Elle l’adore de Jeanne Herry

Avec Laurent Lafitte, Sandrine Kiberlain, Pascal Demolon, Olivia Côte, Nicolas Bridet, Sébastien Knafo, Muriel Mayette et Benjamin Lavernhe.

elle l'adoreMuriel (S. Kiberbain) est esthéticienne. Elle est bavarde, un peu menteuse, elle aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis vingt ans, elle est aussi admiratrice inconditionnelle du chanteur à succès Vincent Lacroix (L. Lafitte). Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie. Une nuit, son idole sonne à sa porte et sa vie bascule. Elle est entraînée dans une histoire qu’elle n’aurait jamais osé inventer !

Durée : 1h44
Distribution Axia Films
En salles depuis le 3 juillet 2015

Par Corinne Bénichou

Les premières images montre une jeune femme racontant une blague, mais l’aventure qu’elle vivra ensuite sera beaucoup moins distrayante. En effet, au fil du récit, le ton léger fera place à une tension montante. Son manque de crédibilité lui nuira puis la sauvera du trouble dans lequel elle se trouve à cause de son idole. L’engrenage policier qui suit pourrait bien broyer les deux protagonistes, mais les problèmes sentimentaux des enquêteurs prennent le pas sur leur vie professionnelle, à l’avantage des suspects. Entre polar et comédie, cette première œuvre est vraiment efficace.

L’excellente prestation de Sandrine Kiberlain donne à son personnage une force insoupçonnée et une ampleur de jeu très éloquente. La scène de la garde à vue est jubilatoire. Laurent Lafitte en chanteur populaire, adulé de la gente féminine, est un mélange astucieux de Julien Clerc pour l’habillement et la logique familiale (la réalisatrice est la fille de l’artiste) et de Patrick Bruel pour le poker, la constitution physique et le clin d’œil relatif au rendez-vous place des grands hommes.

« Elle passe sa vie à l’attendre / Pour un mot pour un geste tendre / La groupie du pianiste… Elle le suivrait jusqu’en enfer… Elle l’aime, elle l’adore… » chantait Michel Berger dans son succès de 1980 auquel Jeanne Herry fait référence dans le titre. Dans ce sens, la cinéaste montre habilement jusqu’où l’être humain est capable d’aller par dévotion et comment certaines personnes usent et abusent de leur ascendance.

La coutume est de maquiller un meurtre en simple accident. Ici, c’est le contraire ! Un bon moment de cinéma qui offre une conclusion libératrice, même si elle est à la limite de la moralité.

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