L‘exposition de My-Van Dam et de la commissaire Geneviève Wallen est un manifeste-en-mouvement pour naviguer les traumas et prendre soin en collectivité.
Par Corinne Bénichou
Vendredi 13 septembre à 16 heures, My-Van Dam et Geneviève Wallen offrent une visite guidée. Inscription obligatoire.
Samedis 14, 21, 28 septembre et 5,12,19, 26 octobre, des visites commentées sont proposées sur la création d’espaces pour les pensées inachevées et les réflexions sur l’intersection de la longévité et du plaisir, par Marguerite Chiarello, médiatrice culturelle.
Jusqu’au 26 octobre 2024, le vingt-cinquième anniversaire de l’organisme culturel est célébré avec cette exposition multidisciplinaire. Faisant s’entrelacer pour une première fois sa pratique en danse et en arts visuels, l’artiste lance l’activation de la galerie en abordant les processus de guérison individuels et collectifs. À travers une installation vidéo sur quatre écrans, de nouvelles œuvres sculpturales, des dessins ainsi qu’un espace de soin et de réflexion, il vous invite à vous installer dans ce lieu de repos.
Dans ce nouveau projet, les pratiques somatiques de la voix et du mouvement sont combinées avec une approche consciencieuse des sensations corporelles vécues de l’intérieur. Ses sculptures, nommées Objets de solidarité dirigent, guident et encouragent les interprètes à activer une expérience collective, de connexion et de mémoire partagée. « Je parle beaucoup des traumas intergénérationnels, du processus de guérison et de la mémoire. Puis, je réfléchis à comment les événements traumatiques ont un impact sur notre santé physique et psychologique, nos relations et notre identité. » dixit la principale intéressée. © My-Van Dam
Dans une œuvre à la fois élégante, ancrée dans une puissante contestation de l’oppression et de la violence sociétales, My-Van Dam aspire à débloquer les traumas. Non seulement ceux qui la touchent personnellement, mais également ceux présents en vous afin que cette libération du vécu se réverbère dans la société. Elle inscrit ainsi cette exposition dans la continuité de son travail engagé. Cofondatrice du collectif Code Blanc, elle lie sa pratique artistique aux questions d’équité et d’inclusion dans le milieu des arts visuels. De gauche à droite : My-Van Dam, Stanley Février et Maryam Izadifard.
Photo de Marc-André Dupaul
Autour de l’œuvre, une équipe impressionnante : Les costumes portés par les quatre performeuses et créatrices du mouvement (Miranda Chan, Aurélie Ann Figaro, Jeimy Oviedo Quesada et
Nicole Jacobs) ont été conçus par Rad Hourani. La direction de la photographie est assurée par la réalisatrice Nadia Louis-Desmarchais dont la série Les Météorites a été primée sur Ici Tou.tv. Enfin, l’artiste et facilitateur, voix et mouvement, Be Heintzman Hope encadre la pratique somatique, centrale dans l’œuvre de My-Van Dam.
La commissaire, Geneviève Wallen, (sa démarche se centre également sur les questions de guérison et de soutien) entame ici sa première collaboration pour une exposition solo. À
cette occasion, il a été élaboré une conception narrative à partir des éléments de l’exposition, déployant un chemin de guérison allant de l’individuel au collectif. Le processus s’incarne dans les outils, créant un langage utilisé pour aborder les traumatismes afin d’être offert à la collectivité via les différentes installations. Elle confirme qu’il s’agit de montrer que chacun(e) peut partager ses méthodes de guérison et produire un élan communautaire.
Montréal, arts interculturels
3680, Jeanne-Mance
Montréal
(514) 982-3386
www.m-a-i.qc.ca/