Avec Edison Raigosa, Haimer Leal, Hilda Ruiz, José Felipe Cardenas, Marleyda Soto.
Alfonso (H. Leal), un vieux paysan, revient au pays pour se porter au chevet de son fils malade (E. Raigosa). Il retrouve son ancienne maison, où vivent encore celle qui fut sa femme (H. Ruiz), sa belle-fille (M. Soto) et son petit-fils (JF Cardenas). Il découvre un paysage apocalyptique. Le foyer est cerné par d’immenses plantations de cannes à sucre dont l’exploitation provoque une pluie de cendres continue. Dix sept ans après avoir abandonné les siens, l’homme va tenter de retrouver sa place et de sauver sa famille.
Durée : 1h37
Distribution : K-Films Amérique
En salles depuis le 28 août 2015
Par Corinne Bénichou
Le réalisateur et scénariste offre ici une œuvre forte et réaliste sans jamais tomber dans le pathétique ou le misérabilisme.
Elle met en scène des personnages très touchants et les situations qu’elle décrit (l’exploitation des ouvriers qui ne sont que des numéros pour le propriétaire et n’ont aucun droit, ni sécurité), grâce au montage de Miguel Schverdfinger, montrent un quotidien difficile dans une ambiance ardue et injuste. Elle révèle aussi la solidarité des ouvriers (malgré leur manque de pouvoir) face à leurs conditions déplorables et au sort de leurs compatriotes.
Le film, qui s’attarde sur les détails du quotidien d’une famille colombienne, est volontairement lent avec des plans fixes bien cadrés, ce qui permet au spectateur d’apprendre à la connaître et à l’aimer au fil des images.
Ce drame dépeint également deux parallèles principaux, celui de la beauté de la nature avec les chants des oiseaux et celui du travail harassant de la coupe dans les champs (photographie de Mateo Guzman), sans oublier les causes et conséquences de la maladie du fils tout comme l’indifférence des autorités et de la médecine face à son cas désespéré.
Sa mort est à la fois une grande tristesse, par contre elle donne l’occasion à sa femme et à son enfant de partir pour vivre, ailleurs, une meilleure existence. Alors, le père, arrivé comme un paria, repart en sauveur pardonné par celle qu’il a quitté quinze ans auparavant.
Un premier long métrage réussi qui promet un bel avenir à ce cinéaste d’Amérique latine.
Caméra d’Or au festival de Cannes 2015