Le voyage de cent pas (The Hundred-Foot Journey) de Lasse Hallström

Avec Helen Mirren, Om Puri, Charlotte Le Bon, Manish Dayal, Farzana Dua Elahe, Amit Shah, Michel Blanc, Clément Sibony, Vincent Elbaz, Aria Pandya et Rohan Chand.

voyage cent pasUne famille indienne a quitté sa terre natale pour s’installer à Saint-Antonin-Noble-Val, dans le sud de la France. Hassan Kadam (M. Dayal) a toujours eu le flair pour la nourriture et en compagnie de son père (O. Puri) et de ses proches, il désire ouvrir un restaurant indien. Cette nouvelle est accueillie glacialement par madame Mallory (H. Mirren) la chef et propriétaire d’un réputé restaurant qui attend avec impatience sa nouvelle étoile Michelin. Une féroce compétition se tiendra entre les deux institutions. Dans les mêmes temps,  le jeune homme se lie d’amitié avec Marguerite (C. Le Bon) sa jolie rivale.

Durée : 2h02
Distribution : Walt Disney Pictures Canada
En salles depuis le 8 août 2014

Par Corinne Bénichou

Cette comédie sentimentale, d’après l’oeuvre de Richard C. Morais, doit son titre à la distance qui sépare les deux restaurants du village français où se déroule la majorité de l’histoire. Celle-ci commence sur des images en Inde alors que les effluves des sauces nappant la nourriture viennent chatouiller l’odorat et la vue des spectateurs.

Du roman au cinéma, le réalisateur suédois (L’Oeuvre de Dieu, la part du Diable, Le Chocolat, Un havre de paix) a su, avec finesse et humour, faire passer un message de tolérance interculturelle à travers la cuisine. Le récit, le cadre et la thématique forment le canevas idéal sur lequel il base le contraste entre les deux établissements. Le premier, un Français, élégant mais austère dans lequel Mozart est diffusé en fond sonore. Le second, un Indien, vivant et chaleureux où la musique de Bollywood s’écoute à fort volume. Un choc des cultures audacieux.

A travers ses personnages, qui possèdent une grande tendresse sous leurs carapaces, il traite des préjugés tenaces, des mesquineries humaines, des comportements excessifs, mais aussi de la difficulté à s’intégrer et de la capacité à évoluer (de la cuisine traditionnelle à la cuisine moléculaire). Le cinéaste évoque, ici, le lent processus d’acceptation que doit entreprendre ce jeune immigrant et sa famille.

Les performances des acteurs sont parfaites. Chacun dévoile une panoplie de nuances dans sa prestation au fil de cette aventure culinaire. Les décors naturels et les préparations des mets méritent également une mention, voire une étoile… Michelin bien sûr !

Pour consolider la crédibilité de son sujet, la productrice Juliet Blake a fait appel au chef cuisinier Floyd Cardoz qui, de par ses origines indo américaines, était à même d’apporter son savoir-faire en matière de mixité culturelle et gastronomique. Les chefs français Vincent Meslin, Lanaic Jourden et l’indien Anil Abhimanyu Sharma ont également été consultants.

Pour l’occasion, ses acolytes Steven Spielberg et Oprah Winfrey travaillent de nouveau ensemble près de trente ans après La Couleur Pourpre (1985).

La musique, à saveur indienne, est signée A.R. Rahman, le célèbre compositeur de Slumdog Millionnaire.

Un long métrage agréable à voir où des émotions profondes sont exprimées grâce au plaisir que procurent l’amour et la bonne chère. Si les deux sont réunis, alors champagne !!!

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