Amarré au Vieux-Port, le Bota Bota Spa-Sur-L’eau tel que vous le connaissez possède une histoire pleine de rebondissements.
Par Corinne Bénichou
C’est
qui ont eu l’idée d’un spa au bord de l’eau avec un accès rapide aux transports en commun « C’était une utopie en quelque sorte ! » comme le dit si bien Nathalie, sourire aux lèvres. En effet l’idée du spa flottant n’est pas arrivée de suite. Par contre, l’eau et le bien-être faisaient et font encore partie intégrante de leur hérédité familial, Il s’avère que dans leur chalet, il y a un sauna face au lac, c’est un clin d’œil au Sauna-Sur-L’eau qui habille une des façades donnant directement sur Habitat 67.
L’eau est un élément indissociable d’un spa. Ce n’est pas un hasard si l’activité première, à bord, est appelée Circuit d’eaux, celle-ci composée de trois étapes distinctes, intimement liées : Chaud, froid et détente. Constance Carpanese, Chef de marque développe « Cette expérience de thermothérapie est offerte à travers ces circuits d’eau, le chaud, le froid, la détente, trois étapes primordiales pour les apprécier à leur juste valeur. Le sauna ou le bain vapeur entre dix et quinze minutes, sur le bateau ou dans les jardins, pour relâcher les muscles, les douleurs musculaires, éliminer les toxines par la sueur de façon naturelle. La plus redoutée, le bain froid ou la douche pour les plus frileux de quinze à soixante secondes afin d’accélérer le rythme cardiaque et resserrer les pores de la peau, combinée à l’étape chaleur, elle favorise la formation de globules
blancs, soulage les courbatures en augmentant la production d’endorphine. La dernière se déroule sur trente minutes dans les hamacs flottants, les transats ainsi que les nombreux lieux intérieurs et extérieurs, elle stabilise le rythme cardiaque dans un environnement paisible. Tous les forfaits ont des noms marins, ce qui pousse l’expérience jusque dans l’imaginaire. »
Cet ancien traversier a d’abord été transformé en bateau-théâtre, connu sous le nom de L’Escale, puis il a été mis à quai en 2008, c’est à ce moment-là que la famille Émond l’a acquis. Avant de débuter les rénovations, il a été en cale sèche car des travaux ont été nécessaires pour le rendre plus large et surtout plus stable. Le 10 décembre 2010, le Bota Bota ouvre officiellement ses portes. Aujourd’hui, c’est un incontournable du Vieux-Montréal pour les
adeptes de détente. L’excitation et la fébrilité sont ressenties à l’accueil de chaque nouveau client. « Le 27 novembre 2010, la première cliente a été reçue avec un verre de champagne. Durant une semaine, c’était surtout la famille et les amis, il fallait se roder. C’est le projet de vie de la directrice générale, Geneviève Émond. Elle a bâtit cette entreprise en famille mais aussi pour sa
famille. Elle est consciente du travail à faire beau temps, mauvais temps. Il y a dix ans son idée était d’être au service du passager, maintenant c’est d’être au service du besoin de son équipage. C’est son bébé dont elle est très fière comme nous tous ! Le Bota Bota jouit d’une célébrité mondiale, nos passagers viennent de tous les coins du globe. »
Le nom s’est présenté comme une évidence pour les deux sœurs, quand elles l’ont entendu. Cela veut dire ‘goutte à goutte’ en japonais. Au-delà de sa signification, c’est également un nom agréable à prononcer et les O rappellent les hublots du bateau. « Ils sont partout et font partie intégrante de l’identité de la marque. Ils jouent un rôle primordiale dans la salle des grands hublots. Travaillés à cet endroit, transformés en banquettes, les gens peuvent s’allonger et profiter de la vue sur Habitat 67 et le Saint-Laurent. C’est le symbole du voyage sans bagage. » Toujours unique en son genre, le spa accueille adeptes et nouveaux clients quotidiennement à bord. L’appel à l’évasion est encore d’actualité, mais cette fois-ci, sans quitter le port. La quête de détente est faite à travers le corps et l’esprit.
En octobre 2013, le restaurant est inauguré. Bien plus petit qu’à l’heure actuelle, il connaîtra plusieurs aménagements dans le but de s’adapter à une demande gourmande. Il est de nouveau ouvert. « Thomas Engasser est à la barre de La Traversée. C’est notre partenaire gastronomie. Rita Adèle Beaulieu en est la Chef. Ses plats sont concoctés sur place. Sa cuisine intelligente offre le moins de gaspillage alimentaire
possible dans un esprit de récupération, ce qui lui donne un goût d’ authenticité et de singularité. En 2019, elle a créé un potager d’herbes sur la terrasse flottante. Elle travaille avec des producteurs locaux pour obtenir le meilleur du terroir. Il est très important, pour les deux, d’inclure le patrimoine culinaire québécois dans les assiettes. »
En mai 2015, les jardins voient le jour et offrent ainsi aux visiteurs un tout nouveau terrain de relaxation. Cette fois-ci sur terre, il leur donne cependant la même possibilité d’un voyage intérieur, avec vue sur le bateau. Le sauna flottant, petit dernier de la famille, naît en 2017. Encore peu connu des visiteurs, mais grand préféré des employés, il représente un havre de paix unique, directement sur l’eau.
La section soins, comprend cent quarante massothérapeutes, douze esthéticiennes, une assistante soin, un spécialiste de l’optimisation et de la planification des effectifs sous la supervision d’Arnaud Gaston. Tout ce beau monde se conforme à une logistique impeccable. « C’est certain, le secret est une très bonne organisation engendrant un fonctionnement parfait. Les massothérapeutes sont des travailleurs
autonomes, il faut donc composer avec leur disponibilité. En travaillant sur l’anticipation, tout fonctionne bien ! Au niveau des soins, corps et visage, nos esthéticiennes ont une grande gamme de services et de produits pour emporter afin de continuer ce moment privilégié. À l’avant du bateau, vous avez le Bota chic pour une manucure et/ou une pédicure. »
Les tendances sont en perpétuel mouvement. 2021 n’y échappe pas. Les soins vedettes que la clientèle apprécie le plus est également au cœur des préoccupations de l’équipe. « À cause de la pandémie, la population du monde entier a pris conscience de l’importance de prendre du temps pour soi et de veiller à son bien-être. Pour répondre à une clientèle plus exigeante, en attente d’une nouvelle forme de détente, parmi les tendances, nous avons allongé la durée de certains massages. Il y avait des soixante et quatre-vingt-dix minutes, nous avons
ajouté un cent vingt minutes. L’expérience massothérapie Pression forte qui relâche les tensions en profondeur a été créé grâce à l’écoute sur le terrain. Il est effectué par des professionnels spécialement qualifiés. Côté esthétique, le soin Rose des vents redonne de la fraîcheur et de l’éclat au visage des femmes. C’est déjà un succès. » Les propriétaires innovent régulièrement. Par exemple, en 2019, le site est devenu ‘libre de cellulaire’. Ces derniers restent depuis au vestiaire. Le sauna flottant, lui, est le préféré des employés et des
passagers. Son emplacement est à l’abri des regards Nathalie Émond, directrice ‘expérience clients’ a le don de reconnaître ceux qui apprécient le circuit d’eaux. En 2021, un nouveau sauna vapeur, imitation marbre blanc, a été construit. Il est doté de grandes vitres donnant sur la terrasse. Au même étage, se trouve une autre aire de détente. La relaxation est la priorité du Bota Bota.
Le mandat de Constance Carpanese, comme Chef de marque, est d’informer à travers divers moyens rédactionnels et visuels. Le bien-être en est le fil rouge, bien sûr. « En 2020, nous avons célébré les dix ans du Bota Bota. Pour l’occasion, nous avons créé le concept des cinq sens : Le touché, la vue, l’ouïe, l’odorat et le goût, ce qui m’a permis de concevoir un podcast nommé Point d’écoute. La première saison est composée de cinq entrevues d’environ quarante-cinq minutes avec des personnes renommées comme Mylène Paquette (navigatrice québécoise, pionnière du continent américain à franchir à la rame, en solitaire, l’océan atlantique Nord, d’est en ouest) ou Vanessa DL (astrologue). La pandémie a demandé à mon poste
beaucoup de changements, j’ai du faire fonctionner mes méninges et bénéficier des talents de mes collègues du département pour instaurer de la magie avec un horizon très nuageux, voire opaque. Nous avons joué sur le sensoriel dans sa globalité. C’est un beau défi relevé avec grâce. Nous avons traversé cette tempête ensemble et je les en remercie. »
La diffusion, elle, se fait par les réseaux sociaux, les infolettres, la mise à jour du site internet afin de conserver, voire même, d’améliorer l’image de la marque. « J’écris des articles dans Le Hublot. Le bien-être est un terme parapluie qui englobe énormément de sujets et amène des contenus riches et variés. À l’interne, elle peut contenir des faits cocasses à partager sur nos employés. Des portraits sont rédigés chaque mois, par mes soins, sur l’un d’entre eux afin de le mettre en valeur. Je suis fière de ce travail. C’est un bel atout. Sur le bateau, tout le monde se connaît. Le fait que cette compagnie soit familiale aide grandement 
à cette atmosphère. Ces portraits aident à consolider ce lien. De nature très curieuse, peut importe le secteur, j’apprends toujours quelque chose de surprenant qui alimente mon travail. » Dans les vecteurs externes, il y a Instragram, Youtube et Facebook.
Les journées bénévoles spa-sur-l’eau sont importantes et enrichissantes. « C’est une des activités que j’aime le plus à organiser. Elle se fait généralement autour de Noël. Une de ces journées, qui me tient particulièrement à cœur, s’est passée en 2018. J’ai accompagné quatre massothérapeutes au CHUM (Centre Hospitalier Universitaire de Montréal) pour donner des massages à des personnes atteintes de fibrose kystique. Un beau cadeau. Ce moment a été très émouvant pour moi étant atteinte de cette maladie ! Nous avons
également offert des manucures aux femmes du Chaînon (association d’entraide). La liste est vraiment longue… J’espère recommencer cette année. Je pense que le bien-être devrait être accessible à tous. C’est là que réside le rôle du Bota Bota. » Constance Carpanese et son collègue, Benoît Breton, sont régulièrement en réflexion. Ils travaillent actuellement sur plusieurs dossiers à venir…
Bota Bota, Spa-Sur-L’eau
Rue de la Commune Ouest
Entrée par la rue McGill
Vieux-Port de Montréal
(514) 405-6103
www.botabota.ca