Avec Guillaume Canet, Catherine Deneuve, Adèle Haenel, Judith Chemla et Jean Corso.
Après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux (A. Haenel) retrouve sa mère, Renée (C. Deneuve), propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme fragilisée tombe follement amoureuse de l’ambitieux avocat Maurice Agnelet (G. Canet). Ce dernier est marié et a d’autres liaisons. Actionnaire du casino par héritage, Agnès veut vendre ses actions à sa mère pour voler de ses propres ailes. Dans les mêmes temps, une partie truquée par la mafia siphonne les caisses de la salle de jeux. Derrière ces manœuvres plane l’ombre de Fratoni (J. Corso), patron d’un casino concurrent.
Durée :
Distribution : A-Z Films
En salles depuis le 24 octobre 2014
Par Corinne Bénichou
L’adaptation du livre Une femme face à la mafia de Jean-Charles et Renée Le Roux, (éditions Albin Michel) retrace le contexte de la disparition de leur sœur et fille ainsi que les suites judiciaires de ce qui a été appelé à l’époque l’affaire Le Roux.
Les années 75 sont très bien reconstituées grâce aux décors d’Olivier Radot, aux costumes de Pascaline Chavanne et à la photographie de Julien Hirsch.
C’est le vingt cinquième film du cinéaste qui a participé au scénario. Après La fille du RER celui-ci s’attaque à un autre fait divers (celui-là criminel) très médiatisé. Il met en scène trois acteurs de haut calibre. Il les fait se heurter pour mieux analyser chaque caractère et c’est réussi.
L’ambition est souvent mauvaise conseillère. Le personnage interprété par Guillaume Canet n’en manque pas, comme sa loyauté élastique, son passé nébuleux et sa tendance très prononcée au mensonge et à la manipulation. Catherine Deneuve, elle, se retrouve à l’écran, encore une fois, dans un conflit de générations. Son rôle de mère et de femme trahie, dépossédée, perdue, rageuse et déterminée à la fois lui va comme un gant. Quant à Adèle Haenel, elle incarne avec justesse cette héritière en quête d’amour inconditionnel qui la conduira à sa perte. En effet, après sa tentative de suicide, elle disparaît en octobre 1977. Son corps n’a jamais été retrouvé !
Certains gestes et dialogues paraissent insignifiants mais ne le sont pas, tout est important dans cette histoire et le déroulement (malgré quelques coupes drastiques au niveau des images) proposé par le réalisateur, malgré son côté froid et lisse en surface, est efficace.
Trente ans après, Maurice Agnelet demeure l’unique suspect de ce crime sans cadavre. Convaincue de sa culpabilité, Renée se bat inlassablement pour qu’il soit condamné.
La conclusion n’en n’est pas vraiment une puisque l’appel du jugement l’a condamné à 20 ans de prison. Verdict sur lequel il se pourvoit en cassation…