Avec Romain Duris, Emma Mackey, Pierre Deladonchamps, Armande Boulanger, Andranic Manet, Alexandre Steiger, Philippe Hérisson, Jérémy Lopez et Damien Zanoly.
Gustave Eiffel (R. Duris) vient juste de terminer sa collaboration sur la statue de la Liberté d’Auguste Bartholdi, cadeau le la France aux État-Unis. Il est au sommet de sa carrière et le gouvernement français l’incite à créer quelque chose de spectaculaire pour l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, mais l’ingénieur ne s’intéresse qu’au projet du métropolitain. Tout bascule lorsqu’il recroise son amour de jeunesse Adrienne Bourgès (E. Mackey) mariée à Antoine de Restac (Pierre Deladonchamps). Leur relation interdite l’inspire à changer l’horizon parisien pour toujours.
Durée : 1h45
Distribution : Les Films Séville
En salles depuis le 29 avril 2022
Par Corinne Bénichou
Après un million cinq cent mille entrées en France en 2021. Le duo Emma Mackey (Éducation sexuelle), Romain Duris (Dans la brume, L’arnacoeur, L’auberge espagnole) incarnent avec conviction les amants de ce drame historique. Pierre Deladonchamps (L’Inconnu du lac, Le Fils de Jean, Photo de famille) interprète avec subtilité le mari/journaliste bafoué. D’ailleurs, la scène entre les deux hommes au sujet de l’auto/femme est une métaphore révélatrice.
Librement inspiré de faits réels, les premières images montrent rapidement le côté festif de cette fin du dix-neuvième siècle ainsi que la dureté du travail, la modernisation du transport urbain et les débuts de l’automobile, mais l’objectif premier du réalisateur est le projet pharamineux de ce veuf, père de quatre enfants dont la fille aînée est sur le point de se marier, associé à sa romance interdite avec son premier amour (partie fictive qui prend beaucoup de place) en passant du présent au passé à plusieurs reprises entre 1860 et 1886. Il présente aussi le contraste entre son bonheur personnel et sa réussite professionnelle (inauguration de la tour en 1889), malgré les difficultés occasionnés par les banquiers, les politiques et la population.
Le jeu des couleurs, entre ombre et lumière, dans les tons de gris, de brun et de jaune (Matias Boucard) semblables aux cartes postales, les décors (Stéphane Taillasson) et les costumes (Thierry Delettre) reflètent bien l’époque, sans oublier, les effets visuels réussis (Olivier Cauwet), que ce soit dans l’élaboration des piliers ou la construction du premier étage avec ses bruits métalliques caractéristiques ainsi que le vent, la hauteur et l’horizon (reconstitution de la capitale entourée de champs). Comme pour le pont de Cubzac, sous lequel passe la Dordogne et non la Garonne, l’illusion est parfaite. D’ailleurs, trois des quatre catégories citées ont été césarisés en février dernier.
La musique d’Alexandre Desplat accompagne de façon tonitruante la tragédie et l’enthousiasme et en douceur, le romantisme.
Le cinéaste termine en signalant que le monument est en forme de A pour honorer le prénom de la passion perdue de Gustave Eiffel. Une fin idéaliste qui plaira certainement aux adeptes des idylles bonbon ! En fait, la configuration de la Dame de fer a été élaborée dans le but de résister aux éléments naturels au fil des décennies.