Avec Jack Huston, Toby Kebbell, Morgan Freeman, Nazanin Boniadi, Rodrigo Santoro, Sofia Black D’Elia, Pilou Asbæk, Ayelet Zurer et Marwan Kenzari.
Judah Ben-Hur (J. Huston) et Messala (T. Kebbell) ont été élevés ensemble et ils se considèrent frères même s’ils n’ont aucun lien de sang. En grandissant, le premier est demeuré auprès des siens alors que le second s’est enrôlé dans l’armée romaine. Accusé d’avoir perpétré un attentat, Judas est envoyé comme esclave sur un navire de guerre. Pendant des années, il ne pensera qu’à retrouver sa famille et à se venger de Messala qui l’a trahi. Deux personnes calmeront toutefois ses ardeurs, Jésus de Nazareth (R. Santoro) qui lui apprendra le pardon et le Sheik Ilderim (M. Freeman) qui lui conseillera de rivaliser avec son ancien ami dans l’arène, lors d’une course de chars potentiellement mortelle.
Durée : 2h05
Distribution : Paramount Pictures
En salles depuis le 19 août 2016
Par Corinne Bénichou
Ce drame épique en 3D du réalisateur de Recherché, Night Watch, Day Watch, Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, est dans la lignée des péplums, films d’action et d’aventures. Il n’en manque pas dans ce long métrage, scénarisé par Keith R. Clarke et John Ridley. Le dernier en date, dans ce genre cinématographique, était Gladiateur.
Les premières images montrent la fameuse course de chars, puis l’histoire ramène le spectateur huit ans auparavant dans un décor montagneux qui représente la ville de Jérusalem en Judée.
La nouvelle version de cette histoire, réduite d’une heure et demie (le film aux onze Oscar que William Wyler a réalisé en 1959, adapté de l’œuvre de Lewis Wallace, dure trois heures trente), se concentre sur le conflit entre les deux hommes. Elle contient des dialogues trop modernes pour l’époque, des changements qui détourne l’idéologie de l’originale, Judas épouse sa servante Esther avant sa déchéance, le père de celle-ci est tué par les hommes de Messala. C’est la flèche d’un Zélote (terme grec !) qui touche le procurateur et non les tuiles du toit de la maison familiale. Le Romain déchu révèle la vérité à propos de la mère et de la soeur Hur. La course se termine sans vrai vainqueur et la conclusion est utopique, malgré une certaine ressemblance.
Dans la distribution, Jack Huston est bien plus pacifique, trop jeune et trop beau pour marcher dans les sandales de Charlton Heston. Son manque de caractère nuit à la crédibilité de son personnage. Toby Kebbell d’avantage emphatique mais avec un visage moins attrayant que celui de Stephen Boyd fait office de gentil alors qu’il interprète le protagoniste détestable et, comme dans Robin des Bois, Morgan Freeman endosse le rôle du Maure (dreadlocks en prime) appelé Africain.
Comme dans l’original, la métaphore sur la couleur des chevaux est réussie, les blancs pour Ben-Hur représentent le bien, les noirs pour Messala désignent le mal !
La séquence de la course de chars (1959) est l’une des plus célèbres de l’histoire du Septième Art parce que, malgré tout le chaos, le public pouvait facilement suivre, à l’écran, l’action, grâce aux plans larges du directeur de la photographie. Ce qui n’est pas le cas ici.
Avis aux réalisateurs qui essaieraient de remettre au goût du jour un des monuments du cinéma. Pensez-y bien avant de dépenser des millions de dollars.