Avec : Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner.
Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas (M. Amalric) se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Il se prépare à partir lorsque Vanda (E. Seigner) surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée, tout ce que Thomas déteste, vulgaire, écervelée et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Contraint et forcé, il la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il la voit se métamorphoser.
Durée : 1h36
Distribution : Films Seville
En salles depuis le 20 juin 2014
Par Corinne Bénichou
Autant Carnage, l’adaptation cinématographique de la pièce de Yasmina Reza, elle-même librement adaptée du roman de Sacher-Masoch, avait cette force comique, un texte et des dialogues propices à ce langage cruel tellement efficace, doté d’acteurs de haut niveau, autant le duo Seigner/Amalric manque de charisme et de charme, qualités essentielles dans cette rencontre.
Il est toujours difficile de transposer une œuvre littéraire. Ici, entre réalité et fiction, l’actrice essaie, sans y parvenir, de passer de la vulgarité du début, de son manque de culture apparent à une certaine émotion (changement de ton et de vocabulaire dès qu’elle interprète) à travers les divers sujets abordés avec son partenaire. Un face-à-face où tout se déroule sur une scène, sans jamais ressembler à du théâtre filmé, grâce au montage qui donne à l’ensemble une belle énergie. La musique intense, qui accompagne cette confrontation, est composée par Alexandre Desplat.
Dans l’absolu, le rôle aurait pu être offert à Isabelle Carré ou â Diane Kruger, si le réalisateur n’était pas le conjoint d’Emmanuelle Seigner. Le personnage y aurait certainement gagné en subtilité et en grâce.
Malgré des qualités indéniables et outre le plaisir intellectuel qu’il procure, vous sortirez de la salle avec un sentiment mitigé sur la pertinence de ce long métrage.