Patients de Fabien Marsaud (Grand Corps Malade) et Mehdi Idir

Avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier, Jason Divengele, Rabah Naït Oufella et Dominique Blanc.

patientsSe laver, s’habiller, marcher, jouer au basket, voilà ce que Ben (P. Pauly) ne peut plus faire à son arrivée dans le centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens, en somme, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience, résister, se narguer, s’engueuler, se séduire mais surtout trouver l’énergie pour réapprendre à vivre !

Durée: 1h50
Distribution : MK2│Mile End
En salles depuis le 5 mai 2017

Par Corinne Bénichou

Adapté de l’ouvrage du même nom, paru en 2012 (éditions Points), le premier long métrage du slameur français et de son collaborateur de longue date, est un coup de cœur. Il offre l’histoire d’une renaissance, d’un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres.

En 1997, à l’âge de vingt ans, Fabien Marsaud est un jeune homme passionné de sport (environnement sain dans une famille aimante) et particulièrement doué pour le basket. Animateur dans une colonie de vacances, il plonge dans une piscine au niveau d’eau très bas et c’est l’accident !

La mention au début du film vous fera sourire, puis c’est de la perspective de l’accidenté que la caméra amène le spectateur dans ce long et difficile processus de réhabilitation, de l’arrivée à l’hôpital à la sortie du centre de rééducation un an plus tard, qui est ici raconté avec ses moments répétitifs, de découragement, les bonnes et les mauvaises nouvelles, le rap, Bob Marley, Patricia Kaas (il me dit que je suis belle) à conf titre ? les inquiétudes, les souffrances, le langage de banlieue (verlan), les références télévisuelles françaises, les phrases banales devenues insolites comme « je reviens, tu m’attends… »

Tous les cas d’accidents, tous les tempéraments aussi, ceux qui acceptent et se battent et ceux qui refusent et sont aigris parfois méchants, ces êtres abîmés sont montrés sans complaisance mais avec empathie, ce qui donne une variété de personnages secondaires pittoresques dotés d’une bonne dose de dérision. L’infirmier de jour, extraverti et drôle, en fait partie. Afin de se protéger et de garder un certain recul sur la condition de ses malades, ce dernier emploi la troisième personne du singulier dans ses interventions verbales tout en exerçant son travail consciencieusement. D’ailleurs, la compétence, le dévouement et le respect des équipes soignantes sont régulièrement démontrés dans ce récit.

Quant à Pablo Pauly, il interprète avec conviction, crédibilité et sensibilité ce jeune homme traumatisé par son état, cet estropié de la vie qui va tout faire pour retrouver une autonomie tant physique que psychologique afin de se construire une nouvelle existence.

Malgré la gravité de la conjoncture et l’approche frontale du handicap, l’humour et l’émotion sont présents à tout niveau. Derrière un rêve brisé, se trouvent la persévérance, l’espoir et l’énergie positive à l’image de Grand Corps Malade.

Un beau, bon, réaliste et sincère moment de cinéma.

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