Pif-Luisant de Gabriel Sabourin

Avec Olivier Morin, Élodie Grenier, Roger La Rue, Jean-François Pronovost, Gabriel Sabourin et Marie-Hélène Thibault.

Mise en scène : Stéphane Brulotte.
Assistante à la mise en scène : Lou Arteau.
Décors :
Loïc Lacroix Hoy.
Costumes : Pierre-Guy Lapointe.
Éclairage : Renaud Petitgrew.
Musique : Ludovic Bonnier.

Accessoires : Madeleine Saint-Jacques.
Coiffures et maquillages : Amélie Bruneau-Longpré.

1h30 sans entracte.

En cette fin de dix-neuvième siècle, tout bouge trop vite autour d’Edmond Rostand, mélancolique, prisonnier de son goût pour les sujets historiques, les alexandrins et les grandes émotions. Son père en a assez de payer pour ses échecs et tente de le ramener à la raison. Mais le jour où il se retrouve dans un triangle amoureux, Rostand trouve enfin l’inspiration pour sa prochaine pièce, qui connaîtra un vif succès, Cyrano de Bergerac.

Par Corinne Bénichou

Neuf ans après sa vaudevillesque création Le Prince des jouisseurs, l’auteur et comédien récidive et s’empare aujourd’hui d’un autre géant du Paris de la Belle Époque, Edmond Rostand.

Le fait que, plus de cent vingt-cinq ans après la création de cette pièce, autant d’œuvres contemporaines y puisent encore leur inspiration prouve son intemporalité. Outre, rendre hommage à la verve poétique du Monsieur, les clins d’œil au fameux personnage sont bien présents pour le plus grand plaisir du public !

Sous les traits du célèbre auteur, Olivier Morin. À ses côtés, Roger La Rue, son père. Jean-François Pronovost et Élodie Grenier sont Christian de Neuvillier (de son vrai nom Jérôme Faduilhe) et Marie-Anne (qui a inspiré la fameuse Roxanne), la fille du couple Leguet. Ces derniers (majordome et cuisinière) sont campés par Gabriel Sabourin et Marie-Hélène Thibault.

Ici, les atouts, pour faire d’une pièce une réussite, sont réunis. Entre l’amour de la langue, les sentiments humains associés aux interactions entre les personnages sans oublier, l’humour des dialogues et les références habilement parsemées dans le texte, l’ensemble est parfait.

L‘avocat de profession, qui s’essaie comme auteur de théâtre, évoque ses contemporains : Musset, Feydeau ainsi que les célèbres tirades (le Nez, Non merci) de sa création. C’est un vrai régal. La scène du fromage est également savoureuse.

De plus, contrairement au mousquetaire, le créateur est un petit homme frêle. Quant à Christian, c’est en fait un soldat déserteur plutôt gauche. Il est d’ailleurs réaliste sur sa condition. « Je suis sot, mais non, tu ne l’es pas, puisque tu t’en rends compte. »

Gabriel Sabourin retrouve, pour l’occasion, son amie de longue date, Marie-Hélène Thibault. Ils forment un couple aussi aimant que détonant. Olivier Morin est impeccable sous les traits de cet homme, tout en élégance, avide de reconnaissance, à commencer par son cher papa, interprété par un Roger Larue déterminé sur le futur de son fils avec des vues sur la soubrette. Tout ce beau monde vous séduira, c’est certain !

Le Pif-Luisant (surnom de jeunesse) fera de son handicap un avantage et recevra les honneurs bien mérités. Ses derniers mots, il les laisse, avec brio, au panache de son protagoniste.

Théâtre du Rideau Vert
4664, Saint-Denis
Montréal
(514) 844-1793
www.rideauvert.qc.ca

Ce contenu a été publié dans Théâtre. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.