Les Tricheurs de Louis Godbout

Avec Christine Beaulieu, Benoit Gouin, Steve Laplante, Alexandre Goyette et Simon René.

Florence (C. Beaulieu), Hubert (B. Gouin) et André (S. Laplante) se sont donné rendez-vous pour une ronde de golf par un bel après-midi d’été. Les deux premiers forment un couple, le troisième est un ami proche et un partenaire d’affaires, on est donc entre intimes, l’heure est à la détente dans une atmosphère de chaleureuse complicité. Arrive alors Michel (A. Goyette), un golfeur solitaire au charisme particulier. Il vient secouer la belle harmonie du trio et faire émerger la réalité cachée sous les apparences.

Durée : 1h30
Distribution : K Films Amérique
En salles depuis le 12 août 2022

Par Corinne Bénichou

« Éteignez votre conscience ou mettez-la en veilleuse le temps que dure ce long métrage » dixit le réalisateur.

Cette comédie, par moments absurde, souvent féroce et noire sur les bords, n’en est pas vraiment une au sens premier du mot car, ici, les rires sont rares. Par contre, le titre est révélateur. Quant aux quatre acteurs, ils forment un ensemble efficace, chacun se distinguant par son caractère. La cerise sur le gâteau revient à Simon René et à son enthousiaste interprétation.

Les réflexions d’une marmotte vous amèneront au malchanceux perturbé, à la Yogiste au dessus de la mêlée et au manipulateur convaincu. Un quatrième larron vindicatif viendra semer le trouble, sans oublier, le capitaine Von Trapp surveillant, avec zèle, que le règlement soit bien appliqué.

Sur le terrain, chaque panneau est doté d’un adage, quelques jeux de mots des participants suivis de conversations sur les conditions de vie et de mort des aînés, dont la maltraitance, tant morale que physique, en centre d’hébergement ainsi que l’intelligence artificielle, l’individualisme grandissant, le polyamour et l’alcoolisme.

Au fil des images, la tension est de plus en plus palpable chez les protagonistes due au secret entre les deux partenaires professionnels de même que sur la suspicion d’une rencontre fortuite avec l’inconnu. La culpabilité du maillon faible, aux problèmes neurologiques amplifiés par une addiction à la boisson, va surpasser l’amitié qu’il porte à son ami. De son côté, le marionnettiste fait sortir le chat du sac en évoquant un douloureux souvenir. Du coup l’arroseur est arrosé pendant quelques instants.

La dernière maxime « Conclure est un art » convient parfaitement à la fin drastique des personnages et le passage de trois chevreuils sur le parcours laissera libre cours à votre imagination !

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