Avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry, Olivier Rabourdin, Cyril Descours, Gilbert Bonneau, Nicolas Giraud, Mathilde Viseux, Xavier Maly et Marie-Julie Maille.
1915. À la ferme du Paridier, les femmes ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et le retour des hommes en permission. Hortense (N.Baye), la doyenne, engage Francine (I. Bry), une jeune fille de l’assistance publique, pour la seconder. Cette dernière croit avoir enfin trouvé une famille…
Durée : 2h14
Distribution : MK2|Mile End
En salles depuis le 23 février 2018
Par Corinne Bénichou
Le septième long métrage du réalisateur (Nord, N’oublie pas que tu vas mourir, La Rançon de la Gloire, Des hommes et des dieux) réunit, pour la première fois à l’écran, Nathalie Baye et Laura Smet, respectivement mère et fille. Par contre, après Selon Matthieu et Le Petit lieutenant, c’est la troisième participation de l’actrice quinquagénaire avec le cinéaste. La jeune et lumineuse Idris Bry s’est jointe au duo pour offrir un sublime trio entouré de solides seconds rôles.
Adapté du roman du même nom d’Ernest Pérochon, publié en 1924, ce drame dépeint, de 1914 à 1920, avec subtilité et esthétisme les labeurs de la terre à travers les saisons, tout en portant un regard réaliste et sensible sur ces paysannes pendant la Première Guerre mondiale.
Avec une caméra plus contemplative qu’active, dirigée principalement sur les protagonistes, Beauvois a l’art de magnifier le quotidien de ces femmes honnêtes et travaillantes, leur existence simple vouée à la terre nourricière ainsi que leur contribution importante pendant cette période difficile. Il sait aller chercher, avec talent, les bonnes émotions sans minimiser quelques faiblesses humaines en étant toujours juste dans sa démarche.
La photographie de Caroline Champetier, très bien maîtrisée, honore autant les décors que la lumière naturelle du Limousin. La reconstitution est impeccable. Elle rend parfaitement l’époque comme les conditions de vie et de travail au début du vingtième siècle, en campagne française. Quant à la musique, elle accompagne au bon moment le déroulement de cette histoire.
Le contexte rural vous fera penser aux tableaux Des glaneuses, Meules Automne et Femme avec un rateau de Jean-François Millet. L’ambiance, elle, vous rappellera l’excellent film Le retour de Martin Guerre de Daniel Vigne, dans lequel la même Nathalie Baye (quelques années en moins) donnait la réplique à Gérard Depardieu.
Cet hymne à la dignité malgré la douleur, à l’espoir, à l’amour naissant, au bonheur des âmes innocentes, met un baume sur cette guerre qui broie tout.
Une oeuvre touchante et authentique.
* 1920, le début de la modernisation du matériel coïncide avec la fin de la guerre.