Mandela : Un long chemin vers la liberté de Justin Chadwick

Avec Idris Elba, Naomie Harris, Tony Kgoroge, Riaad Moosa, Zolani Mkiva, Simo Mogwaza et Fana Mokoena.

mandelaL’adaptation de l’autobiographie du même nom (écrite en 1994) raconte la jeunesse, la scolarisation, le passage à l’âge adulte, le premier emploi comme avocat, les vingt sept années de prison précédant l’élection de Nelson Mandela en tant que président et le travail de reconstruction d’un pays profondément marqué par la ségrégation raciale.

Durée : 2h22
Distribution : Films Séville
En salles depuis le 25 décembre 2013

Déconseillé aux jeunes enfants

Par Corinne Bénichou

Ce n’est pas le premier long métrage relatant Nelson Mandela et son combat. Il y a quelques années, Clint Eastwood s’inspirait d’un livre de John Carlin pour réaliser Invictus (invincible) avec Morgan Freeman et Matt Damon. Plus récemment, Darrell Roodt mettait en scène Jennifer Hudson et Terrence Howard dans Winnie, mais c’est la première œuvre, avec son accord, qui raconte sa vie depuis sa naissance en 1918 jusqu’à son accession au pouvoir en 1994.

Ironie du sort, c’est le soir de la représentation à Londres et à quelques jours de la sortie du film au Québec que l’icône de la lutte contre l’apartheid décède.

Ce biopic se déroule par dates (1942/1994), durée (mois, années), lieux (villes, prison, tribunal) et événements importants (boycotte des autobus, manifestations, arrestations arbitraires, massacre des enfants, actes de maltraitance, création de l’African National Congres), de la vie politique de Madiba et de ses proches.

Il montre aussi l’homme au quotidien, la boxe, sport qu’il fait en amateur, le palais de justice où il défend avec brio ses compatriotes (bon avocat mauvais mari, il trompe sa femme et l’a frappe lors de leurs disputes), la rencontre décisive avec Winnie Madikizela, la mort de son fils, né de sa première union, pendant sa détention

Après dix huit ans, il est transféré en résidence surveillée. Libéré au bout de vingt sept ans d’incarcération, il est en désaccord avec son épouse sur la façon de procéder, poussé par ses conseillés, il décide alors de se séparer d’elle et de diriger le pays seul en prenant la voie de la sagesse et du pardon. Après cinquante ans de discrimination et de répression, le rêve est devenu réalité !

Idris Elba offre une très belle, crédible et cohérente prestation. Naomie Harris l’égale, sans effort, avec son jeu passionné et convainquant. Les autres partenaires renforcent le charisme des deux personnages principaux. Une belle distribution !

La musique d’Alex Heffes, sur les moments essentiels (procès, emprisonnement, libération) et les mouvements de foule, rehausse l’intensité des scènes. Comme une évidence, le groupe U2 chante sur le générique de fin Ordinary love.

Ce film est efficace par ses aspects parfois touchants, souvent douloureux du vécu d’un peuple à travers un homme dont le combat est devenu légendaire. Le parcours de Nelson Mandela face à son destin est remarquable. Cette dédicace de 2h22 n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de la considération qui lui est due.

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