Le voyage est un divertissement ! Pour qu’il le reste, il faut bien préparer son itinéraire, connaître les bons et les mauvais plans, mais surtout le style d’aventure qui vous intéresse vraiment…
Par Corinne Bénichou
Entre l’archéologie, la gastronomie, les plages, les expositions, le désert, la plongée et bien d’autres activités, la Tunisie offre plusieurs circuits.
Tunis, Carthage, Sidi Bousaïd, Garmath, Hammamet, Sousse et Tozeur ! C’est un périple du Nord au Sud qui vous est proposé, mais avant de le découvrir, voici quelques informations générales :
Trois avantages à séjourner dans ce pays, l’accueil, la langue et l’histoire culturelle. Ce n’est pas un mythe, les Tunisiens sont gentils et serviables. De plus, le Français est présent partout.
Les relations humaines, professionnelles et touristiques entre Québécois et Tunisiens sont très fortes en 2016, malgré les derniers problèmes subis, alors pourquoi ne pas allez constater par vous-mêmes en évitant d’écouter les rumeurs alarmistes.
Sur ses onze millions d’habitants (mélange de Libanais et de Berbères), un million et demi vivent dans la capitale intra muraux et trois millions dans le grand Tunis qui compte quinze banlieues dont Gammarth cité balnéaire à vingt minutes au Nord (1).
Le drapeau date du milieu du dix neuvième siècle. Le rouge représente le sang des martyres, le croissant est l’emblème du monde musulman et l’étoile forme les cinq piliers de l’Islam.
Sur la route, les panneaux sont écrits en Arabe et en Français. Depuis l’indépendance proclamée le 20 mars 1956, La loi tunisienne impose les deux langues.
Les transports en commun sont les autobus, le tramway et le train (trop peu développé), mais les Tunisiens ont tous (ou presque) une auto. Attention, ils conduisent de façon étonnante et souvent audacieuse à la limite de l’imprudence. Il est à gager qu’ils vous feront souvent peur par leur témérité. D’ailleurs une blague circule à leurs propos. Les moins nantis empruntent régulièrement des taxis de couleur jaune qui vous évoqueront ceux de la Grosse Pomme.
Comme en République Dominicaine, il y a de très belles maisons, mais aussi plusieurs sont inachevées, voire laissées à l’abandon faute d’argent.
Tunis
Les rues sont larges et bien entretenues. Le centre-ville (avenue Habib-Bourguiba et avenue de France) avec ses terrasses, son horloge place de la Révolution, éclairée le soir de l’intérieur et sa grande allée piétonne offre à la population, dont quarante pour cent a moins de vingt cinq ans, une belle opportunité de se distraire.
Saint-Vincent-de-Paul
Le prêtre français (fondateur des Lazaristes et des filles de la Charité) vendu comme esclave, devenu bienfaiteur a donné son nom à la cathédrale. Elle est située un peu plus bas sur l’avenue de la Marine. Bâtie dans un style romano byzantin en1881, elle a été inaugurée en 1897. Un pour cent des Tunisiens chrétiens viennent de l’extérieur du pays. La communauté locale a disparue vers le treizième siècle.
Le théâtre municipal
De style Art nouveau, il a été inauguré le 20 novembre 1902. Partiellement démoli en 1909, il est transformé et agrandi pour être inauguré à nouveau le 4 janvier 1911. Une rénovation totale est effectuée en 2001 en vue de son centenaire.
www.theatremunicipal-tunis.gov.tn
Rue Charles de Gaulle
L’ancien quartier français abrite un marché à ciel ouvert dans lequel vêtements et objets de toutes sortes sont placés directement à terre.
La médina
C’est la vieille ville autrefois fortifiée. Seule la porte principale a été conservée. Au hasard de ses ruelles , des masques touareg, du henné en poudre (tiré des feuilles provenant de l’arbre Mignonette), différentes épices
typiques, des vêtements, des bijoux* et de multiples souvenirs sans oublier les fumeurs de narguilé dans le grand souk des chéchias. L’un d’entre eux a gentiment pris le temps d’expliquer le fonctionnement :
Le charbon est posé au dessus, le tabac (aromatisé à la menthe, à la pomme et/ou autres saveurs) est à mis à l’intérieur. Au pied se trouve l’eau. Le tout procure une boucane blanche parfumée.
La grande synagogue
Elle se trouve au 36, boulevard de la Liberté dans le quartier de Lafayette. Mise en travaux en juin 1933, elle est inaugurée le 23 décembre 1937. Elle est parfois ouverte aux visiteurs, même si les célébrations y sont de plus en plus rares.
Il est à savoir que la communauté juive a trois mille ans d’histoire en Tunisie. Estimée à environ cent mille individus en 1948, elle n’est plus que de mille cinq cents en 2003 et vivant principalement à Tunis, avec des petites congrégations à Djerba, Sfax, Sousse et Nabeul.
Le musée Bardo
En 1881, le roi Ali Basha offre son palais pour créer un musée. Il se situe dans le quartier du même nom. C’est le plus ancien et le plus grand édifice recelant une collection de mosaïque et d’artéfacts.
Après les attentats du 18 mars 2015, une mosaïque a été conçue à la mémoire des vingt deux victimes, sans oublier le chien policier qui a tenté d’arrêter les terroristes. Une plaque commémorative
Les drapeaux des pays concernés ainsi qu’une plaque commémorative avec les noms et nationalités sont installés en permanence dans l’entrée. En fait, c’est le Parlement, situé en arrière, qui était visé ! Depuis la sécurité a été renforcée.
Depuis 2015, les croisières ne s’arrêtent plus au port de Tunis. La plupart des victimes et des blessés étaient des croisiéristes !
Dans la petite salle de réception, vous découvrirez l’époque romaine où les artistes gagnaient l’équivalent de deux poules (deux dinaris) pour leurs travaux. Seuls les nobles et les riches pouvaient s’offrir ces ornements, immenses sources d’informations historiques, comme les quatre saisons avec Neptune ou Posseïdon (selon les Romain ou les Grecs) avec son trident ainsi que les différents oiseaux, poissons, fruits, entre autres,
en guise de nourriture.Certaines couleurs (en particulier, le bleu et le vert) sont en pâte de verre (synthétique) car la roche, qui sert à faire la mosaïque, n’en procure pas. Dans la salle d’Ulysse, son odyssée.
Les décorations blanches, de la grande salle de réception, sont en plâtre sculpté posé directement sur les murs et les plafonds
L’un des joyaux est Virgil tiré du verset 8 et 9 datant du premier siècle avant Jésus-Christ. Les deux muses expriment la tragédie, la littérature et l’histoire.
La Goulette
Située à une dizaine de kilomètres au nord-est, elle est le principal port du littoral tunisois après la destruction des installations portuaires de Carthage au début de la conquête arabe.
Rendue célèbre par l’humoriste Michel Boujenah. Aujourd’hui, outre son port accueillant autant les croisières que les bateaux de pèche et sa longue plage très appréciée, les principaux commerces sont ses réputés restaurants de poissons et ses divers hôtels. Dans la rue principale, une petite synagogue et quelques boutiques casher sont encore implantées.
Carthage
La ville comptait sept cent mille habitants entre le cinquième et le troisième siècle avant Jésus-Christ. Aujourd’hui, elle n’en compte plus que dix mille et est devenue une des banlieues de Tunis alliant politique et argent.
La capacité de l’îlot de son port militaire est de deux cent vingt navires de guerre.
Les thermes d’Antonin
Ils datent du douzième siècle, portent le nom d’Antonin le Pieux et sont édifiés sur le bord de mer, au bas de la colline actuelle de Borj Djedid. C’est le plus vaste ensemble thermal romain construit sur le sol africain.
Le seul bâtiment, dans lequel subsistent quelques vestiges au rez-de-chaussée qui constituait les espaces de service, est encore visible, malgré la prédation féroce qui a sévi sur le site archéologique et l’a dépouillé de ses matériaux.
Un tel complexe nécessitait un approvisionnement en eau important et surtout régulier. Il était donc alimenté par l’aqueduc de Zaghouan, du nom du Djebel Zaghouan situé à soixante dix kilomètres, qui apportait environ 30 000 mètres cubes par jour à partir de son édification à l’époque de l’empereur Hadrien.
Ses cent trente deux kilomètres, à la fois souterrains et aériens, ont apporté de l’eau aux Tunisiens pendant sept siècles. Ils avaient une inclinaison de onze degrés et comprenaient quinze réservoirs connus sous le nom de citernes de Malaga (les suspendues) dont chacune contenait trente mille mètres cube.
Sidi (saint) Bousaïd
La ville en blanc et bleu. La couleur blanche reflétant la lumière, il y règne une luminosité extraordinaire.
C’est le baron Rodolph d’Erlanger (banquier français ayant vécu au dans les années vingt), qui a instauré cette couleur pour les portes et les fenêtres des maisons de la place puis sur tout le territoire ! Le décret, demandé par le riche propriétaire, date des années trente.
La citée, fondée à la fin du douzième siècle, a été construite sur un promontoire (Djebel Menara appelé aussi El Marsa) d’où ses rues montantes et descendantes. Il faut avoir des bonnes jambes et un bon souffle pour la visiter mais la vue en vaut l’effort !
De son nom complet Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya el-Tamini el-Béji se retire sur le Djebel Menara à la fin de sa vie, pour monter la garde depuis le phare et y enseigner le soufisme. Il est alors surnommé maître des mers à cause de la protection que les marins, naviguant à proximité, pensent recevoir. Il meurt en 1231 et est enterré sur cette fameuse colline.
Des traces archéologiques repérées sur le versant nord laissent penser qu’un mur d’enceinte contournait alors l’endroit.
Un mausolée (zaouia) a été érigé en sa mémoire et depuis la localité porte le nom de Sidi (saint) Bousaïd.
Le centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes
Au 8 rue du 2 mars 1934, la maison (l’étoile filante), placée sous la tutelle du ministère de la culture, a vue sur la Méditerranée et le port de plaisance ! Vous y trouverez de nombreuses pièces sur deux étages dont le hammam, la salle de peinture (où sont déposés divers instruments de musique) avec les autoportraits des maîtres des lieux, les chambres de Madame (qui donne sur le jardin persan) et de Monsieur plus petite mais néanmoins très agréable. La visite dure environ trente minutes.

Il a fallu une décennie (1912/1922) et plusieurs milliers d’ouvriers pour bâtir ce palais, ainsi que de nombreux artistes locaux pour la décoration. Celui-ci s’étend sur cinq hectares.
www.cmam.tn
www.ennejmaezzahra.tn
Le café des Délices

Chanté par Patrick Bruel le fameux café est construit sur les hauteurs avec vue sur la baie. Il se trouve au bout de la rue Chebea Ane
La maison Dar El Annabi
Édifiée à la fin du dix huitième siècle. Cette ancienne demeure familiale est, aujourd’hui, un petit musée(2). L’intérêt étant de se plonger dans le passé.
Dans la cour intérieure, de style andalou, trône une fontaine. Jasmins et bougainvilliers se partagent les murs. Il y a même un Mignonette qui pousse au pied de l’escalier . Celui-ci mène aux terrasses offrant un panorama splendide.
Gammarth
Centre de Réhabilitation des Métiers d’Art
C’est la fille de Sadika Keskes qui vous recevra avec le sourire et sa connaissance de ce métier si particulier !
Elle explique comment du verre récupéré et concassé (pour accélérer la fonte) est mis dans un four de fusion à mille deux cents degrés pour en faire une forme, puis travaillé à chaud pour obtenir un objet.
D’un côté, les employés fabriquent des moules, la plupart du temps en fer forgé, la marque de commerce de la propriétaire du lieu étant la combinaison verre/métal.
À la sortie de la cuisson, une autre technique peut être effectuée, appelée la coupe à froid. L’objet est mis dans un autre four à sept cents degrés qui baisse au fur et à mesure du temps (au total douze heures pour un objet épais et imposant, huit heures s’il est mince et petit) pour ne pas subir le choc thermique, ce qui briserait le verre.
Il y a des verres qui sont réalisés et finis à chaud comme la vaisselle par exemple. Par contre, certains luminaires et articles décoratifs sont finis à froid.
Les souffleurs ont minimum trois ans d’expérience. Ils travaillent à aire ouverte et maximum cinq heures par jour, ce qui se comprend puisque le travail est soumis à une haute température.
«Qu’il soit de luxe ou utilitaire le verre est utilisé dans le monde entier. Actuellement, nos produits sont vendus à la boutique de l’aéroport, en Crête et à Nice en France. Nous avons le projet de développer notre franchise au Maghreb et à l’International » dixit la demoiselle
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Retrouvez les vidéos de ce voyage sur www.facebook.com/Sur-la-route-1727800047463188/
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* C’est de l’or à neuf carats
(1) Hôtel le Regency
(2) Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 19h. L’entrée est de quatre dinars
