Exil de Charles-Olivier Michaud

Avec Francis Cleophat, Julie Le Breton, Paul Doucet, Maxime Dumontier, Ralph Prosper, Lina Roessler et Stephen McHattie.

Narration de Stanley Péan.

exilAprès l’enlèvement de son père journaliste, Samuel (F. Cléophat), Haïtien de douze ans, quitte Port-au-Prince avec sa tante (M. Métellus) afin d’aller se réfugier dans sa famille à la campagne. Apprenant de son cousin Wilson (T. Saint Jean) que sa mère, qu’il croyait morte, vit aux États-Unis, le garçon convainc l’adolescent de s’embarquer avec lui pour l’Amérique grâce à l’argent que lui a légué son père, mais il est trahit par son cousin. Grâce à la complicité d’une mère de famille, l’enfant s’embarque clandestinement sur un bateau qui va aux États-Unis. Sans le sou, flanqué d’une fillette, dont la mère s’est noyée à l’arrivée, Samuel est pris en charge par Cindy (J. Le Breton), qui travaille dans un centre d’accueil de Miami. Muni d’une photo de sa mère, il décide de se lancer seul à sa recherche. Au cours d’un périlleux voyage qui le conduira à Montréal en passant par New York, le jeune croisera quelques bonnes âmes.

Durée : 1h40
Distribution : Filmoption International
En salles depuis le 27 juin 2014

Par Corinne Bénichou

Après Neige et cendres et Sur le rythme, ce drame est le troisième long-métrage du réalisateur. Il a été tourné au Québec, aux États-Unis et en République Dominicaine. La cinématographie est signée Jean-François Lord et la musique originale, Michel Corriveau.

La narration, très bien utilisée, invite le spectateur à suivre l’histoire mouvementée de ce garçon et le processus des voyages clandestins. Au passage, amis, ennemis, gang de rues, revendeurs de drogues et autres personnages plus ou moins recommandables, mais aussi des bons samaritains jalonnent son chemin.

Pour sa première prestation à l’écran, Francis Cléophat est juste dans son personnage. Son naturel lui permet de bien s’identifier à ce jeune esseulé et à son parcours initiatique. Julie Le Breton (sans maquillage) et Maxime Dumontier s’en sortent avec les honneurs.

Le déroulement de l’histoire est un condensé de drames et d’actes de solidarité qui montrent une succession d’errances avec ses conséquences ainsi que les bonnes et mauvaises expériences des marginaux de la société moderne. Il évoque aussi le courage et le destin sans oublier une certaine spiritualité qui aide souvent les âmes égarées dans les moments difficiles. Malheureusement le récit, doté de peu de dialogues, contient quelques mauvais raccords et des longueurs qui nuisent à l’authenticité de cette aventure. Par contre, le côté humain développé engendre une vraie sympathie envers les protagonistes.

Ce film est à voir par un public qui apprécie un cinéma moins conventionnel.

Ce contenu a été publié dans Cinéma. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.