Avec Zacharie Chasseriaud, Aure Atika, Antoine L’Écuyer, Philomène Bilodeau, Anne-Marie Cadieux, Hugues Frenette et Léo Caron.
Victor (Z. Chasseriaud) vient d’emménager au Québec avec sa mère (A. Atika) suite à la mort de son père, survenue un an plus tôt en France. Alors qu’il peine à s’intégrer à son nouvel environnement, il assiste à un drame. Un adolescent saute du toit de son lycée, mais le garçon voulait-il vraiment sauter ? Le jeune garçon s’immisce alors dans la vie du disparu, à la recherche de ses propres limites et parvient progressivement à prendre place dans sa nouvelle existence.
Durée : 1h25
Distribution : Axia Films
En salles depuis le 26 septembre 2014
Par Corinne Bénichou
Cette coproduction Québec/France est le premier long métrage du réalisateur et scénariste français. Elle aborde un sujet délicat (le suicide et le pacte de mort chez les jeunes) avec des scènes, des propos et des images pouvant heurter la sensibilité de certains spectateurs.
Le film décrit le quotidien d’un adolescent déraciné et mal dans sa peau ainsi que les relations tendues qu’il entretient avec sa mère depuis le décès de son père. Il évoque aussi ce besoin de comprendre le geste fatal dont il a été le témoin ce qui l’aidera à trouver finalement sa place dans ce nouvel environnement à accepter sa situation et à se rapprocher des siens.
L’approche du réalisateur face à ce thème difficile, sur fond de grisaille, de béton et de sorties nocturnes, repose sur les actes et les rencontres plus que sur les dialogues qui se font rares dans cette histoire. Il offre une vision minimaliste et réaliste, de la situation en se penchant surtout sur la douleur et le mal de vivre de ses personnages. Anne-Marie Cadieux est à la fois digne et touchante dans le malheur qui la frappe. Zacharie Chasseriaud préfère se taire et déambuler dans la ville, avec une seule obsession en tête, repartir au plus vite en France. Quant à Aure Atika, sous son apparente indifférence envers son fils, qui en vérité est une protection, une carapace pour ne pas sombrer, elle essaie de se reconstruire une vie avec un nouvel homme, malgré le poids du deuil encore présent.
La conclusion se fait sur une note d’espoir en direction de l’intégration sociale et de la conscience que malgré les épreuves qui arrivent, rien ne vaut la vie !