Les êtres chers d’Anne Émond

Avec Maxim Gaudette, Karelle Tremblay, Valérie Cadieux, Mickaël Gouin, Louise Turcot et Marie-Claude Guérin.

etres chersAfin de protéger le cadet hypersensible (M. Gaudette), la famille lui fait croire que son père suicidé a subi un infarctus. Peu après, il fonde, à son tour, une famille puis développe le mal de vivre de son père.

Durée : 1h42
Distribution : Films Séville
En salles depuis le 20 novembre 2015

Par Corinne Bénichou

La réalisatrice de Nuit #1 met en scène deux destins de 1978, alors que la mort tragique de Guy Leblanc ébranle ses proches, aux années 2000 à La Pocatière dans le Bas-Saint-Laurent ainsi qu’à Barcelone en Espagne.

Le premier suit David interprété avec beaucoup de délicatesse par Maxim Gaudette, jeune homme sensible et aimant (changement radical de registre versus son rôle dans Polytechnique)

Le second, sa fille Laurence, sous les traits de Karelle Tremblay, confrontée dès l’adolescence à la maladie mentale. Son premier amour est schizophrène à la limite de la paranoïa.

La cinéaste passe d’ailleurs, rapidement, du décès du père à l’âge de quarante ans pour le benjamin marié, élevant ses enfants avec amour et dont l’entreprise de marionnettes est florissante. C’est à ce moment là que les personnages secondaires reviennent dans le décor, entre autre, le frère aîné traumatisé, devenu le mauvais garçon de la lignée, dont la  jalousie est latente face au bonheur du petit dernier. Il finira par mettre le ver dans le fruit déjà fragilisé par une certaine mélancolie (bile noire en latin).

Le spectateur se demandera, sans doute, si cette forme de lassitude et les insomnies (symptômes du mal être) sont génétiques sans pouvoir vraiment obtenir de réponse !

Les prestations sobres mais néanmoins vibrantes livrées de façon poignantes par les acteurs, la photographie soignée de Mathieu Laverdière, qui joue entre l’ombre et la lumière et la musique de Martin Léon offrent un rendez-vous avec la nature, la famille et l’évolution du vague à l’âme persistant qui hante le protagoniste principal. Les deux scènes avec le lièvre sont flagrantes !

Un film sur l’amour filial, le secret, la transmission et la rédemption.

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