Angélique, marquise des Anges d’Ariel Zeitoun

Avec Gérard Lanvin , Nora Anezeder, Tomer Sisley, David Kross, Simon Abkarian, Mathieu Kassovitz, Matthieu Boujenah, Miguel Herz-Kestranek, Julian Weigend, Rainer Frieb, Florence Coste et Michel Carliez.

angéliqueAventure incroyable d’Angélique Sancé de Monteloup (N. Anezeder) qui trouvera dans son amour pour Joffrey de Peyrac (G. Lanvin) la force de combattre l’injustice et la soumission dans une époque en proie aux luttes de pouvoir, aux inégalités sociales et à l’oppression.

Durée : 1h53
Distribution : A-Z Films
En salles depuis le 21 mars 2014

Par Corinne Bénichou

Ce drame historique et romantique, remet au goût du jour l’incroyable destin de cette jeune femme d’action et de passion au 17e siècle.

Nora Anezeder interprète cette belle insoumise qui puise dans son amour pour les siens sa détermination à combattre les Grands du royaume dont celui qui deviendra le Roi Soleil. Elle n’a pas la beauté, la volupté et la fougue de Michèle Mercier, par contre, elle incarne beaucoup plus le côté ingénu et est plus proche de l’héroïne originale des romans d’Anne Golon.

Gérard Lanvin, en Joffrey de Peyrac, malgré sa soixantaine, un visage abîmé et une démarche boiteuse, est plus séduisant que jamais. Il offre une prestation qui n’a rien à envier à son prédécesseur Robert Hossein.

Dans le même style que Jean Rochefort, Simon Abckarian n’a pas sa voix envoûtante, ni son comportement mystérieux, même son chien est moins impressionnant ! Mathieu Kassovitz est nettement moins ardent que Guiliano Gemma alias Nicolas. Quant à Tomer Sisley, sous les traits de Philippe de Plessis-Bellière, il est beaucoup moins suffisant et mondain que Claude Giraud.

Les épisodes des années 60 sont tellement encrés dans la mémoire collective que la comparaison est inévitable, mais il faut relativiser le souvenir face à un projet audacieux regroupant les moments les plus importants de cette histoire rocambolesque avec la volonté d’être au plus proche des personnages imaginés par l’auteur, à commencer par la différence d’âge entre les deux rôles principaux.

Le réalisateur (Saxo, Le nombril du monde, Le dernier gang), qui est aussi un producteur actif (La Banquière, Chouans, Jean Galmot, Lacenaire), a été chercher, tant dans sa vie personnelle que dans ses expériences professionnelles passées, le désir de faire ce long métrage. Son moteur principal était l’envie ludique de filmer une œuvre en costumes dans une période qu’il aime particulièrement avec des sujets comme la trahison, les complots, la jalousie, les menaces, parfums d’enfance du Capitan à Cartouche.

L’adaptation avec sa rigueur historique, sa noirceur, sa dureté, son ambiance particulière, ses dialogues à la fois modernes et respectueux de l’époque et sa célèbre musique (trop peu entendue dans cette reprise) est tout de même une grande fresque qui offre émotions et rebondissements. Ce pari cinématographique risqué, cosigné par Nadia Golon, n’est pas tout à fait réussi mais néanmoins agréable à regarder.

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