Une exposition à couper le souffle !

Jusqu’au 20 octobre 2013

affiche expo chihulySur l’invitation de Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du musée, vous pourrez apprécier les œuvres de l’incomparable Dale Chihuly. Celui-ci a réalisé une éblouissante exposition sur mesure, en symbiose avec l’architecture intérieure du bâtiment, composée de sculptures de verre dévoilant sa puissante vision créatrice.

Par Corinne Bénichou

Né en 1941, l’artiste américain est aujourd’hui mondialement reconnu pour avoir révolutionné le mouvement Studio Glass. Grâce à lui, le verre est passé du monde artisanal à celui des beaux-arts. Il a hissé l’art du verre soufflé au rang de la sculpture monumentale et établi ce matériau délicat comme mode d’expression pour l’art environnemental.

Considéré comme le Tiffany du 20e siècle, il explore depuis près de cinquante ans le potentiel plastique du verre soufflé. Ses saisissantes installations monumentales défient l’apparente fragilité du matériau pour  transporter le visiteur dans un monde magique. Exploitant le feu, la gravité, le souffle et la force centrifuge, ce maître accompli jongle avec les couleurs, les reflets et les formes organiques tout en imaginant des effets de répétition, d’accumulation, de superposition et l’agencement de divers éléments modulaires et singuliers pour créer un rythme et des effets visuels sans pareil.

Cette exposition est une affirmation démontrant comment Chihuly innove, affranchit le verre de son association aux arts décoratifs et le métamorphose en véritable support d’une expression contemporaine. « Je suis enthousiaste à l’idée d’exposer au Musée des beaux-arts de Montréal et ravi de présenter mon travail dans les galeries exceptionnelles du pavillon Michal et Renata Hornstein » et d’ajouter « Je suis obsédé par la couleur, je n’en ai jamais vu une seule que je n’aimais pas. »

« Après avoir organisé l’exposition Louis Comfort Tiffany : La couleur en fusion en 2009 et réinstallé en 2011 sa remarquable collection de design et de verrerie d’art en pleine expansion, sont exposées, aujourd’hui, pour la première fois au Canada, les installations contemporaines spectaculaires, fascinantes et féeriques de Dale Chihuly. Aucun artiste avant lui n’avait autant créé à partir du verre, son matériau de prédilection. Il faut le voir pour le croire ! » souligne Nathalie Bondil.

Dans le cadre de cet événement, la galerie Elena Lee et la boutique librairie du musée proposent une  rencontre avec plus de vingt (20) artistes verriers contemporains montréalais, québécois et canadiens.  A cette occasion, les créateurs, échangeront avec vous sur cet art particulier, informez-vous des tendances actuelles et découvrez le monde fabuleux de ce matériau aux mille facettes.

Expérience visuelle immersive, surprenante et grandiose, cette exposition ne manquera pas de capter l’œil du public.

Voici quelques-unes des oeuvres qui fascineront à coup sûr le public :

Le  Soleil

soleil chihulySitué dans l’espace public de la métropole, rue Sherbrooke Ouest, l’oeuvre forme une tour arrondie d’environ cinq mètres de diamètre émettant des rayons composés de vrilles de couleurs primaires avec deux teintes de jaune et plusieurs éléments bleus ou rouges.

Les  Roseaux turquoise

Une fois à l’intérieur, la visite immersive débute avec une gigantesque forêt idyllique de roseauxconstituée de plusieurs dizaines de formes lancéolées, fichées dans d’anciens troncs de thuyas géants. Spectaculaire, cette installation réunit des couleurs, des densités et des textures diamétralement opposées.

Le Plafond persan

C’estplafond persan l’une des oeuvres les plus appréciées. Il comporte une multitude de rondels (éléments circulaires de vitrail, munis de leur propre armature métallique, au centre d’une verrière civile) aux formes variées et aux couleurs vives, disposé par accumulation sur des plaques de verre transparent. Subtilement éclairé, l’ensemble crée un effet kaléidoscopique de répétition et d’infini, qui rappelle l’espace magique du tapis. Attention,  Il faut s’allonger pour en apprécier toute la splendeur.

Les Lustres et les Tours

Suspendues ou dressées vers le ciel, ces œuvres, aux contours hirsutes, sont des exploits combinant le verre soufflé à des armatures d’acier de plusieurs centaines de kilos chacune. Cinq lustres et une tour sont déployés dans la même galerie. Leurs configurations complémentaires rappellent les stalagmites et les stalactites des cavernes. Créés pour la première fois en 1992, les lustres font référence aux luminaires anciens, mais s’en dissocient par leur échelle et par leur absence de fonctionnalité. En effet, ils réfléchissent la lumière au lieu de l’émettre, comme c’est le cas pour lustre chihulyAnanas rouge. « L’idée de la tour,  m’est venue en regardant l’un de mes lustres et en l’imaginant en position inverse » explique Chihuly à propos de ces sculptures posées au sol.

Les Barques

Elles ressemblent à des cornes d’abondance et sont venues s’ajouter au répertoire en 1995, lorsque l’artiste et son équipe ont séjourné en Finlande pour la production des lustres de Chihuly Over Venice. D’un geste spontané, le créateur a lancé à l’eau différents éléments de verre puis a demandé à de jeunes garçons de les ramener à la rive en barque. Aujourd’hui, il présente régulièrement de vieilles barques sur les plans d’eau de certains jardins ou les intègre à ses environnements imaginés pour des musées, comme ici, où les embarcations de Fiori et de Flotteurs se côtoient sur la surface réfléchissante d’une plateforme. Dans ces petits bateaux s’entassent une multitude de tiges florales et de vignes de la série des Fiori ou encore des sphères aux taches colorées de la série des Flotteurs. Ces dernières ont pris forme à la suite d’une visite au Niijima Glass Art Center, sur l’île du même nom, au sud de Tokyo. Leur configuration fait allusion aux flotteurs des filets de pêche japonais et aussi à ceux que Chihuly enfant trouvait sur les plages du Puget Sound (État de Washington).

Forêt de Macchia

Cette série, entreprise en 1981, a amené l’artiste à travailler avec les trois cent (300) teintes de verre coloré de la société allemande Kugler. Après maints essais, il a inventé des toiles tridimensionnelles et polychromes juxtaposant des taches de couleur habituellement jugées discordantes. Le titre évoque d’ailleurs les différentes teintes utilisées pour leur réalisation. Ces bols sculpturaux se caractérisent par des parois et des bords ondulés, obtenus par effet de gravité et par leur grand format qui atteint jusqu’à un mètre de hauteur et de largeur. D’abord conçues comme des pièces isolées, elles sont ensuite devenues une forêt. « Depuis toujours, je m’intéresse à l’espace avant tout. Même lorsque je faisais un Cylindre ou une Macchia, c’est l’espace qui m’intéressait. Je ne pensais pas à l’objet en lui-même, je me demandais seulement à quoi il ressemblerait dans une pièce » a commenté Chihuly. Regroupées sur de minces socles d’acier et éclairées par le haut, les Macchia aux couleurs éclatantes prennent toute leur vitalité grâce à la lumière qui les traverse et se reflète sur les murs environnants, un effet rappelant les murs de lumière des vitraux européens.

Musée des beaux-arts
1380, Sherbrooke Ouest
Pavillon Michal et Renata Hornstein
Montréal
(514) 285-2000
http://www.mbam.qc.ca

Galerie Elena Lee
1460, Sherbrooke Ouest
Suite A
Montréal
(514) 844-6009
http://www.galerieelenalee.com   

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