Il est bien connu que l’Exposition Universelle de 1967, a permis aux Montréalais et au Québec, dans son ensemble, de connaître les diverses communautés et pays par leur restauration. Depuis la métropole rassemble beaucoup d’établissements offrant une belle variété gastronomique.
Par Corinne Bénichou

Parmi eux, le bar à tapas, Ibérica, dont le propriétaire est Jorge Da Silva, spécialisé en fruits de mer, propose une cuisine raffinée aux odeurs et aux couleurs de l’Espagne, à saveur vénézuélienne due à sa talentueuse chef Lorena Ortiz. Son raffinement génère une carte et un menu haut de gamme. Elle a su faire
sa marque et apporté son originalité au restaurant. Tant son inspiration que sa minutie se manifestent dans ses
assiettes. De plus, la diversité de la nourriture qu’elle offre à la clientèle représente un éventail culinaire fort alléchant. Le choix et la qualité des vins, tant en blancs qu’en rouges, sont également attractifs. Les bulles ne font pas exception !
L‘équipe, formée par Ariane Savoie-Bernard (gérante), Christopher Ramirez (serveur), José López (sommelier) et Mario Borges (directeur) ont à cœur de vous recevoir de belle façon.
Parmi l’assortiment des tapas (petites entrées variées), un classique, le pain coca (pain espagnol), tomate rappée, fleur de sel et fromage de brebis. Imbibé d’huile d’olive, la mie devient moelleuse tandis que la croûte reste bien croustillante. Le mélange de la tomate, de la fleur de sel et du Manchego de Castilla de la Mancha est tout simplement délicieux pour débuter un repas. C’est la Méditerranée en bouche. Le tiradito de saumon,
coupé en forme de sashimi (poisson cru en tranches fines importé par la diaspora japonaise, incorporé dans l’alimentation péruvienne), huile de basilic, salade fraîche d’épinards, fenouil et sauce mojo verde (typique des îles Canaries, faite à partir de plantes aromatiques dont la coriandre), amène une belle fraîcheur.
Les croquettes de morue et son aïoli au safran. L’épice inséré avec subtilité dans cette
mayonnaise maison en rehausse la saveur. Les acras sont fondants à souhait. Quant à a pieuvre, cuite à la vapeur dans le four à convection puis grillée dans le Josper (four à bois importé de Barcelone), déposée sur un lit de humus (poivron rouge et pois chiche), trônant au milieu des pommes de terre rattes (tubercules traditionnelles françaises) sautées, couverte d’oignons et d’échalotes marinés au vin rouge, 
saupoudré de persil. Il est de notoriété publique que ce mollusque est difficile à cuisiner, soit caoutchouteux, soit fibreux ! Ici la cuisson est parfaite. Elle donne une tendreté très plaisante au palais. La garniture ajoute une touche savoureuse. Les gambas (grosses crevettes) tigrées nappées d’une sauce aux tomates, ail confit et vin blanc offrent un plaisir gustatif garanti !

Le plat principal, une grillade de la mer composée d’un filet de dorade royale, de pétoncles et de calmars grillés dans le Josper pour leur donner un bon goût fumé, sauce chimichurri (amalgame d’épices sud-américaines, huile d’olive) en accompagnement, le tout servi avec haricots verts sautés à l’ail. Le contraste, entre la cuisson des légumes versus celle à point des protéines, procure à la fois une composante onctueuse et croquante. Le Olcaviana verdejo biologique rouge 2020 est un excellent accord.
Le plateau de desserts : Un flan au caramel, mousse de noix de coco, blancs en neige
surmontés d’une meringue. L’entremets plaira aux becs sucrés. Les churros (beignets) chauds au dulce de leche (confiture de lait), crème de cannelle et un soupçon d’orange (dû au zeste de l’agrume) sont une douceur gagnante. La ganache de chocolat hybride (noir et au lait), huile d’olive, fleur de sel, croûtons pour un sucré-salé audacieux qui fait toute une différence. Pari réussi.
Sommelier indépendant, l’agence de José López est spécialisée dans les grands crus espagnols, canariens et portugais. La carte des vins du restaurant est concoctée par ses soins. Ancien restaurateur, sa nouvelle passion est le tennis.
Les vins sont servis avec du Roquinante (fromage de chèvre enduit de romarin), des noix et des framboises. Fermez les yeux, vous voici dans l’avion en route vers Madrid. À trois heures là, c’est la région de Castilla de la Mancha où Don Quichotte s’est battu contre les moulins à vent. Cette région vallonneuse chaude l’été, froide l’hiver, est principalement agricole et viticole.
Alejandro Fernández (décédé en mai 2021) vigneron de son état, a décidé d’offrir son savoir et son expertise dans le but de faire du vin nobles. Ses Tinto Pesquera et son Condado de Haza (2016), des rouges cent pour cent Tempranillo à maturation précoce (d’où son nom qui signifie tôt en espagnol) dans la gamme des Ribera del Duero, ont contribué à la prospérité de cette famille. Le blanc El Vínculo (2017) tiré du raisin airén, dix-huit mois en fûts de chêne français, révèle des notes de noisette, de miel et possède une rondeur très avenante. Imaginez un riz au homard ou à la seiche, un poulet de Cornouailles rôti ou des croquettes de jambon ibérique. Tous s’harmonisent fort bien avec ce vin.
Reprenez la route vers le Nord, direction La Rioja. Le cépage emblématique de cette communauté autonome d’Espagne est la garnacha (le grenache, plant principal des vins de Châteauneuf-du-Pape, département du Vaucluse en France) qui aime le soleil pour se gorger de sucre et donc d’alcool (quinze
degrés). Vieilli en barriques de chêne français toastées pour lui donner son caractère légèrement épicé et boisé sans ensevelir les arômes du fruit rouge comme du côté floral (violette). Malgré ses quatre ans en bouteille (2018), il est doté d’une robe pourpre, son acidité le fera bien vieillir. Une bavette est parfaite avec ce vin provenant des caves du domaine David Moreno.
Ibérica fournit des centres de table et des serviettes en tissu qui prouvent, s’il en était besoin, la classe de ce restaurant. Un nom a retenir pour réussir vos soirées.
Ibérica
1450, Peel
Montréal
(514) 285-1888
www.iberica.ca