Jour de chance de Sylvie Paquette

Jeudi 27 février 2014 à 20 heures

paquette scèneDans le cadre de Montréal en lumière et un peu moins d’un an après le lancement de son album, l’artiste est sur scène pour le plus grand plaisir de son public.

Par Corinne Bénichou

photo Québecpop

C’est guitare autour du cou accompagnée de ses deux musiciens, le complice de la première heure Rick Haworth  et le multi instrumentiste Benoit Rocheleau, que la chanteuse offre Je suis pour et Beaucoup.

« Bonsoir, merci pour ce chaleureux accueil, le titre de mon album c’est dire oui à tout, dans l’idée d’accepter ce qui nous arrive. » Après avoir eu des problèmes de santé, elle va mieux maintenant.  « Alors  je nous souhaite un beau soir de chance. » Comme une pluie fine.

Après des applaudissements fournis l’interprète confirme « Le trac est là et le rhum aussi mais je vais tenir le choc ! » Elle ajoute « D’habitude ma voix est plus comme celle de Nina Simone ou d’Ella Fitzgerald… »  Sourire aux lèvres, en évoquant son voyage en autobus, direction la Floride, quelques années auparavant, la compositrice  replonge dans son album précédent avec le titre phare Tam Tam.

« La prochaine est une qui parle de la mort mais en fait qui parle de la vie. » De tous les êtres vivants, seul l’humain sait qu’il va mourir. « Selon la philosophie boudiste, idéalement, tu dois être prêt quand arrive le moment. » Simone d’automne.

C’est à un auditoire conquis qu’elle demande si ça va ?  « J’ai encore quelque chose à dire. » Une anecdote en fait. Au studio de Philippe Brault, co-réalisateur avec Éric Goulet,  elle montre l’instrument « Je vois cette petite guitare elle appartenait à mon ami Luc De Larochellière. Je la voulais vraiment et je l’ai eue ! » Elle se rappelle aussi que les enfants ont souvent un bon sens inné et la musicienne le prouve en évoquant une de leurs pensées sur le bonheur. « C’est comme quand on est dans un avion et qu’on regarde par le hublot ! » Attachez vos ceintures, on décolle avec Le bonheur est ici.

Moment artistique important, une chanson interprétée dans la vingtaine en hommage à Jean-Pierre Ferland au Bistro d’Autrefois. « À côté de moi, une certaine Céline Dion (à l’époque d’Incognito) a un coup de foudre pour la magnifique pièce qu’elle entend. Quelques années plus tard, elle raconte son coup de cœur et j’ai failli être nommée à ce moment là ! » Ton visage.

« Comme vous avez pu vous rendre compte, on est entré dans la section peine d’amour… Je pense que c’est la plus triste qu’on a écrit avec Dave Richard, on pourra pas aller plus bas. » Ça sent la pluie précède Soleil d’Espagne avant la pause. La demoiselle remercie les spectateurs pour l’écoute extraordinaire. « On revient dans pas long ! »

De retour, elle enchaîne Il y a encore et Jour de chance. « J’ai posé ma musique sur les paroles de Jeff Moran alors que j’étais en Grèce. » Le Banc.

Pour ce titre, qu’elle interprète souvent avec ses amis, la jeune femme laisse une belle place à son invitée surprise, Anique Granger, native de Saskatchewan. Ensemble elles chantent Ma nuit. Généreuse dans l’âme, elle s’adresse à l’audience « Ça vous tente d’entendre Anique seule ? » L’approbation du public donne l’opportunité à l’invitée de présenter Le Beurre.

De retour dans son  univers musical, elle remonte le temps avec Si peu de choses. Inconditionnelle de cet auteur compositeur interprète français, elle fait sienne de La nuit, je mens d’Alain Bashung. Dans la même veine, elle avoue avoir osé mettre en musique le poème Marine (1942) de la célèbre Anne Hébert. Sur les premières notes de Chambre à air de la romancière Émilie Andrew elle remercie son auditoire pour sa présence.

C’est avec Garde-moi, co-écrite avec Daniel Bélanger, de l’album Souvenir de trois qu’elle revient en rappel. Elle profite pour remercier Louis Simon Hêtu au son et Martin Plante aux éclairages. Ce dernier a d’ailleurs enrobé de couleurs chaudes la chanteuse inspirée.

Entre reprises et pièces originales, l’artiste livre un spectacle tout en émotion et en humour. La poésie des textes et la force des mots sont décuplés grâce à son interprétation sensible.

À voir absolument.

Cabaret Lion d’Or
1676 Ontario Est
Montréal
(514) 598-0709
www.cabaretliondor.com

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