Avec Lou de Laâge, Vincent Macaigne, Agata Buzek et Agata Zulesza.
Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu (L. de Laâge), une jeune interne de la Croix-Rouge chargée de soigner les rescapés français avant leur rapatriement, est appelée au secours par une religieuse polonaise (A. Buzek). D’abord réticente, elle accepte finalement de la suivre dans son couvent où trente Bénédictines vivent coupées du monde. Elle découvre que plusieurs d’entre elles, violées par des soldats soviétiques, sont sur le point d’accoucher. Peu à peu, se nouent entre la jeune femme athée et rationaliste et ces religieuses, attachées aux règles de leur vocation, des relations complexes que le danger, la clandestinité des soins et de nouveaux drames vont aiguiser…
Durée : 1h55
Distribution : Métropole Films
En salles depuis le 19 août 2016
Par Corinne Bénichou
Le drame de la réalisatrice (Nathalie, Entre ses mains, La fille de Monaco, Chloé, Mon pire cauchemar, Adore, Gemma Bovary) est lié au récit de deux jeunes scénaristes, Sabrina B.Karine et Alice Vial. En effet, Philippe Maynial leur a parlé de sa tante Madeleine Pauliac qui a laissé un journal de bord dans lequel elle raconte l’histoire vécue dans un couvent par des sœurs polonaises, des Innocentes.
Ces dernières ont été violées par les soldats russes. Seules huit d’entre elles sont tombées enceintes. La guerre est sale mais les hommes le sont encore plus !
Ici, il est question de spiritualité, de relations humaines, de foi, mais aussi du rapport au corps, de maternité, de doutes, de transgression, de tolérance et d’humanité. Opposées en tout ces femmes vont, petit à petit, faire connaissance, s’apprivoiser, se faire confiance, ouvrir leurs cœurs, faire part de leurs doutes, s’apporter du réconfort. C’est la force de la mise en scène d’Anne Fontaine.
Xavier Beauvois l’avait déjà montrée dans Des Hommes et des Dieux, filmé par la directrice de photographie, Caroline Champetier, dont la patte est reconnaissable dans ce long métrage.
Lou De Laâge, déjà été excellente dans Respire de Mélanie Laurent (avec un rôle complètement différent), Agata Buzek, sous les traits de Sœur Maria et Agata Zulesza en Mère Supérieure sont les piliers de cette histoire, sans oublier Vincent Macaigne, le médecin chef Samuel, avec quelques sarcasme teintés d’humour, il désamorce le ton solennel de la situation.
Il est à noter aussi que deux propos, deux visions sont évoqués à propos de la population polonaise et de sa collaboration avec les Nazis ainsi que de l’Église qui a fermé les yeux sur les atrocités perpétués dans les camps !
Un drame historique méconnu servi par une belle distribution, des images simples emplies d’émotions qui évitent, avec intelligence, le mélodrame larmoyant !
Ce film poignant et puissant vous bouleversera et vous restera en tête longtemps !