Jusqu’au 21 mars 2015
Supplémentaires mardi 24 mars à 19 heures et mercredi 25 mars à 20 heures.
Texte et mise en scène d’Olivier Choinière
Conseil dramaturgique de Jean Marc Dalpé
Scénographie de Jean Bard
Machiniste de plateau, Éric-William Quinn
Création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et de L’Activité
Avec Frédéric Blanchette, Muriel Dutil, Amélie Grenier, Alexane Jamieson, Brigitte Lafleur, Steve Laplante et Alexis Plante.
Une famille réunie autour d’un repas. France (M. Dutil) et ses enfants (S. Laplante, B. Lafleur, F. Blanchette) parlent de tout et de rien sans véritablement s’écouter. Les discussions s’entrecoupent, les sujets s’entremêlent. Chacun tente d’identifier un responsable aux maux qui rongent la société québécoise. Mais jamais une seule personne ne peut être tenue responsable de toutes ces misères. Il faut donc constamment renouveler la figure qui a le pouvoir de rassembler dans la mesure où elle répond à un besoin collectif de s’en prendre à quelqu’un, quitte à faire d’un proche le coupable à condamner.
Par Corinne Bénichou
Ce suspens teinté d’humour noir met en scène des personnages résolument ancrés dans l’actualité. Plongeant le public au milieu d’une, voire deux ou trois, conversations mélangeant politique, religion, drames, criminalité et pouvoir versus qualité des media aux histoires et anecdotes de la journée, la famille concoctée par l’auteur est le reflet peu flatteur de ce que la société québécoise est devenue aujourd’hui.
Les échanges entre protagonistes, qui passent en revue plusieurs clichés tenaces, n’en sont pas vraiment puisque chacun essaie de démontrer le bien fondé de sa réflexion sans prendre en considération la pensée de l’autre. Dans ce chaos structuré où toutes les prestations sont d’une justesse et d’un naturel impressionnants, il est impossible pour l’oreille de tout capter, il faut donc choisir quels arguments écouter, ce qui rend l’exercice parfois difficile et frustrant pour le spectateur !
Par contre, la scénographie (scène pivotante qui montre, selon la situation, la salle à dîner, le salon ou le balcon donnant sur la cour) permet des changements de scènes et de lieux avec fluidité.
Pour terminer, les deux métaphores importantes dans cette pièce se trouvent au niveau de l’écureuil et de la conjointe de Daniel. La première prouve, s’il le fallait, que le prédateur le plus dangereux, dans ce bas monde, est l’homme. La seconde se rapporte à la position (de dos à la salle) et à la force tant mentale que verbale du personnage d’Amélie Grenier, en imposant son discours, qui peut être qualifié de monologue, à ses partenaires. Ironie du sort ou juste retour des choses ?
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