Ce musée a pour mission de faire connaître, de promouvoir et de conserver l’art québécois de toutes les périodes. De l’art ancien à l’art actuel, il assure une présence de l’art international par ses acquisitions, ses expositions et des activités d’animation.
Par Corinne Bénichou
Le 24 juin 2016, le pavillon Pierre-Lassonde, du nom de son mécène, a été officiellement inauguré. Il comporte deux étages et un sous-sol. Il abrite les salles d’exposition de treize à dix-huit, la boutique, un auditorium à sièges fixes de deux cent cinquante places et divers espaces fonctionnels.
Résolument tourné vers l’avenir, le nouveau bâtiment, de calibre international, est le quatrième pavillon du complexe muséal. Des parois de verre, installées perpendiculairement à intervalles réguliers, viennent rythmer verticalement l’impressionnante devanture.
Il a pour mission de faire connaître, de promouvoir et de conserver l’art québécois de toutes les périodes, de l’art ancien à l’art actuel et d’assurer une présence de l’art international par ses acquisitions, ses expositions et ses activités d’animation.

Dès votre arrivée dans l’immense entrée lumineuse, vous remarquerez les sofas et fauteuils de couleur rouge qui contraste avec la décoration sobre des murs et du plancher. Sur la droite, la billeterie et au fond le grand escalier dont chaque marche est dédiée aux donateurs.
Au premier étage se trouve l’art contemporain du Québec, De Ferron (Marcelle de son prénom) à BGL :Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière.*
Au deuxième, pour la première fois de son histoire, le musée consacre une exposition exclusivement au design et aux métiers d’art québécois, De la fin des années 50 à aujourd’hui. La seule exposition de ce genre au pays rassemble cent quarante cinq objets réalisés par plus d’une centaine d’artistes qui ont marqué les six dernières décennies. Les pièces, mises en espace dans un environnement sur mesure, sont présentées selon la thématique générale de L’imaginaire de l’objet et réparties en trois grandes périodes qui illustrent chacune les préoccupations et les valeurs de l’époque ainsi définie, La
communauté des arts, Deux grands rendez-vous et Usages de l’objet. Selon vos souvenirs et vos intérêts, vous serez amenés à interpréter et aussi, à apprécier ces objets qui vous rappelleront certainement un moment de votre propre existence.
Les arts Inuits sont à l’honneur avec la collection Brousseau, Ilippunga,* Découvrez une centaine d’œuvres choisies, la quatrième en importance au Canada. Les œuvres sont imprégnées par la lumière du Nord. Une scénographie audacieuse inspirée des paysages nordiques permet une toute
nouvelle appréciation de l’art inuit en mettant en valeur une sélection d’œuvres exécutées au cours des soixante dernières années, par plus de soixante artistes originaires du Nunavik (Québec), du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest.
Amenant au troisième niveau, l’escalier suspendu Groupe Canam s’avance en saillie et propose une vue exceptionnelle sur le parc avec cette impression de marcher entre ciel et terre.
The Flux and the Puddlex de David Altmejd, le sculpteur montréalais le plus connu et le plus convoité de sa génération à l’échelle internationale a désormais son lieu dans le pavillon Gérard-Morisset. Réalisée à partir de la riche collection d’art contemporain du musée, constituée de plus de neuf mille œuvres, l’exposition présente quatre vingt pièces phares créées dès 1960 par des figures incontournables de l’histoire de l’art québécois.*
L’hommage à Rosa Luxemburg par Jean-Paul Riopelle La fresque est présentée sous verre et en trois parties est le lien entre le nouveau et l’ancien musée.* Une séquence de trente tableaux, intégrés en un triptyque mesurant plus de quarante mètres de longueur, se trouve dans le Passage Riopelle agissant comme un véritable pont, entre une architecture de verre et d’acier et les bâtiments patrimoniaux, notamment celui consacré à Quatre figures de l’art moderne au Québec, dont Riopelle fait partie. Par ce passage, vous vous rendrez aux installations et aux curiosités de Vicky Sabourin, au pavillon
Gérard-Morisset pour l’art historique et Charles-Baillairgé pour l’art moderne dans l’ancien musée.
Pavillon Gérard-Morisset
Emma Albani, née Marie-Louise-Emma-Cécile Lajeunesse à Chambly, le 1er novembre 1847, décédée à Kensington, le 3 avril 1930, est l’une des sopranos les plus célèbres du 19e siècle et début du 20e, est la première cantatrice canadienne à devenir une célébrité internationale.
La salle Tradition et Modernité au Québec est consacrée au développement des arts visuels entre 1860 et 1945. Un voyage au temps des premiers salons des beaux-arts ! Faisant écho à la naissance de l’art moderne et au désir de conserver les valeurs traditionnelles, l’exposition illustre deux réalités artistiques qui s’affrontent.

En face, c’est la ville de Québec qui est racontée. Au départ, Capitale d’une colonie française (1608-1763) puis Québec, capitale d’une colonie britannique (1763-1855) et en dernier, la Vieille Capitale (1867-1900).
1. Régime français
2. régime anglais
3. débuts de la confédération
Le tout est regroupé sous le titre général de Québec, l’art d’une capitale coloniale.

En vous rendant au troisième étage, vous passerez devant la sculpture Le Fardeau d’Alfred Laliberté (photo) (1878-1953) qui a également réalisé le Monument aux Patriotes à Montréal.
Le pavillon Charles-Baillairgé qui fait partie intégrante du musée depuis 1991, était à l’origine un établissement carcéral construit entre 1861 et 1867. L’auteur fait découvrir l’histoire fascinante de ce bâtiment à travers le quotidien d’un personnage bien réel qui a vécu dans la prison à la fin du 19e siècle. Le bâtiment en pierre d’influence néo-Renaissance présente un plan irrégulier.
Le corps central, de plan rectangulaire, compte cinq étages ainsi qu’un soubassement surhaussé, surmonté d’un puits de lumière. Sa façade est percée d’un portail cintré. Une annexe rectangulaire à trois étages est greffée au mur sud du corps central. Elle est couronnée d’une tour de guet octogonale à deux lanternes. Une
aile latérale de plan en T s’élève du côté est. L’ensemble est coiffé d’un toit brisé à croupes percé de lucarnes. Ce bien est classé immeuble patrimonial. Un site inscrit à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.
Au premier niveau, L’Arbre de la rue Durocher d’Armand Vaillancourt. Ce peintre et sculpteur québécois a décidé de sortir de l’école, de l’atelier et de créer dans la rue, aux yeux de tous.*
Le dernier étage vous amène à un escalier étroit conduisant au phare où les imposantes sculptures d’Allégorie, Figure, de David Moore, sont installées. * C’est une réalisation dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement instauré par le gouvernement du Québec. Il est à gager que ce petit escalier est d’origine !
Dans les anciennes cellules, les portraits de Fernand Leduc et de Jean-Paul Riopelle. Au dessus, les bureaux de la fondation du musée et au quatrième, Alfred Pellan et Jean-Paul Lemieux.*

Fernand Leduc a traversé les grands mouvements de l’abstraction du 20e siècle québécois, passant de la gestualité expressive à une quête presque mystique de la couleur, sans oublier la rigueur géométrique. Une salle est dédiée à ce grand peintre de la lumière.

Jean-Paul Riopelle, créateur aux multiples facettes, il a su régulièrement réinventer sa pratique artistique. La force créatrice multiforme et le caractère insatiable de l’artiste sont à l’honneur avec ce nouvel espace qui lui est consacré.

Alfred Pellan, l’exposition met en lumière le processus créatif, les sources d’inspiration et les innombrables facettes de sa carrière sur cinq décennies grâce à une mise en espace surprenante et participative inspirée de l’atelier du maître québécois. Tableaux aux riches gammes
chromatiques, expérimentations graphiques et picturales, objets transformés et documents personnels, souvent inédits, constituent autant d’occasions de se laisser toucher, séduire et amuser par la fantaisie, la poésie et la créativité de l’artiste.

Jean Paul Lemieux, avec son parcours en marge des grands courants, entraîne le visiteur dans son monde fait d’humour, de sérénité, de doute, d’angoisse, d’espace et de silence. Une plongée dans l’univers de ce peintre qui a toujours suivi sa propre voie. D’une peinture narrative teintée de régionalisme à ses débuts, l’artiste passe graduellement à un travail existentiel et universel.
Jusqu’au 31 décembre 2017, l’Art de la miniature par les Inuits. Ce peuple nomade, dont le mot signifie humain ou personne en inuktitut) sculptait dans la pierre, mais aussi dans l’os ou l’ivoire de morse, de toutes petites pièces qu’il pouvait transporter aisément d’un campement à l’autre. Elles révèlent autant le lien profond qui l’unit à la nature que son univers spirituel et témoignent de la survivance d’un mode de
vie traditionnel et spirituel au sein du monde moderne. Aménagée à hauteur d’enfant, vous apprécierez la richesse de cette culture séculaire à travers trois thèmes, Le peuple inuit, Les animaux du Nord et Le jeu.
Musée national des beaux-arts
179, Grande Allée Es
Québec
(418) 643-2150
(1.866) 220-2150
www.mnbaq.org
Retrouvez les vidéos de cette sortie régionale sur www.facebook.com/Sur-la-route-1727800047463188/
* En permanence