Avec Éliane Préfontaine, Gerardo Trejoluna, Felipa Casanova, Marie-Ginette Guay et Monique Spaziani.
Au Québec, au Mexique et en Asie, trois rêveurs éveillés répondent à l’appel pressant des images et des mélodies qui les habitent, le jour comme la nuit. Marqués par une absence, un départ ou un urgent besoin d’aller vers l’autre, Éliane (É. Préfontaine), Romes (G. Trejoluna) et son père Pablo (F. Casanova) choisissent d’agir avant qu’il ne soit trop tard. De trouver refuge dans un espace indicible et aux multiples visages, pas tout à fait dans le monde concret, mais juste à côté.
Durée : 1h38
Distribution : La Distributrice de Films
En salles depuis le 13 janvier 2017
Par Corinne Bénichou
Faisant confiance à cette voix intérieure que chacun porte en soi la scénariste/réalisatrice (La ronde, Le futur proche) convie le spectateur à faire un parcours sensoriel guidé par le voyage, l’art, le rêve et la mémoire.
Dans son premier long métrage, la cinéaste pose des questions universelles sur les êtres humains, ce qui les unit, les ancre au réel. La frontière entre le jour et la nuit se dissout. De ces échanges entre deux mondes naît la poésie. La quête des trois personnages pointe vers la magie émanant des fissures du quotidien. Comme la bouteille à la mer lancée par Éliane, Romes ou Pablo, cette lettre d’amour destinée au cinéma est capable de rendre présent ce qui n’est plus.
Cette fiction tournée comme un documentaire, tout comme la manière différente de raconter une histoire avec ses rencontres et ses états d’âme, met en scène trois générations dans trois lieux différents. Elle est d’une sensibilité et d’une beauté à faire fondre les glaciers du pôle ! Entrer rêves et réalité, les protagonistes évoluent, se croisent, se parlent, se taisent et s’aiment.
La direction photo, signée Léna Mill-Reuillard, joue avec la lumière naturelle, le climat changeant (écarts de températures) et les couleurs. La mise en image singulière (direction artistique et montage) de Sophie Goyette est également réussie.
La musique de Rachmaninov sur la scène de pêche et la chanson Je n’aurai pas le temps de Michel Fugain sur le générique de fin, ajoutent avec finesse toute la richesse de cette quête humaine en perpétuel mouvement.
Un style et une vision uniques pour une première œuvre audacieuse mêlant le français, l’anglais, l’espagnol et le mandarin avec des sous-titres français ou anglais.
Ce drame introspectif, qui doit son élégance et sa douceur à la lenteur du récit, est à la fois réconfortant et donne à réfléchir sur la place de chacun sur Terre.