Avec Sladen Peltier, Forrest Goodluck, Ajuawak Kapashesit, Michiel Huisman, Michael Murphy, Martin Donovan et Edna Manitouwabe.
Enfermé dans un centre de désintoxication, Saul Cheval Indien (S. Peltier) touche le fond et il semble qu’il n’y ait plus qu’une seule issue à son existence. Plongé en pleine introspection, cet Ojibwé, d’origine Anishinabeg du Nord ontarien, se remémore les horreurs vécues dans les pensionnats autochtones et sa passion pour le hockey. Fasciné par ce sport, il apprend par lui-même à jouer et développe une technique unique et une maîtrise impeccable. Invité à se joindre à une ligue autochtone, ce dernier sera hanté par les fantômes de son passé. Il sera confronté au racisme et subira les effets dévastateurs de l’aliénation et du déracinement culturels qui ont frappé plusieurs communautés des Premières Nations.
Durée : 1h43
Distribution : Entract Films
En salles depuis le 13 avril 2018
Par Corinne Bénichou
Basé sur le roman éponyme et primé de Richard Wagamese, lauréat du Canada Reads People’s Choice Award ainsi que du programme First Nations Communities Reads Program, décédé en 2017, ce film compte Clint Eastwood comme producteur exécutif.
Le réalisateur a débuté sa collaboration avec lui sur le long métrage Sur la route de Madison. Il est, depuis, demeuré un fidèle collaborateur. Ensemble, ils ont coopéré sur des productions telles que Million Dollar Baby, Mystic River, Mémoires de nos pères, Lettres d’Iwo Jima, Gran Torino, Tireur d’élite américain et plus récemment Sully.
Le récit de Saul Cheval Indien dresse avec empathie et perspicacité le portrait d’un homme broyé par un système inhumain et, plus largement, celui d’une génération victime d’une époque et du déclin de sa culture. Elle lève le voile sur l’une des périodes sombres du vingtième siècle au Canada.
Cette oeuvre raconte une histoire qui ne laissera personne indifférent. Elle montre une série d’événements liée aux blessures de Saul à toutes les étapes de sa vie, les pensionnats autochtones, le racisme ordinaire des années 60 et 70, sans oublier l’indéfendable cruauté des religieuses, la perversion des frères, l’isolement et le monde du hockey, joueurs comme supporters.
Les interprètes autochtones sont excellents, à commencer par Sladen Peltier, Ajuawak Kapashesit et Forrest Goodlucket. Quant à Edna Manitouwabe, qui a survécu aux pensionnats, elle apporte une forte présence en jouant la grand-mère de Saul. Dans les rôles secondaires, Michiel Huisman, Michael Murphy et Martin Donovan.
Un film important et nécessaire à voir absolument !