Tuktuq de Robin Aubert

Avec Robin AubertMinnie Arngak, Jessica Arngak et Robert Morin.

tuktuqUn caméraman (R. Aubert) est envoyé dans un petit village du Nunavik. Son travail consiste à tourner des images d’archives pour le compte du gouvernement libéral. Se liant d’amitié avec une famille inuit, il prend connaissance de leurs traditions en lien avec la richesse du territoire. Parallèlement, il apprend que le village et ses habitants seront bientôt déportés en raison d’exploitations minières. Confronté aux conversations téléphoniques avec son employeur et son ancienne copine, l’homme remettra en question ses propres idéaux et le but véritable de sa venue en ces terres.

Durée : 1h33
Distribution : K Films Amérique
En salles depuis le 24 mars 2017

Par Corinne Bénichou

Ce film d’essai est aussi une satire politique dont le titre (prononcé touktouk) signifie caribou en Inuktitut. Il fait partie d’une pentalogie intitulée Fantômes et voyages.

Il évoque les manipulations, la cupidité et le manque d’humanité des Libéraux. Au fil des conversations téléphoniques avec le sous-ministre (excellent Robert Morin), dont le ton est de plus en plus méprisant, les intentions sont claires, le politicien veut profiter de la vulnérabilité, de la naïveté et des bonnes intentions de son interlocuteur pour lui faire faire le sale boulot ! Évidemment, aucune objection ou réflexion personnelle pour trouver des solutions moins drastiques sous peine de se faire limoger.

Le choix des plans fixes, le rapprochement avec la population (chasse et pêche, travail des femmes sur la viande) ainsi que la propagande visuelle (effectuée par les dirigeants en place) donne à ce long métrage un aspect documentaire engendrant une véracité qui n’aurait pas eu l’effet escompté s’il avait été construit comme une pure fiction dans le traitement du sujet.

Dépourvu de dialogues (à l’exception des appels téléphoniques), ce sont des sons, plus que de la musique, qui accompagnent les images.

Un long et lent plan termine le long métrage. 

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