Félix et Meira de Maxime Giroux

Avec Martin Dubreuil, Anne-Élisabeth Bossé, Benoît Girard, Hadas Yaron, Luzer Twersky et Melissa Weisz.

félix et meiraFélix (M.Dubreuil) est un hurluberlu francophone sans le sous, dont le père fortuné (B. Girard) est mourant. Meira (H. Yaron) est une jeune femme juive hassidique mariée et mère d’un enfant, à la recherche de nouveauté.

 

Durée : 1h45
Distribution : FunFilm
En salles depuis le 30 janvier 2015

Par Corinne Bénichou

C’est l’histoire d’un amour impossible entre deux êtres qui veulent s’abreuver de ce qu’ils ne connaissent pas, deux êtres issus de deux communautés distinctes, fermées et ouvertes à leurs façons. Ces dernières entreront en conflit et tenteront de s’apprivoiser.

Le Mile-End est un quartier multiethnique situé en bordure d’Outremont à Montréal. Il accueille les Juifs les plus orthodoxes au monde, après Jérusalem, New York et Londres. D’ailleurs au début du 20e siècle, la ville était connue sous le nom de la petite Jérusalem.

Les premières images sur la prière du shabbat donne un  accès privilégié au spectateur et permet de montrer ensuite quelques interdits, parmi les nombreux qui existent au sein de cette congrégation particulière, grâce à Luzer Twersky alias Shulem (le mari) qui en a longtemps fait partie mais qui l’a quittée.

Avec son esprit rebelle, le personnage de Meira (certainement issue d’une famille religieuse et dont le mariage sans amour a été arrangé et décidé par les deux clans) transgresse l’un des plus importants préceptes, en refusant de procréer plusieurs enfants. Elle n’est pas heureuse, seule sa fille et le dessin la réconfortent. Les deux métaphores (le nœud du bas blanc et la souris pris au piège) représentent bien sa détresse. Sa rencontre avec Félix va aiguiser son désir d’ailleurs. Le jeune homme a également un problème de communication et de non dit avec son père. Leurs sentiments l’un pour l’autre va les mener à Venise où les dernières paroles de Meira laissent un doute sur la solidité et la durabilité du couple.

Par une approche sobre et respectueuse dans ce monde méconnu, le réalisateur (Demain, Jo pour Jonathan) installe tranquillement la situation en restant attentif aux premiers émois que partagent ces deux êtres brisés que tout sépare, aussi bien leurs confessions que leurs cultures et leurs langues. Par son jeu de contrastes, le film explore cette surprenante cohabitation, qui va bien au-delà des barrières culturelles.

Prix du meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto (TIFF) 2014
Louve d’or au Festival du Nouveau Cinéma (FNC) 2014.

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