Les derniers amants (Only Lovers Left Alive) de Jim Jarmusch

Avec Anton Yelchin, Jeffrey Wright, John Hurt, Tilda Swinton, Mia Wasikowska, Tom Hiddleston

derniers amantsEve (T. Swinton) résidant à Tanger part rejoindre son amoureux déprimé Adam (T. Hiddleston) qui demeure à Detroit. Les deux vampires, amants depuis plusieurs siècles, seront bientôt rejoints par Ava (M. Wasikowska), la petite sœur d’Eve, perturbe le couple qui, en raison d’un virus qui a contaminé le sang humain, doit s’approvisionner clandestinement dans les hôpitaux

Durée : 2h03
Distribution : Métropole Films
En salles depuis le 25 avril 2014

Le réalisateur de Mystery Train, Broken Flowers, Down By Law, Stranger than Paradise et Dead Man, entre autres, offre un film intelligent, élégant, esthétiquement parfait, à l’image de ses deux protagonistes, de leur histoire et de leur amour. Comme dans ses autres longs métrages, la lenteur est reine. Elle concorde particulièrement ici, puisque ces immortels n’ont que faire du temps qui passe.

Le cinéaste met en images un couple romantique magnifique (avec un clin d’œil sur les prénoms) conscient du danger (sang contaminé) et de la décrépitude de la société dans laquelle il survit aujourd’hui. Ayant connu le faste des siècles précédents, il est devenu raisonnable par obligation et surtout désabusé vis-à-vis des  humains surnommés les zombies. Il évoque, avec raison, ses inquiétudes face à la déchéance et à la dérive inexorables de l’Occident. John Hurt, sous les traits du dramaturge Christopher Marlowe (auteur dramatique, contemporain de William Shakespeare) complète ce trio d’un autre temps !

Le grain de sable, la soeurette écervelée, irrite et détonne avec raison puisqu’elle représente la jeunesse avide de sensations, sans aucune limite, qui détruit les efforts des autres sans scrupule.

Les chansons sont jubilatoires à entendre. Elles enrobent les images et la petite histoire des guitares avec brio. La bande originale de Jozef Van Wissem a été honorée par le Cannes Soundtrack Award. Les décors sont apocalyptiques lorsqu’ils sont sombres (Détroit) et psychédéliques quand ils sont lumineux et colorés (Tanger). Les dialogues sont savoureux avec d’énormes références culturelles et scientifiques.

Dans le même style, il y a déjà trente ans, The Hunger de Tony Scott avec Catherine Deneuve et David Bowie, autre couple mythique et inséparable, la sensibilité et la volupté en moins.

Cette fable envoûtante et mélancolique est une critique sur la lassitude d’exister dans un monde qui s’effondre.

En compétition officielle au festival de Cannes – édition 2104

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