Avec Ayberk Pekcan, Demet Akbag, Ekrem Ilhan, Emirhan Doruktutan, Haluk Bilginer, Melisa Sözen, Nadir Saribacak, Nejat Isler, Serhat Kilic, Serhat Kilic et Tamer Levent.
Aydin (H. Bilginer), comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal (M. Sözen), dont il s’est éloigné sentimentalement et sa sœur Necla (D. Akbag) qui souffre de son récent divorce. En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge mais aussi le théâtre de leurs déchirements…
Durée : 3h16
Distribution : Métropole Films
En salles depuis le 16 janvier 2015
Par Corinne Bénichou
Cette œuvre d’une intense beauté, servie par d’excellentes interprétations, contient des joutes verbales denses et percutantes, des observations philosophiques et psychologiques d’une grande justesse. Elle a été écrite par Ceylan et son épouse. Lui, cinquante-cinq ans, elle, quarante ans, coscénariste de ses trois plus récents longs métrages.
Ce septième film, inspiré de deux nouvelles de Tchekhov, est superbe, dans sa forme comme dans son propos. Ses images (d’hiver anatolien) sont magnifiques et ses échanges acrimonieux entre homme et femme en rupture, profonds.
L’œuvre pose un regard sur les classes sociales, la condition humaine, la religion, l’altruisme, la scission entre ville et campagne et les tensions du couple dans la Turquie moderne. Sa montée dramatique est un atout de taille.
Le travail sur la lumière, sur les cadres (photographie de Gökhan Tiryaki) comme la capture d’un cheval, le jet d’une pierre, un coup de fusil à l’aube et la tache de sang sur un lièvre, est vraiment impeccable. Le montage (Böra Göksingöl et Bilge Ceylan) est évidemment pour beaucoup dans le maintient de l’intérêt du spectateur.
Pas une seconde d’ennui durant les trois heures quinze que dure cette Palme d’or bien méritée.
Palme d’Or au festival de Cannes, édition 2015