C‘est principalement la rencontre entre Gilles Vigneault et Fred Pellerin au temps des sucres. Ils racontent le pays à travers un des rituels les plus emblématiques du Québec. Un hymne au sirop d’érable et au peuple qui le produit.
Durée : 1h42
Distribution : FunFilm
En salles depuis le 2 décembre 2016
Par Corinne Bénichou
Le réalisateur montréalais a réalisé, entre autres, les séries radiophoniques Pendant que…Gilles Vigneault (2005), Barbaba en noir et blanc (2012) et Robert Charlebois, Par-delà Lindberg avant de livrer ce documentaire. Six ans après l’émission L’autre midi à la table d’à côté, Fred Pellerin et Gilles Vignault sont de nouveau réunis, cette fois à l’écran.
Dans une belle luminosité donnée par la neige et le soleil au printemps, décor inspirant, une goutte de sève perle sur la pointe du chalumeau. Les deux poètes la cueillent et filent la métaphore. La tradition des sucriers prend l’allure de vibrants tableaux. La richesse des mots d’ici et la puissance des gestes simples laissent entrevoir la beauté et la fragilité de la culture québécoise.
Ce film choral donne aussi la parole à Gabriel Nadeau-Dubois, Kim Thúy, Boucar Diouf, Daniel Turcotte, Lesley Chesterman, Fabien Cloutier et Martin Picard.
Il présente plusieurs points de vue dont le sentiment d’appartenance, l’identité nationale, les élites négatifs, les cicatrices de l’arbre versus celles de l’homme et du peuple, la découverte d’une richesse qui a tenu quatre cents hivers, la volonté collective constructive, le langage plus que la langue en elle-même… Chacun à sa manière, avec ses mots, évoque le pays. Certains dressent un constat alors que d’autres prônent la fierté, l’espoir avec des propos clairvoyants tout en restant réalistes. Quelques réflexions pertinentes telles que « un Québécois, c’est un Français au Québec » et « Ironie, le symbole du Canada est la feuille d’érable ! »
La famille Vermette de Mirabel, ceux de l’érablière l’Hermine tout comme Roméo Bouchard et son fils à Kamouraska, ils ont tous de vrais sentiments pour leurs arbres. La période des sucres est non seulement du travail qu’ils doivent faire avec minutie, mais également, au final, une grande satisfaction.
Toutes générations confondues, il en résulte un portrait chaleureux et rassembleur de la société actuelle, néanmoins avec une pointe de tristesse sur l’avenir et la volonté de se prendre en main, d’où l’allégorie entre l’érablière et le statut du Québec ! Le plus beau projet n’est-il pas celui qui se concrétise ?