Un voyage au cœur du désert bleu, une plongée dans les territoires de l’immense et de l’intime. Sur un cargo, couleur turquoise, huit hommes, Hollandais et Philippins, jeunes pour la plupart, forment une improbable communauté, ballottée par le mouvement incessant des marchandises, prise entre la recherche d’espaces de liberté et la nostalgie de l’exil.
Durée : 1h38
Distribution : Films du 3 mars
En salles depuis le 24 mars 2017
Version originale en anglais, néerlandais, tagalog et cebuano avec sous-titres français.
Par Corinne Bénichou
Ce documentaire s’intéresse à ces marins d’aujourd’hui, souvent éclipsés par l’imposante présence de la mer et de la machine. Au rythme des vagues, il oscille entre réalité quotidienne et rêveries éphémères et mène le spectateur sur les chemins de l’errance, à travers le vécu et les confidences de ces hommes. À la vue des terres lointaines, visions fugitives du matelot, la mélancolie se mélange doucement au désir d’aventure.
Cette vie sur ce navire est relatée avec beaucoup de plans fixes et une certaine lenteur dans les images. Celles-ci sont impressionnantes quand la caméra montre l’océan en mouvement.
Les protagonistes se racontent au rythme des nettoyages du pont, des réparations, de l’arrivée et du débarquement des marchandises, de la préparation des repas et de la navigation sur une mer dont il faut toujours se méfier.
Les premières images montrent l’initiation de deux jeunes qui se font raser la tête. Le cinéaste fait découvrir de manière particulière les gestes, les espoirs, les rêves et les doutes de ces hommes dont la vie de famille et la vie professionnelle ne fonctionne pas toujours comme ils le voudraient ! La photographie de Samuel de Chavigny passe du clair au foncé et du beau au mauvais temps rapidement et le montage de Sophie B. Sylvestre comprend des coupes drastiques. La conception sonore de Sylvain Bellemare met en avant les bruits d’une chaîne qui déroule et le son des moteurs de la machine. Que ce soit visuellement ou auditif, il se peut que les spectateurs n’adhèrent pas à ce style de cinéma.
Petula Clark interprète la chanson Sailer sur le générique de fin.