Le printemps de l’Orchestre Métropolitain

Le retour de Yannick au podium dans le réconfortant Requiem allemand de Brahms, la merveilleuse Valse de Ravel et pour la première fois à Montréal le dramatique Chant funèbre de Stravinski !

Par Corinne Bénichou

Place aux femmes dans cette dernière portion de saison, alors que l’Orchestre Métropolitain offre de grands rendez-vous symphoniques réunissant des interprètes d’ici et d’ailleurs dont le rayonnement ne cesse d’éblouir les publics du monde entier. Deux de ces concerts seront également accessibles sur le Net, avant de clore cette quarante et unième saison qui aura permis de vibrer au rythme de chaque phrasé offert et de chaque coup d’archet livré !

Vendredi 8 avril à 19h30, Karina Gauvin, soprano – Kensho Watanabe, direction.

Le soleil se lève sur La Mer, l’œuvre pour orchestre la plus célébrée de Debussy, son ultime hommage au monde marin. Les couleurs, les textures, les nuances, tout est en place pour dépeindre celle-ci, berceau de la vie, avec ses eaux changeantes, tantôt scintillantes, tantôt colériques. En trois esquisses symphoniques, vous vous émerveillerez de percevoir la lumière, d’entendre les vents violents puis d’avoir la nette impression que les beaux jours reviennent.

Dans la voix de la soprano canadienne, l’ambitieuse musicienne et compositrice Alma Mahler prend sa place sous la lumière des projecteurs. Pour soutenir les textes brûlants et touchants des plus grands poètes de son époque, la Viennoise offre ici, avec ses Sept Lieder (orchestration Matthews), une mise en musique chromatique et délicate avec des moments sensuels que l’arrangement pour orchestre vient amplifier, voire exalter.

Barcarola (1996), une œuvre orchestrale de jeunesse de la compositrice italo américaine Paola Prestini, mondialement reconnue pour sa musique autant que pour ses idées innovantes, présentée à Montréal en grande première canadienne. « Paola est une visionnaire artistique. Il y a une sorte de système énergétique qui la suit ainsi que son travail partout où elle va. » Philip Glass

C’est avec regrets que l’Orchestre Métropolitain se voit dans l’obligation d’annoncer le désistement de la cheffe italienne Speranza Scappucci, pour des raisons personnelles. Nouveau venu sur la scène internationale, c’est à Kensho Watanabe que revient les honneurs de le diriger dans ce concert fort attendu à Montréal. Le jeune chef américain s’est déjà taillé une enviable réputation pour son dynamisme et sa polyvalence. Ce violoniste accompli a d’abord terminé sa maîtrise à la Yale School of Music, avant de se joindre, de 2012 à 2016, à l’orchestre de Philadelphie comme musicien suppléant. Inscrit au Curtis Institute of Music, il a étudié la direction d’orchestre avec Otto-Werner Müller. Chef apprenti sous la direction de Yannick Nézet-Séguin de 2013 à 2015 et bénéficiaire d’une bourse d’aide à la carrière de la fondation Solti U.S., il a été chef assistant de l’orchestre de Philadelphie de 2016 à 2019. Succédant à son mentor Yannick Nézet-Séguin, ses concerts par souscription, très courus, ont débuté avec le pianiste Daniil Trifonov. Il a également secondé Yannick Nézet-Séguin dans Elektra de Strauss, présenté en novembre 2015 à l’opéra de Montréal.

Vendredi 29 avril à 19h30, Jane Glover, direction – Paul Lewis, piano.

Les rythmes militaires, l’ampleur jusque-là inégalée, le piano qui exprime librement des idées de grandeur auxquelles l’orchestre répond avec enthousiasme, voilà qui a sans doute valu au Concerto pour piano no 5 de Beethoven son surnom d’Empereur.

Mozart pour sa part compose pour le public parisien une symphonie conçue afin lui plaire. Grandiose dans ses effets, audacieuse dans son utilisation de la clarinette et tout simplement débordante d’idées mélodiques, la Symphonie no 31, Paris respire le charme et l’exubérance de la jeunesse. Avec un talent de mélodiste qui n’est pas sans rappeler celui de Wolfgang, le Chevalier de Saint-George, ce compositeur fils d’un noble français et d’une esclave guadeloupéenne, met les cordes à l’honneur dans sa pétillante Symphonie no 1 en sol majeur.

Autres regrets, l’annonce du désistement du pianiste Nicholas Angelich. Ainsi, Paul Lewis, une sommité mondiale dans le répertoire Beethoven, le remplacera pour la première fois dans son répertoire de prédilection, celui de Beethoven ! Par la sincérité et la profondeur de son jeu, il est parmi les meilleurs pianistes des répertoires romantique d’Europe centrale. Ses interprétations (Beethoven, Schubert, Schumann, Liszt, Moussorgski et Brahms) ont été louangées unanimement par la critique. Tout au long de sa carrière, il s’est vu honoré de nombreuses distinctions, tant pour ses prestations en concert que pour ses réalisations discographiques, notamment par deux prix Edison, un Diapason d’or de l’année, des doctorats honoris causa des universités de Liverpool et de Southampton. Il a été également fait commandeur de l’Empire britannique en 2016.

Vendredi 20 mai à 19h30, Suzanne Taffot, soprano – Eric Owens, baryton-basse – Yannick Nézet-Séguin, direction. Avec la participation du Chœur Métropolitain

Le réconfort de la voix humaine est porté à son apogée avec Un requiem allemand de Brahms. Yannick Nézet-Séguin dirige l’orchestre et le chœur dans cette pièce universelle, qui porte un regard bouleversant mais serein sur l’inéluctabilité de la mort. En s’appropriant le passage vers l’autre monde, le compositeur fait une célébration de la vie. À des lieues de la colère divine et du repentir du requiem latin, l’œuvre de Brahms est une apaisante ode à l’humanisme. Avec un déroulement dramatique inédit, des paroles soigneusement choisies pour évoquer l’espoir, un chœur et des solistes rappelant l’effectif des oratorios, ce requiem est absolument unique en son genre. En complément de programme, Oraison pour chœur et orchestre du compositeur contemporain canadien d’origine cubaine Luis Ernesto Pena Laguna.

Du 10 au 19 juin, ce concert est présenté sur le Net.

Maison symphonique
1600, Saint-Urbain
Montréal
(514) 842-2112
www.orchestremetropolitain.com

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