Avec François Cavanna, Delfeil de Ton, Pascal Tassy, Virginie Vernay, Pacôme Thillement, Jean-Marie Laclavetine, Georges Brassens, Robert Doisneau et Arnaud Baumann.
Des entretiens réalisés peu de temps avant sa mort, à l’âge de quatre-vingt dix ans, des archives oubliées et des témoignages inédits comme ceux de Siné, Willem, Delfeil de ton et Sylvie Caster. En filigrane l’histoire en passe d’être oubliée du premier homme qui aurait pu dire Je suis Charlie !
Durée : 1h30
Distribution : AZ Films
En salles le 4 septembre 2015
Par Corinne Bénichou
Pour ce documentaire, dont le tournage a duré un an et demi, de décembre 2010 à juin 2012, père et fille se sont associés afin de récolter les témoignages de dix personnes entourant le fondateur des journaux satiriques Charlie Hebdo et Hara Kiri (publications irrévérencieuses maintes fois interdites, qui ont pourtant résisté et duré dans le temps depuis les années 60), incluant ses amis paléontologue, philosophe, photographe, sa compagne des vingt dernières années et son éditeur.
L’auteur des Ritals, des Russkoffs et d’une soixantaine d’ouvrages, décédé en janvier 2014, est l’improbable et inclassable représentant d’un groupe de libres penseurs dont la verve, l’intelligence et l’humour ont marqué toute une génération. C’est dans leur sillage que de nombreuses vocations se sont réveillées. Sans cet ombre tutélaire, une part considérable de la culture ouverte sur le monde n’aurait jamais vu le jour.
Mais après avoir effectué une expérience sur des étudiants en journalisme et auprès d’instituts audiovisuels, le réalisateur s’est aperçu que ce nom n’évoquait rien et certains le confondaient même avec l’humoriste Anthony Kavanagh ! Il a donc conçu son documentaire comme une nécessité pour pallier à cette ignorance.
Touchant et sincère, ce beau portrait d’une des figures emblématiques du journalisme français évolue dans un rythme lent, tout en douceur qui correspond à l’état d’esprit du Monsieur alors que la maladie de Parkinson gagne du terrain à la fin de sa vie.
Le cinéaste souhaite que ce film devienne un objet de réflexion, de débat, de connaissance et de combat qui émeut et pousse à prendre les stylos, la parole et les chemins de traverse.
« Nous dédions ce film aux victimes de la tuerie du 7 janvier 2015 et à tous ceux qui ont repris ou reprendront le flambeau, qui veulent que souffle encore longtemps l’esprit bête et méchant de Cavanna et de ses amis. Même pas morts » ont inscrits les auteurs au générique de fin sur fond de dessins typiques aux deux imprimés chers à François Cavanna.
