Pour la première fois, en vingt-cinq ans, Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, annonce le retour du traité de la Grande Paix. Cet accord exceptionnel entre trente-huit nations autochtones et les représentants de la Nouvelle-France a été signé en 1701 sur les lieux mêmes du musée.
Par Corinne Bénichou
Du samedi 20 juin au dimanche 20 septembre 2026, il s’agit là d’une occasion rare de vous offrir un rendez-vous avec un document d’une valeur patrimoniale significative dont la portée résonne encore aujourd’hui. Dans le cadre des commémorations du trois cent vingt-cinquième anniversaire de la signature de ce traité, le musée propose un parcours d’interprétation ouvert et dont la visite culminera au pavillon Fort de Ville-Marie – Québecor, avec l’exposition du seul exemplaire connu. La présentation vous permettra de découvrir les sept pages du document sous toutes ses coutures et d’observer, notamment, les pages ratifiées par les délégués autochtones aux côtés des signatures françaises.
Dimanche 21 juin dès 13 heures, la programmation estivale sera lancée à cette date lors de la fête de quartier à la place Royale et dans la rue piétonne située en face du musée. Vous pourrez profiter d’activités extérieures gratuites en lien avec cette thématique, soulignant du même coup la Journée nationale des peuples autochtones et le solstice d’été ! Pour l’occasion, le musée sera ouvert jusqu’à 19 heures.
À même ses installations, Pointe-à-Callière propose un parcours d’interprétation inédit à travers le pavillon de l’Éperon, la crypte et le Fort de Ville-Marie en six arrêts. D’une station à l’autre, c’est l’opportunité de revivre les événements ayant mené à la signature du traité et de ressentir l’importance historique de cet événement. De quoi s’imprégner de l’esprit des lieux et du processus de paix. Conçu sur le thème Faire alliance, il se compose de bornes installées évoquant une étape clé de ce processus : Faire la paix, échanger, s’accorder, cheminer, négocier, s’engager, tenir parole. À certains endroits, le texte est enrichi d’un interactif ou d’une vidéo présentant des témoignages. La prise de parole de ces personnalités permet de mettre en valeur différentes perspectives sur l’événement.
André Dudemaine. Innu, cofondateur de Terres en vues, œuvre depuis trente-cinq ans, au rayonnement et à la résurgence des arts et des cultures de peuples autochtones. Il a été un des principaux instigateurs de la commémoration du tricentenaire de la Grande paix de Montréal de 1701.
Caroline Monnet, artiste multidisciplinaire d’origine anishinaabe et française, célèbre dans ses œuvres le dialogue, la réconciliation, la coexistence et la transmission. Elle a été nommée artiste pour la paix en 2025.
Taiaiake Alfred, un intellectuel kanien’kehá:ka originaire de Kahnawà:ke, qui se consacre aux enseignements ancestraux et à la revitalisation culturelle et qui a publié quatre ouvrages universitaires sur la gouvernance autochtone.
Jennifer Obomsawin, politicologue d’origine wendate et w8banaki, travaille sur les plans politique et diplomatique pour représenter les intérêts autochtones et forme la relève à exercer son leadership.
Alain Beaulieu, spécialiste de l’histoire des relations entre les peuples autochtones et les Européens, est le coauteur d’un ouvrage de référence sur la Grande Paix de Montréal de 1701.
Il est à savoir que le gouverneur de la Nouvelle-France, Louis Hector de Callière, a joué un rôle central dans les négociations aux côtés du grand diplomate wendat Kondiaronk, reconnu pour son influence politique et son talent oratoire. Le défi était considérable. Il comportait une dimension continentale hors norme par l’étendue géographique de la provenance des participants, par le nombre d’ambassadeurs autochtones venus à Montréal (environ mille trois cents) et par le nombre de nations touchées (trente-huit). L’accord conclu a apporté une paix durable pendant presque soixante ans.
La visite culmine avec l’exposition du traité lui-même dans un espace à l’appréciation.
Dimanche 2 et 9 août de 13 heures à 16 heures, samedi 29 août de 10 heures à 19 heures, dimanche 30 août de 10 heures à 18 heures, c’est un rendez-vous, chaque été, depuis trente-trois ans. Le Marché public, dans l’ambiance du dix-huitième siècle, sera placé sous le thème de la Fête du maïs. Cette formidable reconstitution recréant l’ambiance d’une journée de marché dans la métropole sous le régime français prend vie grâce à une galerie de personnages authentiques l’ayant fréquenté et à de nombreuses animations.
Musée Pointe-à-Callière
350 place Royale
Montréal
(514) 872-9150
www.pacmusee.qc.ca