Pillonca-Kervern avec Déborah François, Le voyage de Fanny de Lola Doillon basé sur une histoire vraie ainsi que En mai, fait ce qu’il te plaît de Christian Carion portant tous deux sur la guerre 39-45.
Raphaël Personnaz accompagnera la première nord-américaine du film Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou, grand film d’aventure adapté du livre de Sylvain Tesson. La comédie, Venise sous la neige, du
jeune Elliott Covrigaru, a fait sensation lors de sa première au festival du film francophone d’Angoulême. Adaptée de la pièce à succès de Gilles Dyrek, elle s’inscrit dans la pure tradition du théâtre de boulevard français.
L’actrice belge Astrid Whettnall défendra le plus récent film de Rachid Bouchareb, La route d’Istanbul, qui évoque le combat d’une mère à la recherche de sa fille partie en Syrie aux côtés des djihadistes. Trois autres films portant sur le sujet hautement contemporain du terrorisme et de la radicalisation des jeunes
seront également présentés : Le ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar avec Sandrine Bonnaire et Clotilde Courau, Corps étranger de Raja Amari et Nocturama de Bertrand Bonello.
Le fils de Jean de Philippe Lioret, en première nord-américaine, sera honoré lors d’une soirée de gala, en la présence du réalisateur et de l’équipe, dont l’acteur québécois Gabriel Arcand. Cette coproduction Québec-France incarne parfaitement l’esprit des Rencontres de coproduction francophone organisées par la Sodec, en collaboration avec le festival. Pour la première fois cette année, elles se passent à Montréal !

Du 8 au 11 novembre, près de cent cinquante producteurs participeront à des ateliers et des conférences sur la coproduction francophone. À ce titre, la programmation sera axée sur les différentes cinématographies. Ainsi huit films belges seront présentés, dont deux coproductions minoritaires. Une coproduction Sénégal-Mali-France. Une soirée sera consacrée au Luxembourg et une autre à la Tunisie.
Comme chaque année, le prix du public TFO ira au réalisateur de la catégorie premier long métrage et le Mel Hoppenheim sera remis au film ayant récolté le plus de votes des spectateurs sur l’ensemble de la sélection.