Le Pavillon pour la Paix du Musée des beaux-arts de Montréal

lmba logo blancJusqu’au 15 janvier 2017, visitez la collection d’art international, allant du Moyen Âge aux années deux mille, dans son nouvel écrin, le Pavillon pour la   Paix Michal et Renata Hornstein.

Par Corinne Bénichou

Ce nouveau pavillon est le cinquième édifice du campus muséal, consacré à l’art international et à l’éducation. Il rassemble plus de sept cent cinquante œuvres redéployées sur quatre galeries, des maîtres anciens à l’art contemporain dont cents tableaux donnés par les Hornstein au cours de leur vie.

Un parcours de créations d’artistes contemporains intitulé le Sentier de la Paix ponctue le circuit. Les six étages bénéficient d’une architecture lumineuse et de scénographies originales. L’édifice abrite également, sur deux niveaux, en plus des ateliers existants du pavillon Desmarais, le nouvel atelier international d’éducation et d’art thérapie Michel de la Chenelière, le plus grand complexe éducatif dans un musée d’art en Amérique du Nord.

Lpavillon-paixa superficie totale de ce pavillon est de quatre mille neuf cent cinquante huit  mètres carrés et il célèbre le trois cent soixante quinzième anniversaire de Montréal. Plusieurs nouveaux espaces logistiques accueilleront en outre les participants aux activités éducatives, en hausse croissante et en nombre record au Canada. Il s’agit du plus grand espace du genre aménagé dans un musée d’art en Amérique.

Avec l’ajout de près de cinq mille mètres carrés répartis sur six étages, la superficie totale du complexe atteint aujourd’hui cinquante trois mille mètres carrés. Objet d’une croissance fulgurante et de deux agrandissements en cinq ans, le musée a ainsi doublé son public et augmenté sa superficie de trente pour cents. Sa qualité architecturale renforce la place et l’engagement de Montréal au niveau du design. La direction muséographique, artistique et scénographique est assurée par Nathalie Bondil, en collaboration avec Sandra Gagné et avec le soutien d’Hilliard T. Goldfarb et de Sylvain Cordier.

couple-orsteinRescapés de l’Holocauste Michal et Renata Hornstein sont venus s’établir au Québec en 1951. Ils ont laissé à leur terre d’élection un legs immense dont une centaine de tableaux ainsi que d’importantes contributions financières, dans beaucoup d’institutions liées aux secteurs de l’éducation et de la santé.

Avant leur décès, le couple  a confirmé son plaisir de partager ses oeuvres d’art préférées avec les visiteurs. « En tant que survivants, nous voulions que le Pavillon pour la Paix soit un lieu harmonieux et sûr, où les gens du monde entier puissent non seulement admirer des oeuvres, mais aussi apprendre à travers l’art, et même guérir grâce à lui. Nous appuyons sans réserve la mission humaniste que Nathalie Bondil a donnée au musée, car nous savons que l’art a le pouvoir de rassembler les personnes et de favoriser la compréhension, la tolérance et le dialogue, audelà des fossés les plus profonds. »

Norbert et Sari, leurs enfants, déclarent à leur tour « Nos parents vivaient leur vie en grand. Ils ont profité au maximum des occasions qui se présentaient à eux. Ils ont tant vécu, tant accomplis, tant donné. Pour nous, ils ont été des modèles inspirants. Ils étaient des êtres exceptionnels, mais ils formaient un couple tout aussi exceptionnel. Ils étaient des Montréalais qui adoraient leur ville adoptive et qui ont contribué à en faire un endroit où il fait bon vivre. »

Le parcours sur chaque étage :

– Cents oeuvres au niveau quatre : Du Moyen Âge à la Renaissance – Cent cinquante oeuvres au niveau trois : Le Siècle d’or – Deux cent trente oeuvres au niveau deux : Du Baroque à Napoléon – Deux cent soixante oeuvres au niveau un : Du 19e à l’an 2000

pavillon-paix-escalierL’architecture imaginée par l’atelier Tag déroule un escalier événement qui se déploie en pleine lumière. Celui-ci donne lieu à une promenade qui ouvre sur l’environnement urbain. Il a été créé un parcours parallèle pour inviter l’art actuel, qui s’articule en fonction des récits historiques. Les commandes ponctuent les entrées, tels des écrans devant l’écrin, constituant à la fois des portails et des pare-soleil, tout en évitant de bloquer la monumentalité des ouvertures. L’idée d’inviter les cinq artistes sélectionnés pour le un pour cents à travailler sur le thème de la paix dans le cadre de cette compétition en art public, était escalier-pavillon-paixséduisante. C’est pour cette raison et au nom de cette valeur précieuse que qu’il a été conçu le Sentier de la Paix, en faisant en sorte que chacun d’entre eux adapte son projet aux différents niveaux afin d’établir un dialogue dynamique avec le passé.

beaulieuSi Patrick Beaulieu a remporté le concours à l’unanimité, Martha Townsend, Patrick Coutu, Yannick Pouliot et Roberto Pellegrinuzzi, ont aussi, reçu des commandes.


À
la monumentale suspension de JeanMichel Othoniel, Le Noeud Pivoine, emblématique de la vocation de ce pavillon dédié au mieux-être, se sont ajoutées les sculptures symboliques perles-pavillon-paixd’Antony Gormley, Kiki Smith, Éric Fischl et Claudio Parmiggianni, ainsi que les oeuvres vidéo signées par John Oswald, Glenda Leon, Jacques Perron et Nadia Myre, ou encore les installations lumineuses acquises auprès de Barbara Steinman et de Mathieu Beauséjour.

Paradoxe du aux impératifs de la conservation des oeuvres anciennes qui n’aiment pas le soleil, les galeries se découvrent dans une boite opaque sise au coeur d’une architecture ensoleillée, la coquille des architectes.

Chaque étage ménage un plateau vide, une boite à scénographier en toute liberté. Le parcours pourra ainsi être complètement réadapté dans les années futures au gré de la vie du musée et ce avec un minimum de contraintes. Le parcours chronologique se déploie de l’étage le plus haut à l’étage le plus bas. Comme dans les autres pavillons, il va du plus ancien à l’ère contemporaine.

nef-moyen-ageLa Nef du Moyen Âge est ponctuée de quatorze immenses arches de quatre mètres et sept centimètres de hauteur en acier corten, pesant chacune rois cents kilogrammes, soit quatre tonnes. Tout un défi ! Celles-ci évoquent les arcs brisés gothiques et offrent une perspective sur une intrigante meurtrière. Cet espace majestueux et théâtral expose la modeste collection d’art roman et gothique. Il s’avère néanmoins propice aux comparaisons stylistiques et au récit de l’évolution de l’architecture du décor grâce aux maquettes qui y sont présentées et qui regroupent un ensemble d’œuvres allant des superbes vitraux anglais jusqu’aux fresques de la Renaissance. Dans un salon, le nouveau né de Kiki Smith évoque la naissance de l’artiste après l’anonymat associé aux temps médiévaux. Cette période est structurée en trois temps. L’ampleur de l’espace architectural est conservée grâce aux cimaises configurées graphiquement par des lignes d’acier laminé à chaud, la pierre de taille et le chêne blanc contribuent à mettre en valeur les vitrines. La salle du Quattrocento expose les cinq panneaux catalans aussi rares que précieux.

Une série de madones montre de façon ostensible l’évolution du style médiéval qui passe du hiératisme hiératique à une forme plus humanisée. L’art religieux s’impose ici avec une croix processionnelle qui est brandie dans la pièce, révélant la perte (ou le vol ancien) d’une pierre sur sa partie arrière. Bien que destinée à être placée contre un mur, l’effigie d’un évêque est ici présentée sur tous ces côtés, permettant ainsi d’observer la technique de la taille dans le tronc. Acmé du classicisme, le tondo d’Albertinelli, acquis avec le soutien des Hornstein, flotte dans la cimaise centrale tel un chevalet.

st-sebastienLe Saint Sébastien sculpté par Riemenschneider, une oeuvre rare, ouvre le second acte, celui de la Renaissance dans le Nord. Le profil de la collection est ici rehaussé grâce aux dons de la famille Isenbrandt et Pourbus Hornstein et à des prêts de collectionneurs privés, récemment acquis sur le marché de l’art. Un Gérard David émouvant ou un portrait de Érasme par Holbein, le père de l’humanisme.

Le troisième acte consacré au Cinquecento offre un salon pour se reposer, admirer, converser… La collection dans cette section s’est enrichie grâce aux legs de la famille Hornstein et à des acquisitions relativement récentes, comme dans le cas de Paolo Caliari dit Véronèse. Remarquez au passage un nouveau tableau de Pepyn, plein d’humour, restauré et exposé ici. Pour la première fois, depuis sa restauration, un tableau spectaculaire de l’école de Vasari, La circoncision, est prêté par l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal.

En sortant des galeries dans la lumière éblouissante, vous découvrirez devant un belvédère panoramique, embrassant à la fois la montagne et le fleuve, une impressionnante sculpture de Gormley qui se détache sur la ville comme un homme en construction et fait écho à l’humanisme de la Renaissance.

Le Sentier de la Paix vous conduit devant la lune rousse de Martha Townsend, éclipse de terre projetée sur la lune. Cet autoportrait de l’humanité réfère au géocentrisme médiéval qui cède à l’héliocentrisme de la révolution copernicienne. Il est le lien vers le palier où une première composition de Patrick Coutu présente une comète installée sur les baies vitrées. Ici, l’astronomie prend le pas sur l’astrologie et la science commence à l’emporter sur la croyance. Un impressionnant relief illustrant une éruption solaire complète ce diptyque. Quoi de plus pertinent pour introduire au Siècle d’or et au cabinet de curiosités.

The Blind Fiddler 1806 by Sir David Wilkie 1785-1841La donation Hornstein prend, au troisième étage, tout son sens avec une installation qui évoque le salon d’un collectionneur. Une grande partie des tableaux présentés reflète leur goût pour l’art hollandais. Paysages de toutes sortes, peintures caravagesques, vanités et natures mortes. Sans leur contribution, cet étage serait à moitié vide. Un salon invite à regarder les superpositions de tableaux dans l’esprit d’un cabinet de collectionneur. Vous y découvrirez notamment des petits panneaux sur lutrin dont un Wilkie, clin d’oeil romantique aux scènes de genre hollandaises ! Ici, mieux vaut se référer à l’album du souvenir publié pour découvrir les richesses de ce don. Remarquez l’encadrement auriculaire réalisé pour le chef-d’oeuvre d’Emanuel de Witte, superbement restauré. De tels cadres étaient recherchés par leur surcharge décorative et le miroir placé au dessus du virginal invite à une mise en abyme dans le tableau. Quant au précieux prêt d’un panneau sur le Printemps printempsréalisé par Brueghel le Jeune, il constitue le pendant à la scène d’hiver du même artiste. Une oeuvre vidéo de Oswald humanise par ailleurs le Portrait de jeune fille de Rembrandt en l’incarnant à une époque plus proche.

Placer un cabinet de curiosités au coeur du dispositif muséal était souhaité. Ces lieux sont à l’origine de l’idée d’un musée universaliste avec ses collections, qui invitent à l’émerveillement et à l’exploration du monde. Ces cabinets sont une référence directe à l’Histoire, mais aussi à la mondialisation des échanges et au développement des sciences. Les curieux, c’est à dire les penseurs et collectionneurs européens, nourris des idées humanistes, cherchaient à recréer l’immensité d’un monde nouveau dans leur intimité en regroupant leurs collections. La Hollande était alors à l’avant-garde d’un système capitalistique. Grâce à son emprise sur les mers du globe, elle régnait en tant que puissance économique. Dans l’écrin d’un calepinage en menuiserie raffinée, cet octogone présente une remarquable sélection de natures mortes qui réfèrent aux cientifica, naturalia, exotica, mirabilia et aux memento mori. Les grandes lipman-vanitedécouvertes de l’époque poussent à la réflexion philosophique sur la place de l’homme dans le monde et sa petitesse face à la profusion d’une divine création. La vanité de verre contemporaine de Lipman qui complète le tout semble y faire écho devant un mur religieux.

homme-bronzeEn sortant de la galerie, le Sentier de la Paix conduit à une bouleversante sculpture en bronze, patinée de feu, par Fischl suspendue dans sa chute sur fond de gratte-ciel. Un hommage aux victimes du onze septembre… Plus bas, le monumental et emblématique Noeud Pivoine de JeanMichel Othoniel irradie au-dessus de la ville.

napoleon-pavilon-paixAu deuxième niveau, privilégiant une approche stylistique, allant du Baroque au Rocaille d’une part et du Classicisme au Siècle des Lumières d’autre part, cette salle de trois cent quarante mètres carrés, en comparaison des niveaux supérieurs de cinq cents mètres carrés chacun, se structure autour du somptueux salon Napoléon, en hommage au donateur Ben Weider, qui se retrouve au centre du parcours muséal. Dans ce salon ovale, l’effet peint reprend un motif d’une bonapartemaison de soierie impériale, alors que le laiton patiné et les placages d’acajou complètent le décor. Le lieu se divise en deux sections, une portant sur le néoclassicisme et l’autre sur la personne de l’Empereur. Les vitrines courbes ouvrent sur de précieux objets d’art décoratifs, dont la majorité sont des acquisitions récentes, remontant jusqu’à ces dernières semaines dans certains cas. En complément des anciennes pièces, deux nécessaires de voyage offerts par le sénateur Joyal et un vase orné de camés de Sèvres se retrouvent mise en valeur. Au chapitre des tableaux, trois oeuvres en prêt sortent du lot dont un spectaculaire Robert et un vibrant portrait napoleon-mortdu jeune consul Bonaparte par Appiani. Surtout, exposée pour la première fois, l’effigie spectrale de Napoléon sur son lit de mort, exécuté à Sainte-Hélène par l’officier anglais qui avait constaté sont décès, est révélée. Cette peinture d’amateur, à la Tim Burton, est incroyablement évocatrice.

Le Sentier de la paix surprend avec le faux miroir ostentatoire de Pouliot, qui renvoie à la mise en scène de l’apparat et du pouvoir par son encadrement néo-rocaille en aluminium, vanité du temps qui passe comme à l’époque des anciens miroirs au mercure ou des daguerréotypes.

roi-davidLe Roi David de Valentin qui accueille le visiteur est le premier tableau d’importance offert par les Hornstein. Plusieurs de leurs dons figurent ici : Piazetta, Zucarelli, De Troy, Lorrain, Vernet… D’autres acquisitions sont révélées, notamment un Guardi exposé pour la première fois qui fait désormais pendant à une autre toile du même ensemble décoratif, toujours en hommage aux Hornstein et ce sans oublier aussi les Baciccio, Lancret, Dardel… La cimaise des portraits anglais s’enrichit d’un tableau représentant un mari qui a traversé le Canada depuis Vancouver pour retrouver sa femme. Là encore, il y a une oeuvre qui trouve ses pendants dans cette collection avec deux tableaux réalisés par le portraitiste écossais Henry st-jerome-davidReaburn.

Par ailleurs le prêt remarquable du Saint Jérôme de David, grande toile peinte par l’artiste dans sa jeunesse à l’académie de France à Rome, un prêt qui vient de la paroisse Notre-Dame à Québec.

Le premier niveau frappe par sa spaciosité et son architecture complexe (un vrai casse-tête !) Il fait le lien entre la rue Sherbrooke et la rue Bishop, le pavillon Desmarais (construit en 1991) et le nouveau pavillon inauguré à l’automne. Il est la porte d’entrée pour le public.

Si l’aménagement des espaces a été un exercice difficile, force est de constater que le lieu ménage plusieurs surprises. La nouvelle passerelle invite à une enfilade, bordée de sculptures spectaculaires et radicales, elle raconte une histoire de la « statuomanie » qui court de l’académisme au réalisme, nouvelles acquisitions de Carriès et ce jusqu’à l’abstraction. Un tableau de Crabeels, un des premiers donnés au musée en 1877, fait figure de point d’ancrage de la collection internationale et ouvre la visite.

L’atmosphère chaleureuse repose sur un ensemble d’éléments de décoration (bois de chêne blanc au plafond, acier laminé à chaud et canapés) qui rythment des espaces intimistes. Le public est invité à traverser deux siècles. De nombreux prêts privés d’une importance majeure sont exposés en exclusivité.

lapin-blancPremière station, la salle voûtée de l’époque romantique a l’architecture d’un berceau de feuillages, comme si le visiteur entrait dans une forêt de sortilèges. Un lapin blanc à la Lewis Carroll invite à passer de l’autre côté du miroir… Romantisme troubadour ou noir, les projections suggèrent ici une atmosphère nocturne grâce aux technologies du mapping. Une première dans une collection permanente ! Cette collection s’est considérablement enrichie grâce aux acquisitions récentes (Chassériau, Ducis, Waldmüller, Isabey, Hébert, Navez) présentée pour la première fois et dont plusieurs cadres ont été refaits.

clair-de-luneUn subtil clair de lune de Joseph Wright of Derby offert par les Hornstein renvoie à l’esthétique des ruines d’un Arnold Böcklin qui a été prêté.


D
euxième station, le Salon de la Belle Époque, de couleur rouge bien entendu, avec des socles en acajou et laiton patiné, joue l’accrochage en hauteur autour de plusieurs thèmes. Les contrastes d’une misère urbaine sociale, l’importance de la religion, la peinture militaire (avec des tableaux de la collection napoléonienne, des toiles orientalistes sur un mur, des motifs délicats de l’Alhambra destinés à BenjaminConstant) ont été étudiés et restaurés.

La troisième station montre la révolution impressionniste depuis Barbizon jusqu’au néo impressionnisme. De nouvelles acquisitions (deux Guillaumin et un bronze posthume de Rodin), des oeuvres restaurées, étudiées et réévaluées, ainsi que des prêts spectaculaires sont exposés. Au centre se déploie un salon musical autour du wagnérisme et de FantinLatour. Un clin d’oeil à la peinture québécoise avec Cullen et ses Porteurs d’eau, nouvellement acquis, illustre la leçon impressionniste.

La quatrième station s’organise autour des avant-gardes modernes, avec un bronze de Miro, nouvellement donné, exposé et placé en écho aux jeux de mains surréalistes. Différentes filiations sont explorées du Canadien Morrice à Matisse. Le don d’une nature morte signée par Smith, un fauve anglais, cohabite avec une oeuvre de Sickert. S’ajoute la promesse de don d’un tableau-vlaminckVlaminck de 1905, d’une importance capitale tant l’art moderne reste inaccessible financièrement ! Le Dali, à nouveau présenté recto verso, sans oublier d’autres prêts aussi importants que précieux comme Bourdelle, Chirico, Metzinger, Vallotton, Masson

Une cinquième station, avant de rentrer dans le nouveau pavillon, évoque l’atelier du sculpteur, par le biais d’un cabinet ou d’une table présentant des petits bronzes et autres céramiques de Picasso, un jeu d’échecs de Dali, des pièces d’argenterie par echecs-de-daliErnst, un bronze doré par Arp, des maquettes de Moore, des fontes uniques de Richier ou recyclés par César, des bronzes expressifs par Chadwick, des Marini et Giacometti. Un goût pour les objets renforcé par des natures mortes de Picasso et Nicholson.

Enfin, certains chefs d’oeuvres (en réserve à cause de leur taille) se retrouvent sur le plancher d’une salle immense. C’est un atout de taille pour conclure cette histoire qui vous amène jusqu’aux portes de l’art actuel, soit les années 2000. Ce parcours se poursuit au S2 du pavillon Desmarais suivant une rotation d’expositions des collections.

Travaillant sur les filiations, autour d’influences croisées et de dialogues, le parcours explore en parallèle un bref historique de l’art figuratif et de l’abstraction, depuis l’après-guerre jusqu’aux années deux mille. Il inclue des acquisitions récentes (Stella, Dine, Wesselmann), exposés pour la première fois. Plusieurs prêts de maîtres américains (Warhol, Rothko, Motherwell, Gottlieb, Mitchell, Guston…) complètent l’ensemble. Une des singularités de la collection, sur le continent américain et au Canada, tient au fait d’avoir en sa possession des oeuvres d’artistes européens et français souvent absents des espaces muséaux comme Erro, Rebeyrolle, Mathieu, Vasarely, Spoerry, Soulages, Saint Phalle et le japonais Kudo. Ces ponts entre deux rives proposent une autre lecture en lien avec la venus-mtlNouvelle Figuration, le Nouveau Réalisme, l’École de Paris et ses suiveurs… Des filiations de Picasso à Basquiat, de Matisse à Avery ouvrent un espace de dialogue qui est mis en valeur. Clin d’oeil humoristique à l’entrée ou à la sortie, c’est selon, un Tansey figuratif Action painting invite à deux parcours, l’abstraction ou la figuration. C’est la Vénus de Montréal par Parmiggiani qui conclue ou débute le tour. Qui d’autre qu’un artiste pouvait la baptiser ainsi…

« Le noir est une couleur » disait Matisse. Échappée dans la narration, une boite noire évoque la force de l’art, catharsis pour certains, réconfort pour d’autres, en tout cas réflexion pertinente dans un pavillon où les programmes en art thérapie sont plus que présents. « Autour de la force de cette couleur lumières des artistes ont créé des œuvres réparatrices, celles de Giacometti et Beuys notamment, ou évocatrices dans le cas de Segal et Boltanski. » selon Soulages

cheneliereLe Pavillon pour la Paix accueille aussi l’Atelier international d’éducation et d’art thérapie Michel de la Chenelière, l’homme est arrivé au Québec en 1969. Le vivre ensemble et le mieux-être y sont offerts aux participants, grâce aux quatre cent cinquante partenaires associatifs, socio communautaires, universitaires et médicaux.

Le premier étage, consacré aux programmes éducatifs, comprend un nouveau lounge des familles, entièrement conçu pour un jeune public. C’est également à cet étage que se situe la nouvelle entrée des groupes, munie d’un débarcadère sécuritaire pour les autobus.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAu niveau S2, l’Espace Arcenciel et le Lab numérique sont regroupés en une salle multi activités pouvant se transformer en une salle de repas de trois cents places. On y retrouve également un atelier numérique et un passage direct vers les ateliers existants du pavillon JeanNoël Desmarais.

En 2017, un vaste programme d’activités et d’expositions en lien avec la paix, conçu en collaboration avec l’université Concordia. Cette programmation réaffirmera les valeurs humanistes et l’engagement du musée pour l’art, la paix, la diversité, l’inclusion sociale et le mieux-être.

www.mbam.qc.ca/calendrier/fr 

jardin-sculpturesLa ville de Montréal, le musée et l’université Concordia ont créé la Zone ÉducationCulture, un carrefour dynamique aménagé sur la rue Bishop. Six sculptures seront ajoutées du côté sud de la rue Sherbrooke bordant le musée. Le Jardin de sculptures agrandi comptera vingt huit oeuvres.

Musée des beaux-arts
1380, Sherbrooke Ouest
Montréal
(514) 285-2000
www.mbam.qc.ca 

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