Avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson, Issey Ogata, Shinya Tsukamoto, Yosuke Kubozuka et Tadanobu Asano.
1640, deux prêtres jésuites (A. Garfield/A. Driver) se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira (L. Neeson), disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi.
Durée : 2h41
Distribution : Paramount Pictures
En salles depuis le 6 janvier 2017
Par Corinne Bénichou
Ce drame historique est l’adaptation du roman du même nom écrit en 1966 par Shūsaku Endō, auteur catholique japonais. La première a été réalisée en 1971 par Masahiro Shinoda. Le titre évoque le silence de Dieu face aux souffrances vécues en son nom.
Le réalisateur de La dernière tentation du Christ et de Kundun reprend sa caméra afin de proposer, pour une troisième fois, une épopée religieuse. Attention, des scènes de tortures, des propos et des images de sévices peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs.
En deux heures quarante et une, le cinéaste concentre vingt ans de persécutions, plus cruelles les unes que les autres, effectuées par les élites japonais soucieux d’éradiquer l’invasion étrangère chrétienne, en l’occurrence, ici, portugaise. Les premières victimes sont leurs compatriotes convertis.
Ce film lent offre une très belle esthétique, des décors naturels splendides, un art du suspens comme une habilité à créer des fausses peurs mais aussi des vrais actes inattendus surprenants, une réalisation vraiment efficace, le tout au pays du soleil levant.
Basé sur les personnages et leurs convictions, les prestations des acteurs sont également à souligner. Garfield et Driver incarnent plus qu’ils n’interprètent ces prêtres inébranlables dans leur croyance, Ogata l’inquisiteur à l’humour décalé aussi virulent que sa détermination est machiavélique à souhait et Kubozuka en disciple indigne de confiance représente Judas à trois reprises et sous les traits du jésuite apostat, Neeson qui, malgré l’affiche et la promotion bâtie autour de lui, n’a qu’un rôle secondaire.
Visuellement réussie, la plus récente oeuvre de Scorsese, semblable, dans sa déontologie, à Mission de Roland Joffé, relate, à travers sa narration, à la manière de La ligne rouge de Terrence Malick, le vécu et les pensées du père Rodrigues pendant toute la durée de sa quête évangélique.
La conclusion réserve aux spectateurs une petite surprise (prévisible) qui rejoint la dévotion indéfectible du protagoniste.