Eruoma Awashish, Ceda-Eve, Dayna Danger, Patricia Langevin, Andrée Lévesque Sioui, Virginia Pesemapeo Bordeleau, Cheyenne Rain Legrande et la commissaire Michèle St-Amand sont réunis dans cette nouvelle exposition.
Par Corinne Bénichou
Jusqu’au 28 février 2026, la sexualité des femmes autochtones s’exprime sans tabous ni biais coloniaux ? Les œuvres créées pour l’occasion ou jamais dévoilées, sont embrassées par les sept artistes avec des thèmes comme le désir, la relation, la fertilité, la culture kink, les cycles, les cérémonies, l’identité, le territoire et la tradition orale.
La colonisation a eu des impacts considérables sur la sexualité des femmes autochtones. Continuer de dénoncer les violences et parler des traumatismes est essentiel. Oya’wih (cela goûte bon en langue wendat) est un collectif collaboratif qui présente une réalité
parallèle dans laquelle il n’y a pas eu de colonisation sur l’Île de la Tortue, soit en Amérique du Nord. L’idée derrière l’exposition est apparue comme une réponse aux constats sur les ravages du corps et de la sexualité de ces femmes.
© Dayna Danger-Sharky (détail), série Kinship Masks – 2023
© Patricia Langevin – 13 pleines lunes / Kutulnu ashu nisht(u) shakassineu tapishkau-pishim(u) (détail) – 2025
L’uchronie, c’est-à-dire s’amuser avec la temporalité en changeant un élément de l’histoire pour créer une autre réalité, est proposée afin de permettre à l’imaginaire de circuler librement, sans les carcans coloniaux, patriarcaux et hétéronormatifs. Il s’inscrit dans une voie de guérison, d’affirmation et de décolonisation de la sexualité.
Dans ce processus, le dé implique de se libérer de ces impositions. Or, cette exposition est pour la sexualité des femmes autochtones et l’accent est mis sur le re : (Re)érotisation,(ré)appropriation et (re)connexion. Cet exercice vise à identifier des pistes pour aller vers une sexualité désirée, plutôt que de lutter contre une celle imposée. L’art est un vecteur puissant pour le faire. Ainsi, l’érotisme est permis.
À cette occasion, les artistes reprennent possession du récit dans un espace d’expression, de sororité, de respect et de plaisir. C’est une célébration créative de la sexualité holistique des femmes ancrée dans les traditions et valeurs autochtones. Oya’wih.
Galerie B-312
372, Sainte-Catherine Ouest
Espace 403
Montréal
(514) 874 9423
https://www.galerieb312.ca